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Hommage à Pierre Monatte

janvier 28, 2018

Notre camarade Vincent Présumey a représenté La R.P. à un hommage organisé le 11 novembre à Monlet (Haute-Loire):

Chers amis, chers camarades,

J’interviens aujourd’hui au nom de la revue fondée en 1925 par Pierre Monatte, avec Alfred Rosmer, Maurice Chambelland, Robert Louzon, Ferdinand Charbit, Maurice Godonnèche, Victor Delagarde, La Révolution prolétarienne.

Car cette revue existe aujourd’hui ! Pierre Monatte écrivait dans son premier numéro, avec ce style clair et modeste qui le caractérise :

« Pour les uns, nous sommes trop syndicalistes. Pour d’autres, nous sommes trop communistes. Ceux qui n’ont besoin que d’un catéchisme, quel qu’il soit, ne trouveront probablement pas leur compte ici. Mais tous ceux qui font un effort pour s’informer honnêtement, pour se former une opinion en connaissance de cause, ne perdront pas leur temps en nous lisant. »

De 1925 à 1929 la revue fut sous-titrée « Revue syndicaliste communiste », puis ce fut «Revue syndicaliste révolutionnaire». Elle reprenait très directement ce qu’avaient été l’esprit et la méthode de La Vie ouvrière, revue précédemment fondée par Pierre Monatte aussi, en 1908, dans le but d’informer, au sens non seulement de donner des informations, mais d’aider à prendre sa forme, le syndicalisme et la vieille CGT.

Elle préconisait donc, ce qui a suscité beaucoup d’intérêt, ces études auxquelles tenait Pierre Monatte, pour, comme le disait Fernand Pelloutier, apporter aux exploités la science de leur malheur. Il y avait donc deux sortes d’études : des articles monographiques sur des branches, et des articles monographiques sur des localités et des grèves locales. On aura reconnu les fédérations et les unions locales, ces deux piliers du syndicalisme confédéré. Pour Pierre Monatte, le modèle de la monographie de branche avait été apporté, avant 1914, par le travail d’Alphonse Merrheim sur la métallurgie, et le modèle de la monographie locale, par le travail d’Elie Reynier sur le syndicalisme en Ardèche. Cette méthode d’investigation militante est devenue une méthode de travail historique et, par Pierre Monatte, elle a fondé la grande œuvre de celui que l’on peut appeler, sans que ce terme ne comporte aucun aspect « suiviste », mais une pleine dimension intellectuelle et militante, son élève, je veux parler de Jean Maitron.

La RP n’a pu paraître durant les années de la Seconde Guerre mondiale, mais, dans la mesure du possible, son « noyau » se retrouvait régulièrement. Elle reprend sa parution en 1947. De la scission syndicale de 1948 à la fin des années 1960 on peut dire qu’elle fut encore une sorte de vigie du syndicalisme et la mine inspiratrice de bien des militants, notamment, durant cette période, des courants de gauche de la CGT-Force Ouvrière.

Vint ensuite le temps des vaches maigres. La prétention à diriger des courants n’était pas le caractère premier, ni de Pierre Monatte, ni des animateurs de la revue, qu’il ne faut pas appeler des rédacteurs en chef, mais, ainsi qu’il le disait, des « cuisiniers ». La RP fut sous-titrée « Revue syndicaliste », puis, simplement, « Revue fondée par Pierre Monatte en 1925 ». La continuité fut assurée par Raymond Guilloré de 1970 à 1980, puis, après un flottement où la revue faillit disparaître, par Jean Moreau pendant une longue période, de 1983 à 2016. Il nous faut ici rendre un hommage à Jean Moreau, militant humaniste et pédagogue qui avait connu notamment, du vieux noyau de RP, l’instituteur Roger Hagnauer, Jean Moreau dont la volonté a perpétué La RP durant ces années.

À partir de 2015-2016 une équipe plus jeune s’est reconstituée, autour de notre camarade Stéphane Julien, instituteur, qui assume cet office de cuisinier, pour la revue et pour son site Internet. En effet, le libre débat et l’information au sens de Pierre Monatte restent plus que jamais des nécessités vivantes pour le mouvement ouvrier et pour la jeunesse dans le monde de feu et de fer qu’est le monde présent. Et dans ce libre débat et cette nécessaire information, la transmission, au sens le plus noble du terme, apporte un ferment et un espoir, celui du XXe siècle, je veux dire bien sûr celui de la première époque de la révolution prolétarienne mondiale, de ce que fut en ses débuts la révolution russe, du syndicalisme révolutionnaire, du refus éthique, intellectuel et politique de s’aligner, que ce soit sur l’Union sacrée en 1914, ou sur le petit père des peuples et ses divers petits frères ensuite. Le XXIe siècle a besoin de ce ferment là.

Au cœur de cet héritage, la tradition syndicaliste vivante de Pierre Monatte nous réunit tous ensemble ici. La charte d’Amiens n’est pas vieille. Elle n’a jamais qu’un an de moins que la séparation des églises et de l’État. Pierre Monatte fut associé à son élaboration, gardant du congrès d’Amiens le souvenir du plus vivant des congrès qu’il ait vécu, et apporta sa philosophie immédiatement après au congrès anarchiste international d’Amsterdam, dans un débat justement célèbre qui est un modèle de confrontation argumentée, démocratique, contradictoire, entre lui-même et Errico Malatesta. L’indépendance syndicale telle que la pose la Charte d’Amiens n’interdit d’aborder aucun sujet, fût-il tenu pour politique, dans le syndicat, mais affirme la souveraineté du syndicat, c’est-à-dire des syndiqués, dans le traitement de tout sujet quel qu’il soit. Elle le place au cœur de la révolution, la révolution prolétarienne qui doit abolir le salariat et le patronat, pour une simple et bonne raison : il ne saurait y avoir d’émancipation qui ne soit pas une auto-émancipation. C’est donc aux travailleurs eux-mêmes de se former, de s’organiser, de lutter et de s’émanciper. C’est tout simple, mais cela va loin. Qui peut sérieusement soutenir que ceci a vieilli ? Est-ce qu’au contraire un siècle de déboires et de catastrophes n’a pas avivé l’actualité de cette conception ?

Mes chers camarades, je voudrais dans ce cadre insister sur deux traits typiques de Pierre Monatte, la dimension éthique inséparable du simple engagement actif parmi les opprimés, sans galon, qui fut toujours le sien – vous savez d’ailleurs quel usage il fit de son principal galon de membre du comité confédéral national de la CGT : une démission publique fin 1914 pour dénoncer la guerre et l’Union sacrée.

Premier trait typique. Pierre Monatte a été en très grande partie l’inspirateur de la CGTU lors de sa fondation à la suite de la scission syndicale de 1921. De même, il fut un des inspirateurs, pas l’inspirateur officiel mais l’inspirateur véritable de ceux qui avaient voulu faire grève depuis 1945, postiers, imprimeurs, ouvriers de Renault, quand c’était interdit par la nouvelle union sacrée, de la CGT-FO à la suite de la scission syndicale de 1948. Mais dans les deux cas il n’a pas fait partie des confédérations dont il apparaissait comme le père spirituel, pour la CGTU, et, en quelque sorte, comme l’un des parrains, pour la CGT-FO. Il est resté à la CGT dite « réformiste » entre 1921 et 1935 et il est resté à la CGT dite « communiste » après 1948. Pourquoi ? Tout simplement parce que son syndicat de base, celui des correcteurs d’imprimerie, avait majoritairement décidé de rester dans la première en 1921 et dans la seconde en 1948. Et donc, il y a des choses qui ne se font pas : scissionner une section syndicale de base face aux patrons, cela ne se fait pas.

Second trait typique. En 1930-1931 Pierre Monatte a été le principal inspirateur d’un mouvement pour la réunification syndicale, connu sous le nom d’ « Appel des 22 pour l’unité syndicale », qui associait des responsables CGT, CGTU et des fonctionnaires autonomes. Ce mouvement a d’ailleurs beaucoup contribué, dans des années difficiles pour la classe ouvrière, à préparer, en fait, 1936. Donc, dans les réunions de ce comité, beaucoup d’intervenants souhaitaient qu’ils prenne position sur toutes sortes de questions, qu’il affiche plus de positionnements « politiques ». Monatte, dans le journal Le Cri du Peuple, en 1931, leur répond que c’est le fait même de l’unité qui est révolutionnaire, et, sans doute un peu agacé, il ajoute que le fait d’être révolutionnaire ne se reconnaît pas au fait d’avoir un « plumeau révolutionnaire » planté dans le postérieur : ce qui est révolutionnaire, dit-il, « c’est le fait, ce n’est pas le plumeau » !

Pierre Monatte n’avait pas de plumeau, planté où que ce soit. Bien des plumeaux sont d’ailleurs respectables, mais le plumeau, le grigri, le drapeau spécifique, ne doivent pas être opposés au mouvement réel. Leçon toujours valable elle aussi, n’est-ce pas ?

Je me permettrai pour conclure une note un peu plus personnelle. Ainsi donc, celui qui fut, disons-le, la conscience du mouvement ouvrier français au XXe siècle, était de la Haute-Loire ! Cela fait quand même quelque chose de se retrouver ici, à Monlet, sur une terre qui n’est donc pas seulement une terre de curés, mais qui est aussi la terre de Jules Vallés, de Pierre Monatte, celle où Simone Weil professeur débutante vint mettre des chômeurs en grève – des chômeurs en grève ! – au Puy en 1930, et donc la terre de pas mal d’entre nous ici. Qu’il y ait quelque chose de tellurique dans tout cela ne contredira pas le matérialisme méthodologique de la plupart d’entre nous je pense ! Cela rejoint, au fond, le sentiment de la présence d’une force nullement obscure, celle qui reprend la devise de Marx et de Bakounine :

L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes.

Vincent PRESUMEY

monlet

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AG 2018

janvier 8, 2018

Les abonné-e-s qui n’ont pas reçu l’invitation à l’Assemblée générale des Amis de La Révolution Prolétarienne nous le signalent. (par mail ou autres modalités signalées dans le N°799).

Pour la libération du syndicaliste iranien Reza Shahabi

décembre 20, 2017

Lettre ouverte de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA)

à Son excellence Ali Khamenei, Guide suprême
à Son excellence Hassan Rouhani, Président de la république Islamique d’Iran
à Son excellence Sadeqh Larijani, Responsable de la justice

Vos excellences,

Les organisations syndicales françaises signataires de cette lettre, s’adressent à vous afin ‎d’attirer votre attention sur la situation de Réza Shahabi. Membre de la direction du syndicat de la ‎Régie des transports de Téhéran et de sa banlieue (Vahed), c’est un prisonnier mondialement connu en raison de son action en ‎faveur des droits des travailleurs. ‎

Réza Shahabi qui souffrait déjà de nombreux problèmes de santé (insuffisance rénale, hypertension, douleurs dorsales ‎et lombaires, ainsi qu’une sévère arthrose du fait de la détérioration de quatre vertèbres) a été victime, le 13 décembre 2017, d’une attaque cérébrale en prison. Malheureusement, cet accident a eu des impacts graves et Réza Shahabi souffre d’une paralysie faciale qui a affecté un côté de son visage.

Pendant sa précédente période d’emprisonnement, il avait ‎subi une très longue et délicate intervention chirurgicale. A la suite de cette opération, il avait été de nouveau ‎incarcéré à la prison d’Evin où, faute de soins adaptés, son état de santé s’était sérieusement dégradé.

Aujourd’hui, son état nécessite donc, dans les plus brefs délais, des soins médicaux particuliers qui sont incompatibles ‎avec ses conditions de détention. Son transfert sans délai dans un hôpital spécialisé hors du milieu carcéral, ‎à Téhéran où à l’étranger est désormais impérieux.‎

Devant la gravité de la situation, au cas où de tels ‎soins ne pourraient pas être assurés dans le pays, les organisations syndicales françaises demanderont alors aux autorités iraniennes d’autoriser Réza Shahabi à se rendre en France pour recevoir des soins adéquats.

Veuillez croire, vos excellences, en l’expression de toute notre considération.

Paris le 15 décembre 2017

CFDT : preau@cfdt.fr
CGT : fabienne.cru@orange.fr
FSU : michelle.olivier@snuipp.fr
Solidaires : contact@solidaires.org
UNSA : emilie.trigo@unsa.org

lettreouverte

***

Liberté pour Reza Shahabi : Il est urgent de transférer Reza Shahabi dans un hôpital civil !

Les organisations membres du Réseau syndical international de solidarité et de luttes attirent une nouvelle fois l’attention sur la situation de Reza Shahabi, membre du syndicat Vahed de la régie des transports urbains de Téhéran et de sa banlieue. Comme bien d’autres organisations syndicales dans le monde, nous avons déjà eu l’occasion d’alerter sur sa situation. En effet, Reza Sahabi est la cible d’une répression très forte depuis des années. La seule raison est qu’il fait partie de celles et ceux qui défendent les droits des travailleurs et des travailleuses.

L’état de santé de notre camarade est une source d’inquiétude récurrente ; la persécution dont il est victime, et notamment les longues périodes d’emprisonnement en sont responsables. Le 13 décembre, notre camarade, en prison, a été victime d’une attaque cérébrale et il souffre d’une paralysie faciale . La situation rend encore plus urgente sa libération, que nous exigions déjà avec raison précédemment ; son maintien en prison est incompatible avec son état de santé, il doit être transféré dans un hôpital spécialisé.

14 décembre 2017

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Après l’boulot N°1 (1953)

décembre 14, 2017

Premier numéro d’Après l’boulot, cahiers mensuels de littérature ouvrière, supplément de La R.P. dirigé par Maurice Lime (juin 1953). Il y aura 11 numéros jusqu’en décembre 1956.

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N°799 (décembre 2017)

décembre 3, 2017

Le nouveau numéro contient 40 pages.
→ Plate-forme d’appel à l’unification des syndicalistes : Un syndicalisme pour changer la société
→ La situation en Catalogne : Communiqué commun de la CNT, de la CGT et de Solidaridad obrera | Perplexité intempestive (Tomás Ibáñez)
→ Hommage à Pierre Monatte : Intervention de V. Présumey à Monlet.
→ Blanqui l’insoumis (J.-K. Paulhan)
→ Le monde merveilleux du travail déréglementé (J.-L. Debry)
→ Bonnes pages : Un court moment révolutionnaire
→ Entretien avec Evelyn Mesquida (J. Moreau)
→ Quelques questions à Nedjib Sidi Moussa
→ Livres : Art et religion de Chauvet à Lascaux, Alain Testart (Christophe Darmangeat) | Catalogne 1936 – Syndicalisme et tentative de socialisation d’une économie en guerre | Un court moment révolutionnaire, Julien Chuzeville | Jours de famine et de détresse, N. Doff | Travailler aujourd’hui : Ce que révèle la parole des salariés, N. Latteur.
→ Ce monde dont nous ne sommes pas (Mezioud Ouldamer)
→ Anne Guérin, fille de Daniel, mais pas que… (Daniel Guerrier)
→ L’histoire science du destin des humains (J. Demorgon)
→ Lettre d’Amérique : Un an après… (D. Ball)
→ AG 2018, Morceaux choisis…

L’abonnement est toujours de 23 € (précisez si vous êtes un-e nouvel-le abonné-e). Les abonné-e-s sont prié-e-s de nous faire connaître leur éventuel changement d’adresse pour éviter les retours d’enveloppes.

Les librairies militantes intéressées par un dépôt de la revue nous le disent en envoyant un mail à redactionrp@gmail.com.

Invitation à un hommage à Pierre Monatte en Haute-Loire le 11 novembre

novembre 2, 2017

Ci-joint une invitation à un hommage à Pierre Monatte. Notre camarade Vincent Présumey y représentera la revue.

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(cliquer sur l’image pour ouvrir le pdf)

Cronstadt et l’Opposition ouvrière

octobre 13, 2017

Article de Marcel Body paru dans La R.P. N°528 à 530 en 1967.

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N°798 (septembre 2017)

août 31, 2017

Le nouveau numéro de la R.P., de 32 pages, contient notamment:

Pour le maintien du CHSCT
◊ Lénine et le contrôle ouvrier en 1917 (M. Brinton)
◊ Le rêve égalitaire chez les paysans de Huesca, 1936-1938 (P. Pagès)
◊ Extraits de la correspondance de Raymond Lavigne (J. Chuzeville)
◊ Du cahier rotatif (à la mode 1912) au référentiel bondissant (J.-K. Paulhan).
◊ Mutations des sociétés et médiations des sports (J. Demorgon)
◊ Misère du « subversivisme » (F. Gomez)
◊ Roms Prolétaires… (G. Walusinski)
◊ Lettre d’Amérique: Après Charlottesville : le mal en pleine vue, le mal caché (D. Ball)

L’abonnement est toujours de 23 € (précisez si vous êtes un-e nouvel-le abonné-e). Les abonné-e-s sont prié-e-s de nous faire connaître leur éventuel changement d’adresse pour éviter les retours d’enveloppes.

Les librairies militantes intéressées par un dépôt de la revue nous le disent en envoyant un mail à redactionrp@gmail.com.

Pages de RP 798 - Une

Pour le maintien du CHSCT

août 30, 2017

Nous en appelons à la vigilance et à l’action de tous les salariés et de leurs représentants du personnel, pour le maintien d’une prévention efficace !
« L’entreprise ne peut plus être le lieu du bruit des machines et du silence des hommes ». Ainsi s’exprimait Jean Auroux, alors ministre du Travail, créant en 1982 le Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT). Cette instance devait – enfin – permettre aux représentants du personnel de discuter, à égalité avec leur employeur, de tout ce qui concernait le travail. La France choisissait là une voie de sagesse, s’appuyant sur la prévention et l’échange plutôt que sur la contrainte.
Depuis 35 ans, le CHSCT s’est révélé une instance de plus en plus essentielle, promoteur de santé et de qualité de vie au travail. Sur toutes les questions qui relèvent de son champ d’action, elle donne la parole aux acteurs, et aux experts si besoin. Elle favorise un traitement efficace des grandes crises, des grands changements et mutations, et améliore les conditions de travail quotidiennes des salariés. Des milliers d’élus spécialisés, de mieux en mieux formés, s’y impliquent. Les salariés comme l’entreprise en sortent toujours vainqueurs.
Pourquoi, dès l’aube de ce nouveau quinquennat, le CHSCT se voit-il ainsi mis sur la sellette ? On parle de le fusionner avec le comité d’entreprise et les délégués du per­sonnel. On envisage de créer pour toutes les entreprises une instance unique, comme c’est déjà le cas dans celles de moins de 300 salariés où peut exister la délégation unique du personnel (DUP) regroupant CE, DP et CHSCT. On générali­serait cette instance à l’en­semble des entreprises, et on la rendrait obligatoire.
On craint de deviner l’objectif premier : réaliser des éco­nomies de fonctionnement considérables. Mais au plan symbolique, s’attaquer claire­ment, et par voie d’ordonnances, au socle du dialogue social le plus concret, sur le terrain réel, celui de la santé, marque, nous le dénonçons, une volonté de régression violente et radicale.
Nous affirmons avec gravité et solennité que cette instance ne peut et ne doit pas disparaître !
Supprimer le CHSCT ramènera à la situa­tion d’avant. L’ins­tance unique ne permettait alors aucune expression ni aucun contrôle des conditions de travail. Autre danger pour les salariés, cela éradiquerait la jurisprudence protectrice et spécifique qui s’y attache.
Depuis 2007, tous les gouvernements ont voulu bouleverser les règles du jeu dans l’entreprise. On a prétendu mettre le dia­logue social au premier plan. Ce fut surtout pour renforcer la compétitivité par la mo­dération des coûts, notamment salariaux. Dans la même période, les thèmes des risques psychosociaux, de l’épuisement professionnel ont pris place dans l’actua­lité sociale et politique. Tandis que les transformations s’accélèrent, les condi­tions de travail sont mises à mal, de vraies violences sociales existent, qui aboutissent à des drames.
Le CHSCT est un lieu de régulation et de prévention, un point d’équilibre vital. Alors qu’il faudrait faire marcher en harmonie l’économique et le social, on se prépare à sacrifier le second pour le bien « possible » du premier.
Sans doute le CHSCT doit-il lui aussi évoluer. Les transformations du travail réel, notam­ment la révolution numérique qui touche tous les secteurs de l’économie sans excep­tion, lui fixent de nouveaux objectifs.
Pour autant, il faut confirmer l’existence d’au moins deux ins­tances de représentation distinctes, même si elles devront rester étroitement liées. L’une aura mission d’examiner les fonda­mentaux de la santé économique de l’en­treprise, sa compétitivité “coûts”. L’autre devra renforcer sa performance sociale et sa compétitivité “hors coûts”. Cette sépa­ration s’impose d’autant plus que les com­pétences nécessaires pour y siéger sont profondément différentes. Toute entreprise ne possède-t-elle pas deux direc­tions distinctes, l’une «  financière », l’autre des « ressources humaines » ?
Le gouvernement doit entendre cette inter­rogation sur le sens du travail, née des mutations récentes. Il doit pour cela préser­ver l’institution consacrée aux conditions de travail d’une fusion portée par des convictions dogmatiques qui lui serait fatale. Ne pas sacrifier le travail et les salariés sur l’autel de la simplification du Code du travail.
Afin de nous opposer ensemble à la disparition programmée du CHSCT comme instance distincte telle qu’inscrite dans le projet de loi d’habilitation, nous vous invitons à signer la pétition : Soyez les plus nombreux possible, c’est ainsi que nous nous ferons entendre, et partagez !

Liste des premiers signataires et signature en ligne: https://www.change.org/p/ministère-du-travail-pour-le-maintien-du-chsct

80ème anniversaire de la Révolution espagnole

août 17, 2017

Dossier de 16 pages paru dans La R.P. N°794 (septembre 2016), avec notamment un Entretien avec les Giménologues et la traduction inédite d’un article de Karl Korsch, La collectivisation en Espagne:

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