Archive for the ‘Internationalisme’ Category

De Huelva à la Californie, saisonnières exploitées, saisonnières en lutte

janvier 3, 2022

Article publié dans La RP n°814 (septembre 2021)

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Solidarité avec la vague de grèves des enseignant·es d’Iran

décembre 31, 2021

L’Iran est particulièrement touché par la pandémie de Covid-19. C’est dans ce contexte, et face à la répression toujours aussi féroce du régime en place, que les travailleurs et travailleuses d’Iran poursuivent leurs combats.
Les grèves se multiplient. La dernière en date est celle des enseignant·es qui ont entamé le 11 décembre une grève dans l’ensemble du pays ayant duré 3 jours. Il s’agit de la grève la plus vaste et la plus longue de leur histoire depuis 40 ans.
Cette action s’est faite à l’appel du Conseil des Associations Syndicales des Enseignant.es d’Iran, et a été largement entendue. Des dizaines de milliers d’enseignant·es y ont participé dans plus de 100 villes.
A Téhéran, la capitale, plusieurs milliers de manifestant·es se sont rassemblé·es devant le Majles (le parlement) où des forces de sécurité ont tenté de les attaquer, mais finalement elles ont été repoussées. Rassoul Bodaghi, un enseignant qui a déjà fait au total 7 ans de prison pour ses activités syndicales, a été arrêté.
L’augmentation des salaires et des pensions de retraite, ainsi que l’éducation gratuite pour toutes et tous ont été parmi leurs revendications principales. Ils/elles exigeaient aussi la libération de leurs collègues emprisonné·es, entre autres Esmaïl Abdi, Mehdi Fat’hi, Mohammad Reza Ramazanzadeh, et Rassoul Bodaghi.
Les organisations membres du collectif syndical français de soutien aux salarié·es d’Iran réaffirment leur soutien et leur solidarité envers les enseignant·es et demandent :
– la libération immédiate et sans condition d’Esmaïl Abdi, Rassoul Bodaghi, Mehdi Fat’hi, Mohammad-Reza Ramazanzadeh, Hachem Khastar, Nahid fath Alian, Zeinanb Hamrang, Massomeh Asgari et Leila Hosseinzadeh.
– l’annulation de toutes les condamnations injustes et contraires aux libertés et droits fondamentaux,
– la libération immédiate et sans condition, de l’ensemble des militant·e·s emprisonné·e·s en raison de leurs activités syndicales.
Elles demandent également au régime iranien de respecter les Conventions internationales qu’il a ratifiées, dont celles sur la liberté d’association, de manifestation, de grève et de négociation collective.
La solidarité internationale est essentielle, faisons connaitre ces luttes dans le monde entier !

Confédération française démocratique du travail (CFDT)
Confédération générale du travail (CGT)
Fédération syndicale unitaire (FSU)
Union syndicale Solidaires
Union nationale des syndicats autonomes (UNSA)

Paris, le 29 décembre 2021

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Iran : répression contre les enseignant∙es et leurs organisations

octobre 20, 2021

Les luttes d’instituteurs∙trices et d’enseignant∙es ont continué ces derniers mois pour des revendications telles que : augmentation des salaires, égalisation des pensions de retraite, opposition à la privatisation de l’enseignement national et libération des enseignants emprisonnés. Des rassemblements ont été organisés le 14 octobre dans quelque 50 villes du pays.

Les instituteurs∙trices et enseignant∙es ont exprimé leur colère du fait que les forces de sécurité et l’appareil judiciaire envoient collègues en prison. Les personnes suivantes sont actuellement en prison : Mesdames Zeynab Hamrang, Nahid Fathalian, Maasoumeh Askar et Messieurs Esmaïl Abdi, Mohammad-Hossein Sepehri, Hashem Khastar, Mohammad-Reza Ramazanzadeh, Hossein Hassankhani, Yaaghoub Yazdani, Gholamreza Kondazi, Nosrat Beheshti, Mehdi Fathi, Hodjatollah Rafii et Mohammad Arkian. Aziz Ghassemzadeh, le porte-parole du Centre syndical des instituteurs du Guilan, a été arrêté le 26/09/2021 puis libéré sous caution le 11/10/2021.

Les forces de sécurité arrêtent des enseignant∙es afin de faire peur aux autres et pour qu’ils et elles abandonnent leurs revendications. Mohammad Habibi a été violemment arrêté au cours d’un rassemblement pacifique d’enseignant∙es, en mai 2018. Le juge Ahmadzadeh l’a condamné à 7 ans et demi de prison pour « association et commission d’actes contre la sécurité nationale ». Il a été condamné à 18 mois de prison supplémentaire et 74 coups de fouet, 2 ans d’interdiction de militantisme et de sortie du pays sous un autre chef d’accusation : « perturbation de l’ordre public ». Mohammad Habibi a été libéré le 10 novembre 2020 après presque 3 ans d’emprisonnement. La commission disciplinaire du ministère de l’éducation nationale vient de lui signifier sa radiation à vie.
La radiation de Mohammad Habibi est une petite partie de la répression du mouvement enseignant. Les campagnes de collègues et les campagnes internationales ont aidé sa libération avant terme.

Nous condamnons la répression des militant∙es syndicaux de l’enseignement d’Iran et exigeons la libération immédiate de toutes les enseignantes et tous les enseignants en prison en Iran ainsi que l’annulation de la radiation de Mohammad Habibi.

Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes

Haïti après le séisme du 14 août

août 26, 2021

Nous partageons le bulletin de nos camarades de Solidarité laïque:

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Stop aux expulsions vers l’Afghanistan

août 21, 2021

Nous relayons la pétition de la CIMADE pour garantir la protection et l’accueil des personnes afghanes qui les sollicitent sur le territoire français ainsi que l’arrêt immédiat des expulsions vers l’Afghanistan :

https://agir.lacimade.org/afghanistan

Iran : grève massive dans l’industrie pétrolière

juin 28, 2021

En Iran, l’industrie du pétrole est éclatée à travers de nombreuses entreprises sous-traitantes. L’absence de tout contrat ou les contrats précaires sont la règle. Les ouvriers sont exploités. Depuis le 19 juin, une grève massive a lieu. 70 entreprises sont touchées par le mouvement.

Trois revendications sont mises en avant :

  • La fin du système de sous-traitance et l’embauche de tous les travailleurs et travailleuses avec des contrats au régime dit « officiel ».
  • L’augmentation des salaires à l’équivalent de 400 euros par mois.
  • Une organisation du temps de travail sur la base de 20 jours de travail puis 10 jours de repos. Nombre d’emplois sont dans le sud du pays, où il fait souvent dans les 50 degrés ou sur des plateformes offshores, loin de leur famille.

Le dimanche 27 juin, des ouvriers du site Assaluyeh ont occupés les cantines auxquelles ils ne pouvaient accéder depuis trois jours. Leur réserve d’eau potable est sur le point de s’épuiser. Les conditions d’hébergement sont scandaleuses : 10 ouvriers dans une seule pièce de 20 mètres carrés et à même le sol, 3 toilettes et douches pour 400 personnes… Et dans ces conditions, les ouvriers travaillent de 6 heures à 19 heures, avec seulement une pause d’une heure.

Un des enjeux pour les grévistes est d’empêcher que les patrons ne puissent pas briser la grève en faisant appel à des chômeurs pour faire le travail.

Le 30 juin, les « officiels » vont se joindre au mouvement.

Les organisations membres du Réseau syndical international de solidarité et de lutte soutiennent les grévistes, ainsi que le Conseil organisateur des ouvriers sous-traitants du pétrole constitué pour organiser et coordonner le mouvement.

Nous saluons le communiqué commun des syndicats Vahed, et d’Haft-Tapeh et de trois autres organisations de retraités et d’enseignants.

http://www.laboursolidarity.org

Manifeste des travailleurs iraniens à l’occasion du 1er mai 2021

juin 22, 2021

Extrait du dernier numéro de La RP:

Iran – Voici une déclaration conjointe de quinze organisations, dont des syndicats, des organisations indépendantes de travailleurs, des syndicats d’enseignants, des organisations indépendantes de retraité(e)s et des groupes de défense des droits des femmes, à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs de l’an 2021.

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Nous sommes tous Adil

juin 20, 2021

Vendredi matin, le camarade Adil Belakhdim, 37 ans, père de deux jeunes enfants, membre de la Coordination nationale SI Cobas, est mort heurté par un camion qui forçait un piquet de grève devant le Lidl de Biandrate, en Italie. Des rassemblements et manifs ont lieu dans plusieurs villes avec des banderoles « Siamo tutti Adil » (Nous sommes tous Adil). Nous reproduisons ci-dessous le communiqué du Réseau syndical international de solidarité et de luttes (dont fait partie SI Cobas):

Secteur de la logistique : le patronat et ses alliés sont responsables du meurtre d’Adil

Le 18 juin, durant la grève de la logistique organisée en Italie par SI Cobas, Adil Belakhdim, coordinateur de la province de Novara et membre de la Coordination nationale SI Cobas, a été tué. Un camion a foncé sur le piquet de grève, devant le LIDL Biandrate (Novara). Parmi la dizaine de travailleurs, deux sont blessés et Adil est mort.

Ce n’est ni un accident ni le fait d’un fou isolé. Le meurtre d’Adil s’inscrit dans une violente et criminelle campagne contre les syndicalistes de lutte, les syndicalistes qui défendent et organisent les travailleurs et travailleuses en toute autonomie, et ceci particulièrement dans le secteur de la logistique. Patronat, crime organisé et police agissent ensemble contre celles et ceux qui veulent mettre un terme à la surexploitation des femmes et des hommes qui travaillent dans ce secteur.

Les camarades de SI Cobas l’expliquent : «  Depuis des semaines, les patrons et leurs complices font passer le message sur les lieux de travail, par tous les moyens et avec toutes sortes de provocations, que les piquets de grève peuvent être brisés, que les travailleurs et les syndicalistes peuvent être librement battus à mort, que les grèves peuvent être écrasées et les luttes réduites au silence par des méthodes mafieuses, le tout avec la complicité ou le consentement silencieux de l’État et de la police. »

Les patrons du secteur mènent une féroce lutte des classes. Outre les outils répressifs de l’État, ils s’appuient aussi pour cela sur le syndicalisme qui accompagne restructurations et licenciements, qui combat les luttes dès lors qu’elles sont placées sous la contrôle des travailleurs et des travailleuses, qui dénonce sans vergogne le syndicalisme de base. Au-delà des larmes de circonstances de responsables gouvernementaux et de bureaucrates syndicaux, le vrai respect envers Adil est de poursuivre, chacun et chacune de notre place, la lutte pour l’émancipation sociale et la défense des intérêts immédiats de la classe ouvrière.

Les organisations membres du Réseau syndical international de solidarité et de luttes saluent la mémoire du camarade Adil Belakhdim, soutiennent les revendications des travailleurs et travailleuses de la logistique, dénoncent les meurtres organisés par le patronat comme celui-ci mais aussi comme toutes les morts au travail dues au système capitaliste.

https://www.laboursolidarity.org

Histoires de femmes kurdes

juin 6, 2021

Une série de guerres sans fin, la lutte armée contre les régimes dictatoriaux et l’abnégation par l’emprisonnement et l’exécution ont été les principales caractéristiques de l’existence kurde. Pour les femmes de ma génération qui ont été témoins de la dure réalité de la vie sous la dictature et qui ont grandi dans une famille engagée dans la résistance armée contre le régime, la vie était cauchemardesque. La vue de la mort, la dévastation de familles entières et la peur qui planait constamment sur nos communautés étaient la norme.

Ce climat d’effroi donnait l’impression que la vie était une succession interminable d’histoires d’horreur non interprétées, les personnages ne sachant pas pourquoi ils devaient participer à une telle tragédie, une tragédie qui transformait ce qui aurait dû être une vie et des activités normales – aller au travail ou à l’école, s’asseoir pour manger – en une lutte pour la simple survie.

Les Kurdes des quatre parties de leur Kurdistan divisé – l’Iran, l’Irak, la Turquie et la Syrie – survivent et résistent à différentes dictatures venimeuses. Les mouvements pour la libération du Kurdistan existent depuis un siècle et sont toujours actifs. Jusqu’à la récente révolution de la Rojava, les principaux acteurs et « sauveurs » de ces luttes de libération étaient principalement des hommes.

Les femmes, malgré leur rôle vital, sont restées invisibles ou ont été reléguées au second plan, car une attention sans fin était accordée aux hommes.

Dans la partie du Kurdistan dont je suis originaire (Irak), nous avons réussi, grâce à des pressions et des campagnes soutenues, à maintenir un gouvernement semi-autonome. Ce n’est en aucun cas parfait, mais nous pouvons au moins connaître une certaine liberté.

Au Kurdistan, les autobiographies et les histoires d’hommes héroïques qui ont lutté contre l’ancien dictateur remplissent les librairies. Les hommes ont pris toute la place dans les débats médiatiques et racontent toute la lutte d’un point de vue masculin. Je me suis dit Où étaient les femmes ? Pourquoi étaient-elles absentes dans ces histoires ? Même si les hommes mentionnaient leurs femmes, leurs sœurs ou leurs mères, c’était uniquement pour reconnaître leur rôle de « dévouées », de « sacrificielles », de « dévouées » et de « soutien » par rapport aux hommes.

L’existence des femmes dans ces textes n’était pas une représentation du rôle réel qu’elles jouaient dans les luttes, mais ce n’était qu’une existence limitée réduite à être une épouse, une sœur ou une mère de héros combattant qui est un homme. Cela s’est fait avec le soutien des médias et des éditeurs dominés par les hommes. Le discours dominant porte sur la glorification des hommes en politique et l’occupation d’une trop grande place dans l’histoire.

Les femmes du Kurdistan, du moins un grand nombre d’entre elles, hésitent à écrire ou à raconter leurs propres histoires de lutte ; elles ne pensent pas que cela soit d’une importance particulière. Les femmes des générations précédentes étaient également mal équipées en termes de connaissances, d’éducation et de concision féministe, nécessaires pour remettre en question les fondements du patriarcat kurde et de la politique patriarcale. Outre ces facteurs, l’absence d’initiatives et de groupes pouvant offrir aux femmes des espaces et des plates-formes à utiliser comme domaine d’affirmation de soi a également contribué à un manque de représentation.

Après de longues délibérations, en tenant compte des obstacles qui se dresseraient devant moi, j’ai décidé de rassembler les histoires de femmes à travers le Kurdistan, telles que racontées et écrites par elles. C’est alors que j’ai réalisé que la conservation d’un livre composé d’histoires de femmes pouvait être une plateforme, un domaine pour l’autonomisation et l’affirmation de soi. J’ai discuté de l’idée avec mon équipe du Projet Culture. Ils ont accueilli l’idée avec enthousiasme et ont commencé à faire connaître notre « projet d’auto-écriture pour les femmes ». Nous avons rapidement commencé à recevoir des histoires et des appels de femmes qui étaient curieuses d’en savoir plus et de s’impliquer.

Il nous a fallu deux ans pour rassembler, traduire et éditer les histoires de femmes kurdes des quatre régions du Kurdistan et de la diaspora. Le livre contient des histoires écrites par 25 femmes âgées de 20 à 70 ans, couvrant cinq générations d’expériences vécues. Elles ont raconté des histoires d’engagement politique, d’emprisonnement, d’exil, de lutte armée, d’amour, de violence sexuelle, d’art et de littérature. Elles sont issues de tous les milieux, de toutes les classes et de tous les niveaux d’éducation. Pour beaucoup d’entre eux, cela représentait l’opportunité d’une vie – celle de raconter leurs histoires dans le cadre d’un effort collectif. Une femme m’a raconté : « Je suis enfin soulagée de la douleur d’avoir porté mon histoire avec moi pendant plus de 30 ans. Je suis détendue parce qu’elle est maintenant écrite ».

Mon but en rassemblant ces histoires était de transmettre l’authenticité, de permettre à ces femmes de raconter leurs expériences sans filtres, restrictions ou attentes. Je crois sincèrement que les voix et les récits des femmes sont essentiels à la formation d’une nouvelle compréhension et à la production de recherches sur les événements intimes et personnels qui ont façonné leur vie. L’écriture a un potentiel libérateur pour les femmes, leur permettant de retrouver la place qui leur revient dans l’histoire – et le présent.

Il est de notre devoir de rechercher les voix enfouies des femmes puissantes qui ont été effacées de l’histoire. Peu importe la façon dont les femmes ont été privées de leur vie, de leurs réalisations et de la place qui leur revient dans l’histoire, elles s’élèvent néanmoins, comme le dit Maya Angelou dans son poème.

Que l’on parle de mémoires, d’autobiographies ou d’histoire orale, les histoires contenues dans le livre Kurdish Women’s Stories sont de véritables fenêtres sur la vie turbulente et complexe des femmes kurdes, pleine de bouleversements, de pertes, d’amour, de lutte, de survie et d’optimisme. Je suis ravie et honorée d’avoir travaillé avec une équipe dévouée du Culture Project pour fournir aux lecteurs du monde entier ce recueil de récits de 25 femmes kurdes inspirantes.

Houzan Mahmoud

Traduction Kurdistan au féminin. Houzan Mahmoud est une militante socialiste et féministe venant du Kurdistan irakien et vivant désormais en Grande-Bretagne, qui a longtemps aidé l’association Solidarité Irak. Elle a notamment été interviewée dans Alternative libertaire en 2005 et L’Emancipation syndicale et pédagogique en 2012. Nous avions publié d’elle une « Lettre à mes amis et camarades en France » dans La RP n°791 (décembre 2015). Elle a coordoné le livre Kurdish Women’s Stories publié cette année chez Pluto Press.

Iran : campagne internationale pour la libération d’Esmaïl Abdi

mai 10, 2021

Esmaïl Abdi, enseignant de mathématique et membre du conseil d’administration du Syndicat des enseignants de Téhéran est emprisonné depuis presque 6 ans pour ses activités de défense des droits fondamentaux des enseignants, notamment le droit de former une organisation indépendante.

A noter que le pouvoir judiciaire de la République islamique d’Iran l’a condamné (pour un autre motif, aussi absurde que le premier) à une autre peine de prison de 10 ans. Il resterait donc en prison 16 ans rien que pour ses activités syndicales.

Esmail Abdi s’est vu confisquer son passeport par des responsables de la sécurité le 23 juillet 2015, alors qu’il tentait d’obtenir un visa au nom du Conseil de coordination des syndicats d’enseignants d’Iran pour assister au Sommet mondial sur l’éducation internationale (septième congrès d’Education internationale au Canada). Très rapidement, on lui a fait comprendre qu’il n’a pas droit de quitter l’Iran. Quatre jours plus tard, il s’est fait arrêter et a été détenu à l’isolement pendant 40 jours et a passé 10 mois dans les quartiers 7 et 8 de la prison d’Evin.

Puis, en novembre 2016, Esmail Abdi a été condamné à six ans de prison pour des accusations stéréotypées de « propagande contre le système et collusion en vue d’agir contre la sécurité nationale », Mais ce n’était pas la fin de la persécution d’Esmail Abdi. En 2016, alors qu’Esmail Abdi purgeait une peine de six ans de prison, les autorités judiciaires et de sécurité de la République islamique ont lancé une autre accusation contre lui, un nouveau dossier contre Abdi pour pouvoir le condamner à 10 ans de prison supplémentaire pour, cette fois-ci, « propagande contre l’Etat et relation avec les Etats hostiles ».

Esmail Abdi a entamé à plusieurs reprises une grève de la faim pour protester contre ces peines sans fondement, injustes et inhumaines et contre les conditions intolérables de la prison ainsi que pour dénoncer les conditions insupportables des prisons iraniennes et les persécutions des agents de sécurités du régime à l’intérieur de la prison contre lui-même et toutes et tous les militants ouvriers et de l’enseignement. La réponse des dirigeants de la prison était claire, ils ont intensifié les peines et les conditions injustes de ces militants emprisonnés.

Diverses campagnes d’organisations d’enseignants d’Iran et d’organisations ouvrières et de défenseurs des droits de l’homme internationaux ont eu lieu en faveur d’Abdi. Bien que ces comités n’aient pas encore abouti à la libération d’Ismail Abdi, ils ont fait connaitre la demande de libération d’Abdi dans la sphère publique et en même temps exercé des pressions sur la République islamique d’Iran. Les lourdes peines de prison répétées pour Esmail Abdi, le non-respect de ses droits fondamentaux d’enseignant activiste et de prisonnier d’opinion, et son harcèlement par les responsables de la sécurité des prisons indiquent tous que les autorités de la République islamique se vengent d’Esmail Abdi. Esmail Abdi est devenu l’un des symboles de la résistance, de l’effort et de la lutte des enseignants pour réaliser leur syndicat et leurs droits humains

Les responsables gouvernementaux tentent faire peur à Abdi et aux autres enseignants et militants syndicaux en appliquant de longues peines. Derrière les murs de la prison, Abdi paie le prix de ses efforts persistants pour garantir les droits bafoués des enseignants et pour créer des organisations d’enseignants indépendantes, ainsi que pour son engagement inébranlable en faveur de la liberté, de la dignité humaine et de l’éducation gratuite et universelle. En Iran, des campagnes sont en cours pour la libération d’Esmail Abdi, notamment de la part des organisations d’enseignants et de son épouse, Monira Abdi.

International Alliance in Support of Workers’ in Iran Alliance internationale de soutien aux travailleurs en Iran