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La Révolution prolétarienne N° 806 (septembre 2019)

septembre 11, 2019

Après une longue attente de livraison, le numéro de septembre de La Révolution prolétarienne va bientôt pouvoir être routé. Au sommaire :
– Des mobilisations nécessaires (éditorial)
– Le Service national universel que le gouvernement veut rendre obligatoire pour les jeunes de 16 ans
Deux visages ouvriers du vrai Venezuela (S. Julien)
Entretien avec Nedjib Sidi Moussa sur la situation en Algérie
Des Auteurs Mondes ! (J. Demorgon)
La destruction de la nature (A. Pannekoek)
Littérature et émancipation. Entretien avec Jacques Baujard, libraire à Quilombo.
La fin du mouvement des conseils : l’insurrection de Cronstadt. Bonnes pages de Les Soviets en Russie 1905-1921 (Oskar Anweiler)
– « Raison et Fraternité », vers « l’union de l’humanité » : Charles Longuet (1839-1903) (J.-K. Paulhan)
– Livres : Olivier Fillieule, Isabelle Sommier (dir.), Marseille années 68; Richard Gombin, Le gauchisme – Origines et perspectives ; Anne Steiner, Les En-dehors. Anarchistes individualistes et illégalistes à la « belle époque »
Cinéastes engagés : Bulgarie, Égypte, France, Madagascar (J.-K. Paulhan)
– Soutien aux travailleurs sans-papiers en grève depuis deux mois et demi
Lettre d’Amérique : Camps, rafles, racisme : résistance et complicité (D. Ball)
– et… Prix Maitron 2019; Errata; Morceaux choisis : Burning Country – Au cœur de la révolution syrienne | Les Utopiques | Agissez par vous-mêmes; Sur internet; Séries; Exposition : #ouvrier.e.sAuMusée; Nos amis publient…

L’abonnement est toujours de 23 €. Les librairies militantes intéressées par un dépôt de la revue et les syndicats souhaitant recevoir un numéro gratuit nous le disent en envoyant un mail à redactionrp@gmail.com.

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Inventaire du dossier Monatte (procès de 1920-21)

septembre 4, 2019

Merci à Édouard, de l’Aveyron, camarade de la tendance intersyndicale Émancipation, qui va nous envoyer les photocopies du dossier de l’avocat de Pierre Monatte dans le procès pour « complot » de 1920-1921.

Indications portées sur la chemise :

Procédure (permis) / Le Complot 1920-21 / (Les grandes grèves Mai 1920) / Interrogatoire 20 /7 annoté P. M.

Copies lettres 13/3/ 1920 à Trotsky et Dridzo (par P. M.) [ces deux lettres ont été publiées dans La Vie ouvrière, n° 56, du 28 mai 1920.]

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Première chemise. Premier Procès de l’Internationale – 20 mars 1868, suivi de deuxième procès (22 mai) puis troisième procès (22 juin 1870). Un feuillet manuscrit, encre bleue, recto verso, sur papier sur papier à en-tête de la Chambre des députés. Notes rassemblant des éléments factuels sur les procès subis par l’A.I.T.

Citation de Montaigne, un feuillet manuscrit encre bleu, au verso papier à en-tête de la Chambre des Députés. [Invoquant la raison d’État, Montaigne dit des rois : « Toute inclination et soubmission, leur est deux, sauf celle de l’entendement ; ma raison n’est point xxx à se courber et fléchir, ce sont mes genoux. »]

Lettre du directeur de la Santé à Maurice Paz, 8 janvier 1921, lui demandant de respecter les horaires de visite. Enveloppe. Lettre du Procureur général de la Cour d’Appel de Paris à Maurice Paz, 3 décembre 1920, l’avertissant de la mise à sa disposition du dossier de l’affaire du Complot. Un feuillet avec enveloppe.

Avis d’ordonnance rendue par le juge d’instruction Louis Jousselin à Maurice Paz, 26 novembre 1920. Demi feuillet à en-tête du tribunal de première instance, avec enveloppe.

Facture de l’Association de sténographes et dactylographes adressée à Maurice Paz, 3 février 1921, pour la reproduction des documents et rapports concernant le procès. Un feuillet dactylographié.

Copie de mandat d’amener du juge Jousselin concernant Pierre Monatte, 2 mai 1920, tribunal de Ire Instance. Un feuillet imprimé rempli à la main.

Avis d’ordonnance rendue, Tribunal de Première instance, 29 novembre 1920, avertissant Maurice Paz de la transmission de la procédure au Procureur général (« crime contre la sûreté intérieure de l’État » — Non lieu (menées anarchistes). Demi-feuillet avec enveloppe.

Tribunal de première instance. Louis Jousselin, 2 septembre 1920, autorisation de visite accordée à Maurice Paz, avec relevé manuscrit des dates des visites effectuées. Un feuillet demi-format.

Tribunal de première instance. Louis Jousselin, 28 octobre 1920, autorisation de visite accordée à Maurice Paz, avec relevé manuscrit des dates des visites effectuées. Un feuillet demi-format.

Copie [26/5] de lettre de Pierre Monatte à Dridzo Lozovski, 13 mars [1920]. Un feuillet manuscrit demi-format. [Paris, le 13 mars / Mon cher Dridzo, / Une occasion se présente de vous faire parvenir quelques mots rapides. J’en profite, avec quelle joie ! / Des nouvelles : bonnes à moitié. Nous avançons à pas lents. Notre minorité syndicaliste, dispersée et découragée par le lâchage de Merrheim et Dumoulin, s’est reconstituée au congrès de Lyon, où nous avons rassemblé, contre la politique confédérale, 588 syndicats. Nous gagnons du terrain. Où en est le projet de Conférence internationale des syndicats révolutionnaires ? Que devient l’idée d’une Union syndicale internationale lancée il y a quelques mois par votre Comité Central des Syndicats ? / Envoyez moi des renseignements, des documents, afin que nous nous préparions, ici, à entraîner non seulement les 588 syndicats qui se sont affirmé à Lyon, mais d’autres encore. / Faites votre possible pour nous envoyer des correspondances régulières. / Vigoureuse poignée de main à vous et à tous vos camarades. : P. Monatte]

Copie [26/5/20] d’une lettre de Pierre Monatte à Léon Trotski, 13 mars 1920. Un feuillet demi-format recto verso. [Paris, le 13 mars 1920 / Cher ami, / Je confie, à tout hasard, ce mot rapide à un camarade américain. Vous parviendra-t-il ? Je le souhaite ardemment. / Quelles nouvelles puis-je vous donnez que vous ne connaissiez déjà ? Vous savez que la minorité socialiste — j’entends la fraction qui marche avec Loriot — a fait de grands progrès. Les nôtres, à la minorité syndicaliste, sont moins apparents, mais au moins aussi grands, sinon plus. / Au congrès de Lyon, nous avons eu avec nous 588 syndicats, et, parmi eux, les plus puissants numériquement. Notre force s’appuie surtout sur les cheminots, les métaux et le Bâtiment. Nous espérons voir, en sanction de la grève dernière, nos amis prendre la tête de la Fédération des Cheminots au congrès prochain, vers fin avril. Dans les métaux, notre minorité est forte des plus grands centres, mais l’influence persistante de Merrheim et l’éclosion de nombreux syndicats font encore pencher la balance de l’autre côté. Nous avons de grands espoirs néanmoins. Actuellement, nous avons de tous côtés des sympathies. Finie la période où nous n’étions qu’une poignée ; mais la cristallisation de toutes nos forces éparses n’est pas encore faite. Elle sera l’œuvre des événements qui ne sauraient plus tarder. / La crise économique qui s’aggrave de mois en mois, et la bourgeoisie de plus en plus agressive rendent toutes les tentatives réformistes impraticables, d’où l’embarras de nos Jouhaux et Merrheim. / La classe ouvrière française retrouvera bientôt son esprit révolutionnaire. Notre pensée, aujourd’hui comme hier, s’appuie sur la vôtre. Vous luttez pour vous et pour nous. Nous luttons pour vous et pour nous, honteux de n’avoir pas fait plus et d’être encore aussi faibles. Mais, de meilleurs jours viendront, ils viennent. Votre triomphe prépare et annonce le nôtre. La révolution cessera bientôt d’être russe pour devenir européenne. Pensez à nous qui pensons à vous à chaque heure du jour et de la nuit. / Bonne embrassade, mon cher Trotsky, pour vous et vôtre petite famille. / P. Monatte. / P.S. _ La santé de R. [Rosmer ?] n’est pas forte. Il est actuellement dans le midi. Il va un peu mieux. Je ne sais quand il pourra venir travailler.]

Copie d’une pièce du dossier Sigrand. Un feuillet manuscrit, copie vraisemblablement d’un rapport de police. [Comité d’entente et d’action révolutionnaire (anarchistes) / Réunion du 22 avril 1920, rue de Bretagne. / Sigrand, des cheminots de l’État, dit que ce n’est pas le moment de perdre du temps en discussions philosophiques et que le 1er mai pourrait être le commencement d’une action car des événements graves vont se produire. / Il cite les mineurs qui doivent continuer la grève le 2 mai et les jours suivants pour la nationalisation des mines et dit qu’il en est de même des dockers et des ouvriers de l’énergie électrique. Il ne faut pas oublier que les cheminots pourraient bien commencer le mouvement avant le 1er mai ; il va y avoir là un mouvement à canaliser selon nos vues. Il faut prévoir le remplacement des cadres qui conduisent actuellement la classe ouvrière. Il faut de suite préparer un plan d’action bien net, faire des tracts et constituer le comité d’action révolutionnaire. / Sur la proposition de Lacoste, le bureau de ce comité est ainsi constitué : secret. Lacoste ; secr. Adjoint Delcourt ; trésorier Salvator.]

Copie de l’interrogatoire de Pierre Monatte, 20 juillet 1920, avec annotations manuscrites de Pierre Monatte : « Prendre copie au dossier du texte exact de ma déclaration ; ce que nous en avons me paraît incomplet. ». Douze feuillets dactylographiés. [Pierre Monatte fait une déclaration préliminaire : « … Je me regarde comme victime d’une arrestation arbitraire donc illégale… / je ne trouve trace de la moindre preuve établissant l’existence d’un tel complot. / Une doctrine n’est pas un complot. Ce n’est pas pour juger mes idées qu’on réunirait la Haute Cour. / de complot, il n’en existe pas. La grève des cheminots n’est pas le fruit d’un complot. Je n’ai, pour ma part, jamais saisi à la bride le cheval d’un général pour le conduire à l’Élysée — je n’ai pas davantage l’an dernier cherché à entraîner des jeunes gens dans un coup de main [contre l’Élysée] — l’incident auquel je fais allusion a été le fait de deux agents provocateurs démasqu és depuis. / Voilà ce que j’appelle un complot.]

Témoignage de Romain Rolland pour Monatte adressé à Maurice Paz. Trois feuillets dactylographiés.

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Copie d’une série de pièces émanant de la Sûreté générale, du ministère de l’Intérieur, etc. Liasse de 15 feuillets pelure dactylographiés numérotés de 172 à 186 :
​Paris, 26 avril 1920 : à propos des lettres de Monatte trouvées sur le corps du journaliste américain Paul de Motte. [voir ci-dessus]
​Annemasse, 24 avril 1920 : Rapport du commissaire divisionnaire sur les relations entre Loriot et Monatte avec le Groupe communiste de Genève.
Saint-Étienne, 20 avril 1920 : notification du préfet de la Loire au ministre de l’Intérieur. Rapport sur le discours de P. Monatte lors d’une fête organisée à la Bourse du Travail de Saint-Chamond.
Paris, 18 avril 1920 : Rapport du commissaire de police du IIIe arrondissement à propos d’une réunion intersyndicale le 17 avril à la bourse du travail.
Paris, 16 avril 1920 : indication sur le tirage de La Vie ouvrière (25 000 exemplaires]. Projet d’un numéro spécial pour le 1er mai.
Paris, 16 avril 1919 : Relations de Monatte avec la Russie. Annonce de la venue d’Alexandre Chliapnikov, actuellement à Stockholm.

Copie d’une série de pièces. Liasse de feuillets pelure dactylographiés numérotés en désordre :
21 décembre 1914 : Lettre d’Albert Thomas à Pierre Monatte.
Lettre (s. d.) de Léon Trotski à Pierre Monatte.
6 octobre 1916 : Pièce numéro 1, Ce qu’il faut dire, lettre de Sébastien Faure.
Scellé n° 4, pièces n° 6 et 7 : Auguste Herclet sur les manifestations de soldats, notamment à la caserne de Reuilly. / Sur l’appel du Parti social-démocrate indépendant allemand.
Pièce 21 : Comité de défense sociale, réunion à propos du sort des prisonniers militaires, notamment au camp de Saint-Sauves (Puy-de-Dôme).
Pièce 24 : Lettre de P. Avon à Pierre Monatte, Marseille, 10 avril 1920.
Pièces 25-26-27 : Lettre de J. Delahaye (Séclin).
Scellé n° 5, Pièce n° 1 : brochure de Jean Longuet, Contre la guerre impérialiste. Pour la Russie révolutionnaire. / pièce n° 3 : rapport du syndicat de la Chapellerie française. / Pièce n° 4 : La famille nouvelle, exercice 1914-1919.
Scellé n° II, Pièce n° 1 : Pneumatique du 15 janvier 1915 de Léon Trotski à Pierre Monatte. [«… Comme je vous ai dit, je suis venu en France comme correspondant d’un journal russe, qui n’est pas un organe du parti mais qui est simplement démocratique avec des collaborateurs marxistes. La rédaction a le plus grand intérêt pour tout ce qui se passe au front français, même pour des détails (naturellement pour ceux qui, au point de vue militaire peuvent être publiés). Je veux ramasser des lettres du front et je paierai volontiers 3 à 5 francs pour chaque copie de la lettre du front plus ou moins intéressante et non publié dans la presse française. Je voudrais bien causer de cette affaire. Peut-être viendrez-vous demain (mardi) chez moi à 11 h ½ – 12 h. et vous déjeunerez avec moi.…»] / Pièce n° 2 : Lettre de Henri Guilbeaux (Paris, Villa Stendhal, s. d.) à P. Monatte. / Pièce n° 5 : Lettre d’Armando Borghi, Bologna, 9 gennaio 1915. [Je viens de sortir de prison et je me hâte de t’envoyer un mot. J’ai lu ta déclaration de démission de la C.G.T. Bravo…] / Pièce n° 6 : lettre de Guiseppe Sartini à P. Monatte, Bologna, 13 Gennaio 1914. / Pièce n° 9 : Lettre de Kiril Slinichenko, Lausanne, 19 janvier 1915 : à propos de la circulaire de Pierre Monatte « Pourquoi je démissionne ». / Pièce n° 19 : Vers la paix. Appel aux socialistes, syndicalistes, révolutionnaires et anarchistes. / Pièce n° 23 : Lettre de Marcel Martinet à P. Monatte, 1er janvier [1915]. / Pièce n° 28 : Lettre de Mauricius à P. M. propos de sa circulaire Pourquoi je démissionne ». / Lettre de Sirolle à P. M., 14 janvier 1915, à propos de la circulaire de Pierre Monatte « Pourquoi je démissionne ». / Lettre de Marie Guillot à P. M. , Saint Martin d’Auxy, 29 janvier 1915, contact avec Loriot. / Pièce 63 à 64 : Lettre de René Nicod, 24 novembre 1914. /
Scellé 24, Pièce n° 2 : Lettre de H. Cadec, Brest, 19 mars 1920. / Pièce n° 27 : Lettre d’Alex Lebourg (Fédération communiste des Soviets) à P. M.
Scellé 27, Pièce 123 : Lettre de l’Union des syndicats des travailleurs du département de Constantine. / Pièce 148 : Lettre de Gobert, Alger 8 avril 1920. / Lettre de C. Andrier, Firminy, 14 avril 1920. / Lettre de ? (illisible), émanant de la Fédération nationale des travailleurs des chemins de Fer des colonies et protectorat, Dijon, 3 mars 1920.
Scellé n° 26. Pièce 195 : Lettre de Nieuve Amsterdammer, Amsterda, 24 février 1919. / Lettre de l’Industrial Workers of the World pour abonnement à La Vie Ouvrière. / Lettre de Philippe à P. M., Sulniac, 14 mars [1920]. / Lettre de Y. Gorkhof, Alexandrie, 2 mars 1920 : Liste d’abonnés à la VO. / Lettre de l’Unione sindicale italiana, Milan, 26 mars 1920 [« Hier à Naples et à Turin, les ouvriers ont chassé de l’usine le patron et ont travaillé pour eux-mêmes. La révolution est en marche, seulement, il n’y a pas d’entente entre révolutionnaires, je dis d’entente pratique, je ne dis pas d’entente sentimentale. (…) Il y a ici Péricat, à Milan. Il est réfugié échappé de France. Je le vois ; il dit qu’en France il faudrait la scission dans la CGT … »]. / Pièce 404 : Lettre W. L. Brusse à P. M., Rotterdam, 11 février 1920. / Pièce 405 : W. Van Ravesteyn, Henriette Roland-Holst, Amsterdam, 10 janvier 1920 : annonce l’organisation du bureau provisoire de l’Internationale communiste à Amsterdam. / Pièce 410 : Lettre de l’Office of the National Executive Committee [IWW ?]. / Lettre de Nathan Chabrou, New York, 25 février 1920. / Pièce n° 431 : Lettre de W. L. Brusse à P. M, Rotterdam, 9 mars 1920 (échange de documentation). / Pièce 469 : Lettre de S. Sfez jeune, Tunis, 1er mars 1920. / Pièce 505 : Lettre de Nederland Federatie van Transportarbeiders, Rotterdam, 5 mars 1920. / Pièce 534 : Lettre du Bureau d’Amsterdam, 31 janvier 1920. / Pièce n° 554 : Lettre de Jules Humbert-Droz (Le Phare), 2 mars 1920.
Scellé n° 28. Pièce 305 : Lettre de A. Chaneau à Marcel Hasfeld, Chambley, 16 janvier 1920 [«… Mercredi soir ai fait une conférence au groupe socialiste de Monchard sur “le fait de la domination capitaliste et les règles que nous pouvons en tirer pour l’organisation des forces révolutionnaires”. Très bon résultat. Lu la lettre de Lénine à Loriot : très bien accueillie. Ai recommandé aux camarades d’acheter le “Programme des communistes bolcheviks de Bucharine”. Huit m’ont apporté illico leurs 25 sous. Envoyez m’en donc 8 exemplaires que je leur donnerai à la prochaine conférence… »]. / Pièce 311 : Lettre de H. Cadec, Brest, 15 janvier 1920 [«… Nous avons eu la visite de Lefevre. Il a eu du succès, il était du reste mérité, je ne me doutais pas que j’aurais rencontré un orateur si fin en même temps que simple. Il n’y avait de sa part aucune prétention. Les expressions heureuses lui venaient toutes seules. Quel réquisitoire contre la guerre ! »]. / Pièce n° 325 : Lettre de Paul Sacomant, Alger, 10 novembre 1919. / Pièce 368 : Lettre de Alain à Marcel Hasfeld, Brest, 9 février 1920 : rapporte une contre manifestation opposée aux « militaristes et patriotards ». / Pièce n° 371 : Lettre de Le Bris à P. M., Brest, 13 février 1920. / Pièce n° 375 : Lettre de G. Gaye à César Hattenberger, Bordeaux, 18 février 1920. / Pièce n° 382 : Lettre d’Armand Rauch à P. M., Saint-Brieuc, S. d. [« … je vous prie également de m’envoyer deux cartes de la IIIe Internationale, 12 timbres, et quelques statuts du comité de la IIIe (la 2e carte est destinée au camarade Corbel surveillant au lycée), ex-trésorier du groupe de Vannes, je vais tâcher de recueillir des adhésions à la 3e I. au sein du groupe socialiste de Saint-Brieuc, mais je ne réponds de rien, car jamais pays n’a été aussi arriéré que celui-ci. »]. / Pièce n° 394 : Lettre de Marcel Rigault à Marcel Hasfeld, Beauvais, 16 février 1920. / Pièce n° 399 : Lettre de G. Gaye, Bordeaux, 16 février 1920. / Pièce n° 400 : Lettre de G. Gaye, Bordeaux, 2 février 1920. / Pièce n° 401 : Lettre de G. Gaye à César Hattenberger, Bordeaux, 16 février 1920. / Pièce n° 417 : Lettre de Folliard à Marcel Hasfeld, Caen, 10 mars 1920. / Pièce n° 441 : Lettre de Montmayeur (Union des syndicat de l’Isère) à P. M., Grenoble, 18 février 1920 : réunion avec Tommasi. / Pièce n° 512 : Lettre de la Banque d’Outre-Mer, Bruxelles, 29 janvier 1920 : envoi d’un chèque pour le compte de B. Chelgounoff. / Pièce n° 542 : Lettre de L. Charvet (Syndicat des chemins de fer P.L.M.) à P. M., Arles, 31 mars 1920 [« J’ai bien reçu les 500 brochures “Terreur blanche et terreur rouge”… Le groupe d’Arles qui compte plus de 2 000 adhérents marche bien. »]. / Pièce n° 563 : Lettre de Ardois (Union syndicale des Travailleurs de l’établissement d’Indret), La Montagne, 7 avril 1920. / Pièce n° 584 : Lettre d’Eugène Cornil à P. M., Roubaix, 29 mars 1920. / Pièce n° 586 : Lettre d’Eugène Cornil à P. M., Roubaix, 31 mars 1920. / Pièce n° 594 : Lettre de Léon Chanabe, Montauban, 6 mars 1920 [sur grève des cheminots et révocations]. / Pièce 679 : Lettre de Léon Chanabe, Montauban, 11 avril 1920.
Scellé 29. Pièce n° 30 : Appel au travailleurs du monde , signé Jos. Giesen, Utrecht, Hollande
Scellé 31. Pièce n° 1 : La manœuvre – Paris-Austerlitz. 1 cahier d’adresse.
Scellé 33. Pièce n° 75 : Carte de Maximilian Shuller à Marcel Hasfeld, 2 février 1920. Pièce n° 410 : Lettre de Fernand Loriot, secrétaire du Comité de la IIIe Internationale, Paris, 20 avril 1920 [envoi du Bulletin communiste, signale la publication dans les n° 2 et 4 des thèses de l’I. C. ; demande compte rendu régulier sur la situation des groupes ; donne la composition de la direction du Comité : Loriot secrétaire, Fromentin trésorier, Humberdot propagande.]. Pièce n° 413 : Rapport sur la situation des jeunesses dans les différents pays. / Pièce n° 419 : Liste des organisations de jeunesses adhérant à l’Union Internationale, trois feuillets ¼.

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Liasse de 27 feuillets dactylographiés numérotés de 80 à 106.
Scellé n° 15. Pièce n° 33. Lettre de Marie Guillot à P. M., 9 avril 1920. / Pièce n° 35 : lettre de Verdier à P. M., Decazeville, 10 avril 1920 [« Je lis tous les compte rendus des congrès des cheminots. J’y cherche en vain une conception révolutionnaire. Tous s’embarquent en prenant le bateau de la nationalisation des services publics. […] il faut qu’existent préalablement tous les organes d’une société à construire avant de supposer l’écroulement du vieux système comme pouvant se réaliser.… »]. / Pièce n° 50 : lettre de Verdier (Union départementale des syndicats de l’Aveyron), Rodez, 13 avril 1920, « aux camarades de la commission administrative de la C.G.T. –Paris) [Le 1er Mai, la question de l’occupation en Allemagne.]. / Pièce n° 54 : article de Victor Griffuelhes, paru dans la Revue communiste de mars 1920 : « Le nouveau millerandisme », feuillet 84 à 86. / Pièce n° 1 : Le martyr des prisonniers russes, feuillets 86 à 98, signé H. Bolf. J. G….., suivi d’un Appel aux ouvriers français, feuillets 98 à 102, daté du 21 juillet 1919. Traduction et publication par les soins de la Fédération communiste des Soviets.
Scellé n° 21. Pièce N° 1 : Lettre ouverte aux camarades français par Léon Trotsky, aux camarades Loriot, Rosmer, Monatte, feuillets numérotés de 103 à 105. / Pièce n° 33 : Séance ouverte, président GUE. [ ?] jeudi, 15 avril 1920. Information de Pierre Monatte : Jouhaux et Dumoulin mandatés pour aller en Russie, propose l’envoi d’une délégation de syndicalistes révolutionnaires. / Pièce n° 41 : Statuts des comités des syndicats minoritaires.

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Dossier de la Sûreté générale, Pierre Monatte (suite), mention manuscrite.

Liasse de 33 feuillets dactylographiés numérotés de 187 à 219.

La Vie ouvrière de Monatte, Paris, 15 avril 1920. 3 feuillets [Historique selon les modalités de la police qui contient quelques informations à recouper : « Monatte aurait reçu du gouvernement de Moscou une somme de 30 000 Fs. pour assurer la publication de son journal, et une deuxième fois une somme de 20 000 Fs. avec l’assurance d’un plus large appui financier. On assure que cet argent est parvenu à Monatte par l’intermédiaire du Bureau international d’Amsterdam, agent de liaison du Parti soviétique russe avec les partis communistes étrangers. »

Ministère de l’Intérieur. Police des chemins de fer, Saint-Étienne, 15 avril 1920. Un feuillet [Information sur la venue de P. M. à Saint-Chamond.]
Paris, 8 avril 1920. Meeting rue Cambronne, à propos des événements d’Allemagne en présence de Monatte, Sirolle, Thuillier, Vergeat, Pioch, Henri Fabre, Chauvelon. Un feuillet.
Paris, 11 mars 1920. Biographie de Pierre Monatte, avec informations sur la propagande développée par le Comité de la IIIe Internationale. 5 feuillets. [« En octobre 1919, le Comité de la 3e Internationale lance un tract intitulé : “Un appel du Conseil central des Syndicats de Russie — Les organisations ouvrières en Russie demandent l’aide des travailleurs de France”. / Ce tract tiré à 112 000 exemplaires, a été payé par Hasfeld, employé de Monatte, à l’imprimerie dangon, 123 rue Montmartre… »].
Brest, 28 février 1920. Compte rendu d’une réunion publique à la Bourse du Travail. 4 feuillets.
Lyon, 9 février 1920. Compte rendu d’une conférence organisée par le Comité de la IIIe Internationale. Un feuillet. [une cinquantaine de présents.]
Paris, 23 janvier 1920. Réunion organisée par le comité intersyndical de Puteaux-Suresnes. Un feuillet.
Paris, 18 janvier 1920. Meeting en faveur de la révolution russe et de l’amnistie organisé par les syndicats minoritaires. 8 feuillets.
Paris, 14 décembre 1919. Réunion-conférence organisée par le Groupe d’études sociales de Saint-Denis. 5 feuillets.
4 décembre 1919. À propos des liaisons de Monatte avec la Russie via la Suisse. Un feuillet.
Paris, 8 novembre 1919. Commémoration de la Révolution russe. 3 feuillets.

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Mémorandum non signée (copie) adressé à MM. Les Président et conseillers de la Chambre des mises en accusation de la Cour d’Appel de Paris, signé Jean-Louis Thaon. 7 feuillets.

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Bericht des Ersten Staatanwaltes A. Brunner an den Regierungsrat des Kantons Zürich über die Strafuntersuchung des Aufruhrs in Zürich im November 1917, Zürich, Buchdruckerei zur Altan Universität, 1919, 157 pages. [Rapport duPremier magistrat A. Brunner du Canton de Zurich sur les événements survenus à Zürich en novembre 1917.]

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Rapport Darru, 11 septembre 1920, adressé au juge d’instruction, 142 pages dactylographiées, format 31 X 21. Index.

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Réquisitoire définitif du procureur de la République, 27 Novembre 1920, signé Edmond Durand. 112 feuillets dactylographiés.

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Ordonnance de transmission de la procédure à M. le Procureur Général, 29 novembre 1920, par Louis Jousselin, juge d’instruction au Tribunal de 1re Instance du département de la Seine. 56 feuillets dactylographiés.

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Mémoire présenté devant la Chambre des Mises en Accusation pour M. Pierre Monatte (affaire du Complot) par Me Maurice Paz, 18 décembre 1920. 14 feuillets dactylographiés avec signature manuscrite.

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Cour d’Appel de Paris, Chambre des mises en accusation. Mise en accusation signée du procureur général Th. Legouvé. 8 feuillets dactylographiés.

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Mémoire pour M. Boris Lifchitz dit Souvarine contre ministère public, par Me Antonio Coen. 5 feuillets dactylographiés. [pour la mise en liberté de B. S. ; notation au crayon rouge en marge page 3 : « 3 complots au lieu d’un = 0 complot ». ].

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Compte rendu de la première audience du procès, lundi 28 février 1921. 40 feuillets dactylographiés.

Compte rendu de la deuxième audience, 1er mars 1921. 119 feuillets numérotés de 41 à 160.

Compte rendu de la douzième audience, 12 mars 1921. Feuillets dactylographiés numérotés de 1075 à 1204. [Annotations marginales, pages rayées. Cette copie a manifestement servi à la reproduction d’une partie des débats dans la presse.]

Compte rendu de la treizième audience, 14 mars 1921. 36 feuillets dactylographiés, numérotés de 1205 à 1225/2030, puis de 2030 à 2046. [Annotations marginales, pages rayées. Cette copie a manifestement servi à la reproduction d’une partie des débats dans la presse.]

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Dossier de presse :
L’Humanité, 27 février 1921 : « Une lettre de défense ». [Lettre au procureur général, 27 février 1921, signée Maurice Paz, Antonio Coen, Jean-Louis Thaon, Henry Torrès.
Le Journal du Peuple, s. d. : « le complot aux assises. Le cas de Monmousseau. La mauvaise foi et les contradictions de l’accusation », signé Henry Torrès.
Les Cahiers des droits de l’homme, n° 20, 20 octobre 1920 : Le « complot ». « Le point de vue juridique et le point de vue de la police, par Oscar Bloch ; Histoire du “complot”, par Henry Torrès ; Notre position, par Henri Guernut. »
Les Cahiers des droits de l’homme, n° 22, 20 novembre 1920. « Complot ou conspiration ? L’affaire de l’Action française, par Émile Khan ; « les crimes des conseils de guerre. L’affaire Chapelant. »
L’Humanité, 18 mars 1921 : « Ils sont acquittés. Et les douze jurés protestent contre la détention préventive ».
La Vie ouvrière, 25 mars 1921 : « Le réquisitoire de l’Avocat général. »
La Vie ouvrière, 1er avril 1921 : « La plaidoirie de Maurice Paz ».
La Vie ouvrière, 8 avril 1921 : « Les plaidoiries de Thaon et de Coen. »

*

Dossier A[ction].F[rançaise].

Tribunal de 1re instance du département de la Seine. Interrogatoire de Marius Plateau, 31 octobre 19XX. 9 feuillets dactylographiés.
Scellé n° 1. Liste des équipes et escouades de l’AF, avec les noms des responsables. 5 feuillets dactylographiés.
Scellé n° 2. Documents saisis au domicile de Marius Plateau. 6 feuillets dactylographiés.

accuses1921

Dossier Pierre Monatte au format pdf

Fête de la CNT à Amiens le 14 septembre

août 18, 2019

Samedi 14 septembre à Amiens, les syndicats CNT du Nord Pas-de-Calais et de Picardie organisent une journée de culture et d’éducation populaire, dont l’entrée est libre ! Au programme : salon du livre, conférence, retours sur les luttes syndicales de la CNT, expo et concerts !
-13H : début de la fête de la CNT et interventions de militant-e-s sur leurs activités syndicales et leurs luttes.

– 14H30 : Conférence de Myrtille des Giménologues sur l’histoire communisme libertaire en Espagne :

Au début des années trente, le mouvement communiste libertaire espagnol a focalisé en lui un immense espoir de révolution sociale auprès d’une partie du mouvement ouvrier. Et c’est en Espagne, en 1936-1937, que s’expérimenta – en certains endroits seulement – l’unique mise en pratique du premier objectif avancé par les courants révolutionnaires
marxistes et libertaires depuis le XIXe siècle : l’abolition du travail salarié.

La genèse du processus qui a mené à ce début de sortie des rapports sociaux capitalistes nous fait remonter aux années 1868-1872, quand les idées et pratiques anarchistes en cours d’élaboration dans le creuset de l’AIT, puis de l’Internationale anti-autoritaire, se combinèrent avec le fond anti-étatiste, anticlérical et anticapitaliste d’une partie des classes populaires espagnoles.

Née en 1910, la Confédération nationale du travail (CNT) devint une organisation révolutionnaire anarcho-syndicaliste de grande amplitude sociale, même si en son sein une polarité émergea et s’installa durablement entre le « possibilisme » anarchiste et l’« intransigeance » révolutionnaire.
Ainsi après juillet 1936, une partie du mouvement collabora avec l’Etat bourgeois républicain, tandis qu’une autre expérimentait le communisme libertaire.

– 17H30 : Présentation du Mouvement d’Organisation de Base – MOB – par un camarade du syndicat Santé-Social-Education-Culture 59-62

Le MOB est un mouvement social Brésilien qui cherche, à partir de la mobilisation du peuple organisé, à se battre pour revendiquer les droits et les besoins immédiats du peuple, que ce soit dans l’éducation, la santé, la culture, le travail..

-20H : Concerts

> Prince Ringard, punk, Bretagne

> Les Rafistolés, ska/reggae, NP2C

> Ginger Theory, reprises soul jazz, Picardie

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Toute la journée :
– Salon du livre, avec les maisons d’éditions : Le Poing – presse libertaire, Chants D’orties, la revue JefKlak, l’asso Picardie Bouquin, et d’autres éditions à venir !

– Expo de Benoît Drouart

Bar et restauration végétarienne sur place

La fête se déroule Salle Valentin Haüy, l’entrée est libre, comme la société que nous voulons construire.

version WEB

Salutations syndicalistes révolutionnaires,

Thomas pour l’Union Régionale CNT NPDC-P

Portfolio : Marcel Body

août 17, 2019

Photo de Marcel Body, collaborateur de la RP, mise en ligne par le site https://cartoliste.ficedl.info et datée d’environ 1916 :

La notice biographique de Marcel Body du Maitron est disponible à http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17015

Les Soviets en Russie 1905-1921 (Oskar Anweiler)

août 12, 2019

Le prochain numéro de la RP publiera un long extrait du livre d’Oskar Anweiler, *Les Soviets en Russie 1905-1921* consacré à « la fin du mouvement des conseils : l’insurrection de Cronstadt ».

Le rôle dirigeant du parti, tel était l’alpha et l’oméga du programme bolchevique. À partir du moment où la révolution de 1905 embrasa les masses, les bolcheviks se trouvèrent confrontés toujours davantage au problème de savoir comment concilier ce rôle dirigeant incontesté, qu’ils revendiquaient, avec le processus spontané du mouvement ouvrier. Numériquement, ils étaient en effet très faibles ; à Pétersbourg même, ils comptaient à peine un millier de militants ouvriers pendant la première moitié de l’année 1905. En outre, la plupart des comités du parti – « engourdis par la clandestinité », comme le notait Lénine en personne – étaient parfaitement incapables de toucher les catégories de travailleurs en train de s’éveiller à la vie politique. Lorsqu’au congrès bolchevique d’avril 1906 Lénine se prononça pour l’entrée d’ouvriers d’usine dans ces comités jusqu’alors aux mains des intellectuels, il se heurta à la résistance des révolutionnaires professionnels qui les peuplaient et qui soutenaient qu’il n’existait pas d’ouvriers aptes à en faire partie. Voilà qui n’allait pas sans dénoter déjà une tendance à la « bureaucratisation » du parti – problème que Lénine ne cessa de créer jusqu’à son dernier jour et dont l’apparition est imputable, en dernière analyse, à sa conception du parti d’élite autant qu’à sa méfiance envers la « spontanéité ».

Oskar Anweiler, Les Soviets en Russie 1905-1921, Agone, 2019.

4 mois de grève au NH Collection Marseille

août 10, 2019
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Révolution algérienne : interview de Nedjib Sidi Moussa

juillet 19, 2019

Notre camarade Nedjib Sidi Moussa répond à une interview du site Rapports de force, ici: https://rapportsdeforce.fr/linternationale/revolution-algerienne-lauto-organisation-constitue-la-clef-de-la-suite-du-mouvement-07174031

Tribune : Remettre le syndicalisme sur ses bases fondatrices

juin 27, 2019

Ce texte ne nous engage pas mais est porté à la connaissance de nos lecteurs comme une contribution au débat dans le mouvement syndical.

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Luttes urbaines à Marseille

juin 12, 2019

Extrait du N°805 (juin 2019)

Un entretien avec Bruno Le Dantec, membre de l’assemblée de la Plaine et collaborateur du mensuel de critique et d’expérimentations sociales CQFD. Il a publié notamment La Ville sans nom – Marseille dans la bouche de ceux qui l’assassinent aux éditions du Chien rouge, et avec Mahmoud Traoré Partir et raconter – Une odyssée clandestine, aux éditions Lignes.

Q. : Depuis la rentrée 2018, l’actualité sociale à Marseille a été marquée par les débuts du chantier de « rénovation » de la Plaine, la place Jean Jaurès, dans le centre de Marseille, puis, à deux pas, par l’effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne et ses conséquences dramatiques (8 morts lors de celui-ci, puis des dizaines d’arrêtés de périls et plus de 2 000 personnes évacuées en urgence de leur domicile). Peux-tu rappeler brièvement ces faits et nous dire de quelle manière l’assemblée de la Plaine et diverses associations sont intervenus dans ces événements ?

D’abord, pour la Plaine comme pour tous les quartiers touchés par le Projet Grand Centre Ville, il ne s’agit pas de « rénovation », mais de « requalification », néologisme barbare lourd de menaces. Depuis début octobre, un mur de béton de mille tonnes enserre la plus grande place de la ville pour imposer un chantier hostile au quartier emblématique de la Plaine. Quelques jours plus tard, à 300 mètres de là, dans le quartier voisin de Noailles, deux immeubles s’effondrent sur leurs habitants. La symbolique des murs qui étouffent, séparent et tuent frappe alors les esprits. Et la colère explose jusque sous le balcon du maire.
Certains aimeraient faire croire que les luttes de la Plaine et de Noailles ne sont pas de même nature : « en bas », on est confronté à l’urgence sociale et à l’habitat insalubre, et « en haut », on n’aurait que des préoccupations de privilégiés, à se chamailler avec la mairie sur la largeur des trottoirs, le nombre de places de parking ou l’arrachage de quelques arbres… C’est méconnaître la réalité de deux quartiers qui, ensemble, formaient ce qu’on appelait le Ventre de Marseille. C’est aussi oublier un peu vite qu’autour de la place Jean Jaurès, nombre d’immeubles souffrent de problèmes structurels (de fait, plusieurs d’entre eux ont été évacués par mesure de précaution après le 5 novembre). En haut comme en bas, on subit la même politique, le même mépris : au lieu de prendre à la racine les problèmes de logement indigne ou de manque d’infrastructures, la mairie préfère construire un hôtel 4 étoiles à deux pas des immeubles écroulés (49 % de logements insalubres, selon les experts) et, à la Plaine, elle oblige les copropriétés à ravaler leurs façades sans se soucier de savoir si les toitures sont en bon état. Comme le clamait une banderole lors de la marche de la Colère du 14 novembre, « 20 millions pour détruire la Plaine, pas une thune pour sauver Noailles ». En effet, la requalification de la place Jean Jaurès n’est pas une rénovation bienveillante (nécessaire après des années d’abandon), mais une opération table rase à caractère spéculatif. Ce projet a été conçu sans le quartier, et donc contre lui : en déracinant le marché populaire trihebdomadaire, en supprimant 400 places de parking nocturne sans proposer d’alternative, et en parlant de « conflits d’usages » et d’« usages déviants » de l’espace public, la mairie veut casser tout un « écosystème ». Ici, activités et usages divers cohabitent et se nourrissent les uns des autres : le marché, les bars, les commerces de proximité, la vie nocturne, les jeux d’adolescents, la sardinade du 1er Mai, le carnaval indépendant… C’est ce foisonnement – on dit que la Plaine est le quartier où tous les quartiers peuvent se croiser – qui est menacé. Et c’est également vrai à Noailles. Tout ça pour imposer des chimères attrape-touristes, des espaces publics privatisés et des temples de la consommation solitaire.

Q. : Depuis 20 ans, d’autres luttes urbaines ont eu lieu à Marseille, notamment au début des années 2000, à la rue de la République. Quelles différences vois-tu avec les événements actuels, en dehors de l’ampleur, inédite, des événements de la rue d’Aubagne et de leurs suites qui touchent de nombreux quartiers de la ville ?

« Ma ville accélère », comme le claironne la propagande municipale ! Et, c’est le cas de le dire, elle va droit dans le mur. La rue de la République, c’est l’avenir de la Plaine et de Noailles une fois « requalifiés ». Partout où la mairie réussit à chasser la population initiale, derrière c’est l’armée suisse, il n’y a personne pour repeupler l’endroit. La rue de la Rép’ devait être la vitrine du succès d’Euroméditerranée (opération de reconquête des quartiers portuaires), mais elle est devenue la rue-témoin de son échec : une artère fantôme, avec des panneaux en trompe-l’œil pour cacher le néant (50 % des locaux commerciaux inoccupés, au moins un tiers des appartements rénovés inhabités…). Les « habitants qui payent des impôts » se font désirer et les croisiéristes ne restent que quelques minutes à terre, puisque tout est fait pour qu’ils dépensent leur fric à bord… À la Joliette et sur le périmètre d’Euroméditerranée 1, on a prétendu créer un néo-centre-ville débarrassé des pauvres. On y a implanté une ville qui n’existe pas, dénuée de vie sociale, que les gestionnaires du vide tentent désespérément de meubler à coup de centres commerciaux qui se cannibalisent les uns les autres. En attendant, les fonds de pension et Lehmann Brothers ont chassé les habitants et spéculé sur le prix du m2.

Q. : On parle beaucoup de la volonté de gentrification du centre-ville de Marseille par la municipalité. Si celle-ci est avérée, le terme, trop général, n’est-il pas trompeur pour caractériser la politique menée ? Ne vaudrait-il pas mieux dénoncer une gentrification ratée par l’incompétence abyssale de la municipalité, qui aboutit en fait à une paupérisation avérée et, in fine, pénalise la grande majorité des habitants ?

C’est vrai. J’évite de trop utiliser ces mots-valises, ces concepts devenus paresseux : gentrification, boboïsation… L’ironie de la politique d’abandon, qui ne veut pas offrir d’améliorations et d’infrastructures à une population qu’on désire faire fuir, fait que même les nouveaux arrivants de classe moyenne souffrent du manque de crèches, d’équipements sportifs ou d’espaces verts – et alors qu’ils auraient pu être l’avant-garde de cette fameuse gentrification, ils finissent souvent par repartir, déçus.
Le maire Gaudin a longtemps parlé de « reconquête ». Il s’agit pour la bourgeoisie marseillaise de reprendre pied dans la ville historique, à qui elle reproche de s’être laissé envahir par les classes travailleuses, « dangereuses », « étrangères ». Elle estime cette présence illégitime. Partout en France, les centres-villes sont devenus des vitrines du pouvoir et de l’argent, avec des rues muséifiées, piétonnisées, aseptisées. Ça a donné une vitrification de l’espace public et la déambulation funambulesque d’un public de consommateurs ne laissant d’autre trace derrière lui que la surchauffe silencieuse des cartes de crédit.
De ce point de vue, Marseille est en retard. C’est sa chance – jusqu’à présent. Si pour la mairie un centre-ville populaire est un problème, pour nous, c’est plutôt une solution. Une solution aux errements de l’urbanisme fonctionnaliste qui a, depuis plus d’un demi-siècle, désarticulé les villes en ruinant la cohabitation d’activités multiples – cohabitation et frictions fructueuses qui, à travers l’histoire, ont nourri les cultures urbaines. Le lien social a été déchiré par le zonage : zones industrielles, commerciales, résidentielles, de loisirs, péri-urbaines… Et le règne du tout-voiture a radicalement colonisé nos vies.
Sur la Plaine, après le traumatisme du déménagement du marché de gros vers le Marché d’intérêt national (MIN) des Arnavaux, en 1973, on a d’abord vécu une grande dépression : ce furent les années noires de l’héroïne et du sida. Puis il y a eu un sursaut vital, que les aménageurs n’avaient pas prévu – pour eux, le mouvement « naturel » de la spéculation immobilière allait transformer tout ça en quartier résidentiel bankable. Mais sans rien demander à personne, le quartier s’est réinventé de lui-même, par son génie propre, on va dire. Les entrepôts à fruits et légumes, les anciens mûrissoirs à bananes ont été réinvestis par des bars, des salles de concert, des restaurants, des lieux associatifs. Ce qui a occasionné l’émergence d’une vie nocturne, d’une scène musicale et d’une certaine fierté marseillaise, autour du Tipi (sorte d’Act-up local qui promouvait de façon festive l’auto-soutien et la prévention des risques là où les autorités préféraient regarder ailleurs), de Marseille trop puissant (supporters de foot antiracistes), de l’Ostau dau pais marselhés (occitanistes fraternisant avec les Italiens, les Kabyles et les cultures créoles des îles)… Voilà ce que veut à nouveau détruire la mairie.

Q. : On a entendu dans les manifestations qui ont suivi le 5 novembre des slogans mettant directement en cause l’équipe municipale comme « Gaudin démission » ou « Gaudin en prison ». Pourtant, aujourd’hui, un quotidien comme Le Monde (12/04/2019) estime que « les élus marchands de sommeil dorment sur les deux oreilles ». Comment vois-tu la situation ?

Après le 5 novembre, on a cru à un KO debout du vieux maire. Le roi était nu, comme Macron au niveau national. Mais le système dont Gaudin a hérité de Gaston Defferre, même s’il montre des signes d’épuisement, est toujours en place. Avec cynisme, la catastrophe de la rue d’Aubagne a servi d’effet d’aubaine, selon la moderne stratégie du choc : l’éviction des pauvres s’est accélérée, avec plus de 2600 évacués à travers la ville en six mois. Les conditions de relogement, le labyrinthe bureaucratique pour obtenir des aides et le mépris affiché par les élus révèlent un manque d’empathie ahurissant, mais démontrent surtout qu’une véritable guerre a été programmée contre le Marseille populaire et que ce ne sont pas quelques morts qui vont l’arrêter. Il y a collusion de fait entre la mairie (quatre élus de la majorité ont été dénoncés comme marchands de sommeil, mais aucun n’a démissionné), les propriétaires indélicats, les agences immobilières, les syndics véreux, les promoteurs et… le gouvernement parisien. En visite sur les lieux du drame, le ministre du Logement a même promis à Arlette Fructus, adjointe au maire chargée du logement et présidente de Marseille Habitat (organisme public qui possédait l’un des immeubles effondrés), que la nouvelle loi Élan allait permettre aux maires de passer outre l’avis des architectes des Bâtiment de France. Sitôt dit, sitôt fait, dix jours plus tard, deux immeubles du domaine Ventre, partie la plus patrimoniale du quartier, étaient évacués puis aussitôt « déconstruits »… Et dire que certains réclamaient la mise sous tutelle de la ville ! Oubliant un peu vite que la tutelle de 1938, après l’incendie des Nouvelles Galeries, avait ensuite facilité la destruction du quartier Saint-Jean par les troupes nazies et le gouvernement de Vichy en 1943 – d’ailleurs, J.-C. Gaudin s’est cru obligé de justifier cette opération de guerre dans un entretien récent à Libération : « Avant que les Allemands ne fassent sauter les bâtiments du Vieux-Port, on vivait dans des habitations sans eau courante, un seul WC pour un immeuble, pas de salle de bains… » Avec lui, le surmoi de la reconquête urbaine s’affirme au grand jour… Il œuvre à séparer le centre-ville des quartiers nord et à le faire basculer du côté des quartiers sud, là où le foncier atteint des prix dignes de la Côte d’Azur. Son modèle de vie, c’est l’enfer glacial des digicodes, de la paranoïa sécuritaire et des résidences fermées.

Q. : Quelles te semblent être les perspectives de ces luttes et quels seraient les chantiers prioritaires pour combattre et limiter les dégâts de la politique municipale et enclencher une politique de la ville pour tous ses habitants ?

Nous avons vécu un automne à la fois très dur et exaltant. Après la marche de la Colère, il y a eu le samedi 1er décembre, où les quartiers descendus manifester en ville ont été applaudis et rejoints par le cortège syndical et les gilets jaunes. Le 8 décembre, rebelote, avec en plus la marche pour le Climat. Ces confluences inattendues nous ont inspiré l’idée du « Manifeste pour un Marseille vivant et populaire », qui proclame une prise de conscience de la ville qu’une guerre systématique est menée contre elle et qui réclame entre autres la réquisition de logements vides pour les évacués et les sans-logis. Ce manifeste a été signé par de nombreux collectifs de quartiers, des unions syndicales, Emmaüs, la LDH, le collectif des écoles, l’association Un centre-ville pour tous… À mon sens, ça aurait dû ouvrir la voie à une sorte de fédération fraternelle entre quartiers, non bureaucratique, respectueuse des rythmes et des façons de faire de chacun. Et jeter des passerelles entre luttes du travail, du logement, des écoles… La Plaine aurait pu jouer un rôle moteur dans ce processus, puisque nous étions à l’origine du manifeste et que les gens avaient du respect pour notre lutte et notre parole. Mais on a préféré couper court, retourner à notre seule identité de quartier bohème et libertaire, sous prétexte que d’autres collectifs se voulant eux aussi moteur de la dynamique inter-quartiers étaient cornaqués par des militants de la France insoumise… Dommage. On aurait juste dû mettre les choses au clair, comme par exemple le refus de servir de marchepied pour une quelconque liste électorale l’an prochain. L’argument fait mouche dès qu’on en parle avec les gens : ce que nous voulons construire (l’auto-organisation des quartiers en vue d’un contre-pouvoir communal) est trop précieux pour risquer de le voir phagocyté, puis explosé par les immanquables zizanies, coups tordus et autres ambitions personnelles qu’occasionnent les campagnes électorales. D’ailleurs, le mouvement des gilets jaunes a réaffirmé cette défiance généralisée à l’encontre de la représentation politique et du pouvoir séparé. On devrait s’inspirer de cet esprit-là, en ébullition depuis six mois. Et l’ancrer dans l’histoire et les spécificités de la ville. Je parlais tout à l’heure de la réinvention du quartier de la Plaine par lui-même, mais on peut aussi citer le bazar de Belsunce qui, à son apogée dans le dernier tiers du 20e siècle, et alors que Marseille avait cessé d’être la porte du Sud et de l’Orient après les indépendances, réinventait les échanges transméditerranéens sur des bases plus familières, plus horizontales. Ce n’est pas rien, une telle dynamique sociale aux mains des ex-colonisés, dont le sociologue Michel Peraldi dit qu’elle était comparable au bazar d’Istanbul ! La mairie et la chambre de commerce, au lieu de s’en réjouir, ont tout fait pour le refouler loin des yeux, loin du cœur. Un rendez-vous manqué dont on devrait tirer les leçons. On peut aussi trouver des correspondances avec les volontaires des « équipes de choc » du maire communiste (pas tout à fait stalinien…) Jean Cristofol, qui ont réparé les dégâts des bombardements en 1945-1946. Également dans le domaine de l’habitat, avec les maisons basses des Italiens de la Capelette ou les cabanons de l’Estaque ou du Grand Saint-Barthélemy. Pour montrer que cette ville a toujours été habitée, au sens le plus riche du terme, par des classes exploitées mais pleines de ressources. Les sociabilités, les solidarités que les politiques urbaines défont, ressurgissent ensuite, par nécessité et par plaisir, dans des paysages qui ont été pensés sans elles, si ce n’est contre elles. Il s’agirait aujourd’hui d’affirmer haut et fort la prise de conscience de ce Marseille populaire face à la guerre qu’on lui mène. Le 5 novembre a provoqué cet électrochoc, mais il faut le faire durer, il faut qu’il donne de la voix. Parce qu’il y a urgence : en face, leur désert avance.

Entretien terminé le 14 mai 2019.

N° 805 (juin 2019)

mai 30, 2019

Au sommaire du numéro de juin (40 pages) :

– Les migrants, nouvelle aune (éditorial)

– Aides à domicile dans les Vosges : des luttes qui demandent du temps (Michel, secrétaire Union Locale CGT)

– Solidarité et Syndicalisme : (re)-créer une solidarité fondée sur une pratique de classe (Ronan, syndicaliste CGT)

(Le terme « solidarité » est un terme polysémique qui désigne des pratiques d’entraide sur des bases pouvant être radicalement différentes. Parler de Solidarité nécessite donc de définir le type de solidarité concernée…)

– Contre le système, le régime et le pouvoir en Algérie (N. Sidi Moussa)

– Entretien avec Bruno Le Dantec : Luttes urbaines à Marseille

– Manifeste pour un Marseille vivant et populaire

– Le sionisme, l’antisémitisme et la gauche (M. Postone)

(Nous avons maintenant affaire à une forme d’antisémitisme qui semble être progressiste et « anti-impérialiste » mais qui représente un réel danger pour la gauche.)

– 21e siècle : Lanceurs d’alerte, histoire destinale, antagonisme ensembliste (J. Demorgon)

– Entretien avec Vivek Chibber : Comment les Subalternes parlent-ils ?

– Porfolio : La grève des femmes de chambre à Marseille

(Une caisse de soutien est alimentable en ligne à l’adresse : https ://www.lepotcommun.fr/pot/mcvvrkn0)

– Brèves : Iran : Courrier intersyndical | La France enferme des enfants

Solidarité avec la librairie Publico

(Communiqué commun : Au lendemain du 1er Mai, un compagnon anarchiste a été violemment attaqué à coups de couteau au siège du Monde Libertaire)

– Livres : Damien Hélie, Les débuts de l’autogestion industrielle en Algérie (L.S.) | À contretemps, Gustav Landauer, un anarchiste de l’envers (N.S.M.) | Alan Grey, Dans l’atelier du monde – Les luttes de la classe ouvrière britannique 1780-1914 ; Geoffrey Trease, Les compagnons de la Charte (L.S.) | Nedjib Sidi Moussa, Algérie, une autre histoire de l’indépendance (S.J.) | Rosa Parks, Mon Histoire (L.S.) | Emmanuel Guy, Ce que l’art préhistorique dit de nos origines (S.J.)

– Morceaux choisis : Billie Holiday, Lady Sings the Blues | Juan Manuel Roca, Une génération | Jean Grave, La colonisation | Mikaël Faujour in Divertir pour dominer 2

– Lettre d’Amérique : Promesse américaine et identité nationale (D. Ball)

(sur la politique anti-immigration de Trump et sur la propagande qui la propage)

L’abonnement est toujours de 23 €.