Vague de grèves en Iran : nous sommes solidaires !

août 9, 2020 by

L’Iran est particulièrement touché par la pandémie de Covid-19. Un des représentants en France de Solidarité socialiste avec les travailleurs en Iran expliquait la situation catastrophique : « les hôpitaux sont débordés et manquent de moyens ; les populations précaires sont privées de ressources : la progression du Covid-19 est fulgurante. En Iran, le système de santé est particulièrement menacé. À cause des corruptions et spéculations internes, des millions de personnes ont déjà des difficultés économiques, sont au chômage et sans ressource. Les taux de chômage et l’inflation vont encore monter de façon drastique avec cette crise du Covid-19. Les pressions économiques, autant que la courbe de progression, de la maladie écrasent la population. »

Le 15 juillet, Amnesty International a déclaré : « Il y a eu une escalade alarmante de l’utilisation de la peine de mort contre les manifestants, les dissidents et les membres de groupes minoritaires en Iran. » Pendant le mois juillet, huit manifestants contre la vie chère de l’année dernière ont vu leur condamnation à mort confirmée par la Cour suprême, dont trois hommes – Amir Hossein Moradi, Mohammad Rajabi et Saied Tamjidi – dont la peine initiale a provoqué l’indignation sur les réseaux sociaux et contraint le régime de reporter temporairement leurs exécutions.

C’est dans ce contexte, et face à la répression toujours aussi féroce du régime en place, que les travailleurs et travailleuses d’Iran poursuivent leurs combats. Les grèves se multiplient. Les travailleurs et travailleuses de la sucrerie de Haft Tapeh sont en grève depuis plus de 50 jours ; c’est la grève la plus longue de leur histoire pourtant marquée par de nombreuses résistances et batailles sociales. Les grévistes demandent le paiement des salaires des trois derniers mois et la renationalisation de leur usine. Il y a quelques jours, des milliers de travailleurs et travailleuses de plusieurs secteurs de l’industrie du pétrole et de la pétrochimie se sont mis en grève de manière coordonnée. En fin de semaine dernière, les enseignant·es ont organisé une manifestation devant l’Assemblée islamique dénonçant l’injustice sociale…

Les organisations membres du Réseau syndical international de solidarité et de luttes réaffirment leur soutien et leur solidarité envers les travailleurs et travailleuses d’Iran. La solidarité internationale est essentielle, faisons connaitre nos luttes dans le monde entier !

Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes

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Voir aussi:

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55ème jour de grève à la sucrerie Haft Tapeh

Trois questions au Syndicat des quartiers populaires de Marseille

août 8, 2020 by

Extrait de Solidaires N°96 (juin 2020)

Pourquoi avoir créé un syndicat des quartiers populaires de Marseille ?

Le SQPM est le successeur du CQPM (Collectif des Quartiers Populaires de Marseille), né de la vague de meurtres de jeunes liés aux affaires de trafics de stupéfiants pendant l’été 2013. Nous avons réactivé le collectif à partir de 2016 et lui avons donné une structure un peu plus « fermée » en termes d’organisation. Le CQPM reposait sur les assemblées populaires et la Démocratie directe. C’était passionnant mais, outre la difficulté des débats organisés dans les quartiers en « entrée libre » (entre 50 et 200 personnes à chaque fois), il y avait des problèmes de continuité, d’efficacité et des différences d’objectifs (trop grande hétérogénéité politique des participant·es…). Le SQPM est aujourd’hui moins ambitieux dans la forme, mais beaucoup plus efficace dans le fond.L’intérêt d’un syndicat, c’est de se concentrer sur des luttes, des engagements ou des objectifs thématiques bien précis. Dans les quartiers beaucoup de structures « spécialisées » existent pour fédérer les habitant·es autour des problèmes du logement, de l’emploi, de l’éducation, de la culture…

Nous ne nous substituons pas à ces acteurs, mais le SQPM n’ étant pas subventionné nous avons une liberté de parole et d’action qui permet de poser des rapports de forces inédits entre citoyen·nes/habitant·es et institutions.Nous sommes toujours là en soutien et nous laissons toujours les habitant·es des quartiers ou les collectifs qui font appel à nous, au-devant de la lutte. Chacune de ces luttes et de ces victoires s’inscrit dans un cadre, pour le coup poli-tique, beaucoup plus large ! Nous sommes là où on demande notre soutien. Ainsi nous nous retrouvons aux cotés des habitant·es de la Busserine pour des problèmes de rénovation urbaine, à Air Bel pour la problématique de l’eau et de la légionellose, à Plan d’Aou aux côtés de la famille d’un jeune homme assassiné, avec les salarié·es Mc Do depuis bientôt 3 ans… Mais s’il ne s’agit que de mon avis, le SQPM a vocation à faire ou à refaire le lien entre la « tradition politique ouvrière » et « la tradition poli-tique issue des luttes de l’immigration et des QP ». Il y a plusieurs syndiqué·es (SUD et CGT) chez nous et nous nous inspirons au maximum des méthodes de nos camarades pour apporter un encadrement structuré aux luttes des quartiers.

Quelle a été votre activité depuis le début de la crise du Covid 19 ?

Pour nous, il n’y a pas eu de confinement ! Après une semaine de crise sanitaire s’est ajoutée la crise économique et l’arrêt de tout un pan de l’économie structurelle des QP. Je parle de cette économie informelle qui conjugue une économie de la survie et une économie de la précarité ! Petits boulots (déclarés ou non), CDD, emplois précaires, Uber-économie, micro-entreprenariat, snacks et restauration de proximité… Tout ça s’est arrêté en mode ON/OFF. La fermeture des écoles et des cantines à lourdement impacté le budget de milliers de foyers déjà en difficulté ! Cette crise économique et sanitaire menaçait de se transformer en crise humanitaire. Nous avons donc décidé, avec les salarié·es en lutte du Mc DO St Barthélémy, de réquisitionner ce fast-food placé en redressement judiciaire. Nous avons fait appel à la solidarité pour les dons en nature et nous avons ouvert une cagnotte en ligne ! Il y a 2 phénomènes antagonistes qui nous ont surpris : la faillite par l’absence de prise en charge de l’état et des collectivités et l’immense élan de solidarité des particuliers et des associations (Emmaüs, Mamba, C5N, Vendredi 13…). Nous n’avons pu répondre à la demande affolante de colis alimentaires que par le biais de la solidarité ! Aucune aide institutionnelle ne nous est parvenue ! Au plus fort de la crise nous avons distribué jusqu’à 3500 colis par semaine, en respectant les gestes barrières et autres mesures sanitaire grâce à l’utilisation du Drive ! Concomitamment, le réfèrent santé du SQPM a pu ouvrir un centre de dépistage du COVID 19 dans un des quartiers du nord de Marseille. Avec son association SEPT (Santé et Environnement Pour tous) ils ont pu dépister des milliers de MarseillaisEs sans conditions d’accès et ils ont pu alerter sur la présence de nombreux « clusters » dans nos quartiers !A Air Bel la lutte continuait aussi et le collectif du quartier soutenu par le SQPM a obtenu une nouvelle victoire en renégociant dignement le for-fait compensatoire des charges de chauffage de l’hiver précèdent !Donc oui c’était chargé et nous n’avons pas chômé. Cette situation ne nous flatte ni ne nous réjouit. Nous sommes toutes et tous bénévoles et constatons que les attaques sur les services publics nous obligent à faire office de rustine ! C’est inacceptable !

Quels sont vos projets maintenant ?

Nous allons continuer la plateforme d’aide alimentaire jusqu’à épuisement des dons et de la cagnotte. Nous publierons ensuite l’intégralité des comptes et de façon factuelle, présenterons cette facture aux pouvoirs publics en demandant à ce que les sommes soient réinvesties dans l’aide aux familles et particulièrement dans la lutte contre le décrochage scolaire.Nous continuons toujours notre partenariat avec le Collectif Air Bel et les salarié·es Mc Do. Nous avons d’autres dossiers que nous devons réactiver dès que le confinement sera totalement levé. Nous suivons l’actualité et les mobilisations contre le racisme. Parmi nos membres nous avons plusieurs sociologues dont une a effectué un travail historique sur les crimes racistes de 73 à Marseille et nous allons faire quelque chose dans le sens de la mise en perspective historique du phénomène raciste. Nous savons aussi que les syndicats vont organiser un Forum Syndical Antiraciste et nous espérons y participer pour réaliser la jonction entre le syndicalisme du monde du travail et le syndicalisme de quartier… Mais il y a des milliers d’autres projets et comme toute organisation nous sommes obligés de prioriser faute de temps et de ressources.

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Roger Hagnauer est décédé (1986)

juillet 24, 2020 by

Nos anciens

Deux mois et dix jours après sa compagne Yvonne Hagnauer, fondatrice de la Maison d’enfants de Sèvres, Roger Hagnauer nous a quitté le samedi 11 janvier 1986.

Roger Hagnauer, né le 19 juillet 1901 à Paris, de famille alsacienne, fut d’abord instituteur, puis professeur de collège. À dix-huit ans, en 1919, il milite en faveur de la Troisième Internationale. Au cours de son service militaire en Allemagne occupée, il lutte pour la fraternisation, ce qui lui vaut six mois de détention à Mayence. Dès 1925, il est près de Pierre Monatte, Alfred Rosmer, Maurice Chambelland, Boris Souvarine qui s’opposent à la « bolchevisation » du parti communiste, et il participe avec ces derniers, Robert Louzon et Ferdinand Charbit, à la création de La Révolution prolétarienne, revue qui se voulait la continuation authentique de La Vie ouvrière.

Dès cet instant, la vie d’Hagnauer était tracée : membre de cette fraction du syndicalisme révolutionnaire qui adhéra quelque temps au léninisme, il en comprit vite le danger et combattit l’influence des théories et des pratiques bolcheviques et staliniennes dans le mouvement ouvrier. Les fondements de la doctrine d’Hagnauer sur le syndicalisme étaient proches de ceux de Pierre Monatte : indépendance et unité, mots d’ordre qu’il développa principalement dans les syndicats d’enseignants.

En 1939, il est élu secrétaire général du syndicat de l’enseignement de la région parisienne. Avec Yvonne Hagnauer, il participe à la lutte contre le bellicisme et signe avec elle le tract appel de Louis Lecoin Paix immédiate ; ils sont à ce titre révoqués et inculpés. Pendant l’occupation, Hagnauer est poursuivi comme israélite et résistant ; il milite à Clermont-Ferrand dans la clandestinité.

En 1941, Yvonne Hagnauer fonde la Maison d’enfants de Sèvres, destinée à l’origine à héberger des enfants de la région parisienne victimes des restrictions alimentaires. Elle devint rapidement un refuge pour des enfants dont les parents étaient proscrits ou déportés et pour des adultes victimes de la répression ou réfractaires au STO.

Roger Hagnauer participe, après la guerre, à la fondation de la CGT-Force ouvrière. Il devient secrétaire de l’Union des syndicats FO de la région parisienne et de la Fédération FO de l’Éducation nationale. Cependant, il refuse d’abandonner la Fédération de l’Éducation nationale autonome, attaché qu’il est à l’unité syndicale.

En 1967, Hagnauer participa à la fondation du Centre de sociologie libertaire avec Gaston Leval. Charbit disparu il y a quelques mois, Malfatti quelques semaines, Hagnauer hier, le typo, l’ébéniste, l’instit, le Livre, le Bâtiment, l’Enseignement : ils étaient parmi les derniers du vieux syndicalisme révolutionnaire.

J. Toublet

Le Monde libertaire N° 604 (29 janv. 1986)

Voir aussi:

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LETTRE D’AMÉRIQUE: Pandémie, racisme… et Trump

juillet 18, 2020 by

Extrait de La RP N°809 (juin-juillet 2020):

Voilà les trois fléaux auxquels les États-Unis se trouvent confrontés, et chacun rend les deux autres plus dangereux. Je parlerai ici surtout des deux premiers, mais le troisième est toujours là en filigrane. La COVID-19 est nouvelle, mais les graves problèmes de notre système de santé ne le sont pas ; le racisme à l’encontre des Noirs est ancien : il commence avec l’arrivée du premier bateau d’esclaves dans la colonie britannique de Virginie en 1619. L’élection de notre président fascisant et raciste ne date que de 2016 mais les causes profondes de son élection remontent au passé de la nation, à la persistance du racisme.

I. TRUMP ET LA PANDÉMIE

Deux mois avant le début de la pandémie en Chine, le gouvernement Trump a mis fin à un programme d’alerte précoce de 200 millions de dollars. Le 20 janvier, les États-Unis et la Corée du Sud ont chacun signalé leurs premiers cas de coronavirus. Au moment où j’écris, la Corée du Sud compte un peu moins de 11 700 cas de la maladie et 275 décès. Les États-Unis ont maintenant plus de 2 000 000 cas de COVID et près de 115 000 morts. Pourquoi cette différence entre ces deux pays ? « La Corée du Sud est gouvernée par des adultes responsables et les États-Unis ne le sont pas. » [1]

En janvier et février, Trump ignore les avertissements alarmants de nos agences de renseignement concernant la pandémie, refusant de croire à la réalité de la menace et bloquant les préparatifs nécessaires. En février, il affirme : « Elle va disparaître. Un jour, c’est comme un miracle, elle disparaîtra. » Fin février, contredisant ses propres responsables de la santé, il vante son gouvernement, « magnifiquement organisé » et « totalement préparé » pour lutter contre le virus. Par la suite : « Personne n’aurait pu prévoir ça ! » clame-t-il, sans craindre le ridicule, pour encore changer de message après : c’est la faute à la Chine !… à l’OMS ! Et il supprime notre contribution à son fonctionnement. Lorsque la pandémie fait rage, il médite à la télévision sur les avantages de s’injecter du Lysol (ingrédient principal, peroxyde d’hydrogène) et vante la chloroquinine comme préventif.

Enfin, à la mi-avril, Trump agit ! Songeant à l’économie avant tout, il nomme son beau-fils Jared Kushner et son épouse au « Council to Re-open America ». Le couple, hautement qualifié, saura juger le moment où la pandémie sera suffisamment maîtrisée pour qu’on puisse reprendre le cours normal de l’activité économique : Kushner est dans l’immobilier et Ivanka vend sa marque de vêtements.

J’avais dit dans une de mes premières Lettres que pour comprendre les États-Unis, il est important de garder à l’esprit que c’est une fédération de cinquante États, un pays beaucoup moins centralisé que la France. Pourtant, avec la crise pandémique, il faut bien, pour combattre la maladie, avoir un plan national et coordonné. Or, après des mois où le Parrain a traité la pandémie de « canular inventé par les Démocrates pour me faire mal voir », nous avons eu droit au spectacle des gouverneurs de différents États entrer en concurrence pour obtenir du gouvernement fédéral et même de certains pays étrangers l’équipement sanitaire essentiel [2]. La méfiance de Trump à l’égard de la science (au cours de ses trois années de mandat, il n’a pourvu que 39 postes scientifiques sur les 83 à pourvoir dans le secteur public et son négationnisme en matière de changement climatique est bien connu), sa tendance à croire aux théories du complot, à renforcer les clivages politiques plutôt qu’à tenter d’unifier le pays, ont fait des États-Unis le champion du monde… du nombre des victimes de la COVID-19.

La devise de ce gouvernement pourrait bien être celle du général José Millán Astray [3] en 1936 : « ¡Abajo la inteligencia! ¡Viva la muerte! »

La pandémie a mis à nu les disparités économiques et la faillite de notre système de santé. Les milliardaires se retirent sur leurs yachts, ayant augmenté leur fortune de 565 milliards de dollars depuis la mi-mars, les gens qui ont un travail intellectuel bien ou assez bien payé peuvent travailler chez eux sur leur ordinateur tandis que des millions de travailleurs mal payés, dont 10% n’ont aucune assurance maladie, occupent des emplois manuels comme commis d’épicerie ou livreur, avec un plus grand risque d’infection ; idem pour les aides-soignant(e)s, également mal payé(e)s, qui doivent continuer à se présenter au travail au risque d’être infecté(e)s et doivent, souvent, se rendre à leur travail en empruntant les transports publics.

Rappelons qu’en Amérique, l’assurance maladie est liée à l’emploi : perdre son emploi veut dire perdre son assurance. Nous avons plus de 20 millions de chômeurs, la plupart créés par le confinement – mesure de dernier recours contre la COVID prise par les villes et les États après l’inaction de Washington ; on peut imaginer ce que cela veut dire pour eux au milieu d’une épidémie.

Les inégalités se renforcent. Même lorsque le Congrès est intervenu pour éviter le pire, le plan de sauvetage pour parer aux effets économiques désastreux liés à la COVID a accordé aux riches et aux grandes entreprises une réduction d’impôts de 200 milliards de dollars, soit cinq fois plus que les 42 milliards destinés aux programmes de protection sociale, bien plus que les 180 milliards accordés aux hôpitaux et aux soignants et que les 150 milliards d’aide accordés aux gouvernements des États et aux collectivités locales en première ligne de cette crise.

La pandémie a aggravé les disparités raciales. Il y a, proportionnellement, bien plus de Noirs que de Blancs parmi les millions de travailleurs mal payés qui occupent les emplois dont il est question plus haut. Près de 23% des personnes décédées de la Covid-19 aux États-Unis sont noirs alors que les Noirs ne représentent qu’environ 13% de la population américaine. À Chicago, la moitié des cas de COVID-19 sont noirs, comme le sont 72 % des personnes mortes du virus, alors que moins d’un tiers de la population totale de la ville est noire. Dans les quartiers noirs,  même avant le meurtre de George Floyd on entendait : ‘‘If the police don’t get you, the pandemic will’’ – « Si c’est pas la police, le virus t’aura »).

II. RACISME, POLICE, ET SOCIÉTÉ CIVILE

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la rage des Noirs et pourquoi ce meurtre a tant secoué les États-Unis d’abord, où plus de 400 villes ont manifesté contre la violence policière et l’injustice faite aux Noirs – manifestations qui en sont à leur troisième semaine au moment où j’écris – et qui ont enflammé ensuite d’autres pays : le racisme, une police violente, ne sont pas limités aux seuls États-Unis. Cette colère se comprend dans le contexte de la vieille inégalité économique et sociale qui perdure dans la population noire[4] et surtout dans le contexte d’une longue liste d’homicides semblables, les uns plus choquants que les autres, sans que personne soit jamais condamné pour ces crimes. Le 13 mars, par exemple, Breonna Taylor, 26 ans, aide-soignante, est tuée dans son lit par des flics à Louisville, dans le Kentucky. Aucune enquête5. Son cas est devenu célèbre seulement deux mois plus tard, après l’assassinat de George Floyd qui, lui, a eu la « chance » d’avoir son agonie filmée[6]. Partout dans le pays des chefs de la police ont aussitôt dénoncé l’officier principalement responsable de ce meurtre ; lui et ses trois collègues témoins de l’assassinat ont été aussitôt limogés. (Notons qu’il y a environ 18 000 services de police aux États-Unis, dont le fonctionnement dépend entièrement de chaque ville.) Durant les longues journées qui ont suivi à Minneapolis la mort de George Floyd, aucune arrestation, aucune inculpation. Les manifestations à Los Angeles, à New York, à Minneapolis, à Philadelphie, à Washington et ailleurs tournent à l’émeute : on allume des incendies, on pille des magasins…

Que penser de ces émeutes ? En 1967, Martin Luther King, cet apôtre de la non-violence, condamne les émeutes qui ont éclaté dans beaucoup de communautés noires à la fin des années 60, les qualifiant de « socialement destructrices » et vouées à l’échec. Mais il ajoute des mots qui valent, il me semble, non seulement pour l’Amérique, mais aussi pour la France de ces dernières années[7] :
« Une émeute est le langage de ceux qui ne sont pas entendus[8]. Et qu’est-ce que l’Amérique n’a pas entendu ? Elle n’a pas entendu que la situation des Noirs pauvres s’est aggravée ces dernières années. Elle n’a pas entendu que les promesses de liberté et de justice n’ont pas été tenues. Et elle n’a pas entendu que de larges segments de la société blanche sont plus préoccupés par la tranquillité et le statu quo que par la justice, l’égalité et l’humanité. Ainsi, les étés d’émeutes de notre nation sont causés par les hivers de retard de notre nation. Et tant que l’Amérique retardera la justice, nous aurons ces récurrences de violence et d’émeutes encore et encore. La justice et le progrès social sont les garants absolus de la prévention des émeutes. »

Par la suite, cela se déroule selon un scénario bien connu en France : la violence est réprimée avec violence, la non-violence aussi est réprimée avec violence, et dans de nombreuses villes, des manifestations contre la violence policière sont accueillies par une violence policière accrue qui devient un sujet d’opprobre dans de nombreux pays. Les manifestants font généralement face à une police en tenue anti-émeute et l’équipement quasi-militaire de la police est de plus en plus ressenti comme une provocation. Slogan scandé dans des manifestations pacifiques : « Take. Off. The riot gear. There ain’t. No. Riot here.[9] »

Ce n’est pas le cas partout. En réalité, les réactions policières sont extrêmement diverses : à Houston (Texas), la ville de George Floyd, le chef de la police 8, mettant un genou en terre en signe de solidarité avec les manifestants, geste très connu depuis 2018 lorsque le quarterback noir Colin Kaepernick se mettait sur un genou pendant l’hymne national avant chaque match de foot américain de la NFL[10] pour protester contre la violence faite aux Noirs. À Minneapolis, un policier noir s’est agenouillé par solidarité avec les manifestants, de même que le chef de la police d’Atlanta en Géorgie.

Quant à Washington… On connaît la séance photo de notre Tartuffe fascisant, précédée par le gazage et le tabassage de manifestants paisibles et de journalistes dans un parc près de la Maison Blanche pour qu’il puisse parader à pied jusqu’à une église et brandir une Bible. Le jour même, il menace de déployer les forces armées contre les manifestants, « des voyous » et « des terroristes d’extrême gauche » (alors qu’il avait qualifié de « good people » les protestataires armés qui avaient envahi le bâtiment de la Législature du Michigan)[11]. Cette farce sinistre a été condamnée par l’évêque épiscopalien de Washington et d’autres religieux éminents, par l’amiral Mike Mullen, ancien chef d’état-major des armées, et surtout par James Mattis dans un article cinglant publié le lendemain, particulièrement intéressant : celui qui le signe est un général décoré des Marines, Ministre de la défense du gouvernement Trump de 2017 à 2019. Son résumé de la situation, véritable appel à la résistance, mérite d’être cité longuement[12].

Les manifestations paisibles s’étendent et s’amplifient. Des milliers de Blancs rejoignent les Noirs – dont Mitt Romney, le candidat Républicain contre Barack Obama en 2012. Dans ma petite ville, la cheffe de la police took a knee et les centaines de jeunes manifestant(e)s en colère devant le commissariat se sont calmé(e)s ;[13] Idem dans les villes voisines de Springfield (170 000 habitants), Easthampton (16 000) et Holyoke : dans cette ville post-industrielle[14], les organisatrices, deux Latinas, ont expliqué aux manifestants comment rester en colère, mais sans violences. On scande : « George can’t breathe, so we scream ! »[15] Fait extraordinaire, le chef de la police a demandé aux organisatrices s’il pouvait participer à la marche vers le poste de police. Ensuite, il a distribué aux manifestants quelques boîtes de masques. À un moment donné, toute la foule took a knee, observant, genou à terre, un silence de 8 minutes 46 secondes, le temps qu’a duré l’agonie de George Floyd. Une des organisatrices a fait part d’une liste de revendications au service de la police. Pas de confrontation. Scènes semblables dans l’État voisin du Connecticut, où le gouverneur déclare fièrement :« It’s the Connecticut way. »[16] Dans le New Hampshire, notre voisin au nord, le gouverneur annonce qu’il a toujours autorisé les manifestations, même quand elles étaient dirigées contre lui. De l’autre côté du pays, à San Francisco, mes petits-enfants, Jakob (15 ans) et Ayva (17 ans), ont participé à leur première manifestation, organisée par une lycéenne latina de leur quartier âgée elle aussi de 17 ans. Entre 20 et 30 000 personnes selon les médias, très jeunes pour la plupart. « C’était paisible et joyeux », dit Ayva.

Pour le moment, ces manifestations nombreuses et massives semblent efficaces.

D’abord un petit événement qui a pourtant une place significative dans cette « guerre des cultures » très américaine. Le 5 juin, après que des joueurs vedettes de la NFL eurent produit un montage vidéo demandant à la Ligue de s’attaquer au racisme systémique[17], le commissaire de la NFL, Roger Goodell, a déclaré qu’il s’excusait de ne pas avoir écouté les préoccupations des joueurs afro-américains et qu’il soutenait leur droit de protester pacifiquement. Trump, comme d’habitude, s’est mis à tweeter sa rengaine d’il y un an : qu’il était irrespectueux de s’agenouiller pendant l’hymne national, que c’était un manque de respect envers le drapeau. Le drapeau, la Bible dans sa séance photo – des symboles forts dans la « guerre des cultures », le foot américain aussi. En 2018, beaucoup de spectateurs avaient hué Kaepernick et ses camarades ; le quarterback n’a pas eu de contrat l’année suivante. Trump avait gagné, semblait-il. Et voilà maintenant que le commissaire Goodell, dont la position dépend des richissimes propriétaires des équipes de la Ligue, déclare, en réponse au président, que la NFL encourageait (!) les footballeurs à parler pour dénoncer l’injustice.

Les policiers responsables du meurtre de George Floyd ont tous été inculpés maintenant et Derek Chauvin, le flic assassin, attend son procès en prison. Le chef de la police de Louisville a été licencié : après le cas Breonna Taylor, des policiers ont tué David McAtee, un manifestant qui tenait un stand de barbecue. Des enquêtes sont en cours sur les meurtres de McAtee et de Breonna Taylor. Certaines villes mettent rapidement en place des mesures pour réformer leur police, y compris Louisville, qui a suspendu l’utilisation des mandats « sans toc »[18]. Des changements de pensée et de comportement impensables hier se produisent maintenant, et rapidement. Il y a une forte pression sur les villes pour qu’elles transfèrent une partie importante des fonds affectés à la police dans les services sociaux. C’est à peu près ce qui vient d’arriver dans ma ville de Northampton. Et le conseil municipal de Minneapolis vient de promettre qu’il démantèlera le département de la police pour créer une institution nouvelle au service de la communauté.

La partie n’est pas gagnée, loin de là. Le racisme a des racines profondes dans le pays, Trump, dont l’instinct est de réprimer durement et violemment, est toujours soutenu par sa « base » fanatique. Robert Reich résume bien la situation actuelle : « L’histoire nous enseigne que les protestations de masse contre l’oppression peuvent conduire soit à la libération, soit à une répression brutale. »

Bien que le taux d’approbation de Trump soit au plus bas, l’angoisse monte. Voter pendant une pandémie n’est pas évident et pour Trump, pas question de voter par correspondance. Les experts craignent l’ingérence russe : campagne de désinformation sur les médias sociaux, piratage des machines de vote électroniques. Une journaliste sérieuse19 a même posé la question, aussi impensable hier que les changements positifs mentionnés plus haut : « Serons-nous libres de voter ? »

David BALL

Notes
1. Michael Cohen, chroniqueur au Boston Globe. À ne pas confondre avec son homonyme, l’un des malfrats au service de Trump qui a plaidé coupable de divers chefs d’inculpation, y compris de mensonge au FBI. Condamné à trois ans de prison, il a été libéré par William Barr, l’Attorney General (Garde des Sceaux) nommé par Trump et qui semble de plus en plus son avocat personnel plutôt que le ministre de la Justice.
2. Le pays est devenu « un navire à cinquante gouvernails dont le capitaine dort ou a abdiqué. » – John Cassidy, The New Yorker.
3. Idéologue fasciste, proche de Franco.
4. Voir « Les États-Unis en Noir et Blanc », RP, septembre 2014.
5. Le compagnon de Breonna, pensant qu’ils étaient des cambrioleurs, leur a tiré dessus. C’était suffisant pour le procureur. Aucune action en justice n’a été entreprise.
6. Cela s’est passé en plein jour et son agonie a duré presque 9 minutes. Si mes sources sont exactes, celle d’Adama Traoré a duré huit minutes aussi,mais personne ne l’a filmée.
7. Dans son discours « L’autre Amérique.
8. Plus concis dans l’original : “A riot is the language of the unheard.”
9. Littéralement (mais le rythme et la rime sont perdus) : « Pas d’équipement anti-émeute / Y a pas d’émeute ici. »
10. National Football League.
11. On songe aussi à sa sympathie il y a deux ans pour les Nazis qui avaient envahi Charlottesville, qualifiés de « braves gens».
12. James Mattis : «  J’ai suivi les événements de cette semaine, en colère, consterné. Les mots Equal Justice Under Law sont gravés sur le fronton de la Cour suprême des États-Unis. C’est précisément ce que les manifestants réclament. C’est une demande saine et unificatrice. Nous ne devons pas nous laisser distraire par un petit nombre de contrevenants. Les protestations sont définies par des dizaines de milliers de personnes de conscience qui exigent que nous soyons à la hauteur de nos valeurs. Lorsque j’ai rejoint les forces armées j’ai fait le serment de soutenir et de défendre la Constitution. Jamais je n’aurais pu imaginer que des militaires prêtant ce même serment se voient ordonner de violer les droits constitutionnels de leurs concitoyens – et encore moins d’offrir une séance de photos bizarre au commandant en chef élu, avec les dirigeants militaires à ses côtés. Nous devons rejeter toute idée que nos villes sont un « espace de combat » que nos militaires en uniforme sont appelés à « dominer ». [Battlespace, mot de l’actuel ministre de la Défense ; dominate, de Trump. Mattis rappelle ensuite que la devise américaine In unity, there is strength – la force est dans l’union – fut citée aux troupes américaines avant le débarquement en Normandie et il continue dans cette veine. – DB.] Nous devons faire appel à cette unité pour surmonter cette crise. Donald Trump est le premier président de mon vivant qui n’essaie pas d’unir le peuple américain – il ne prétend même pas essayer. Ce qu’il veut, c’est nous diviser. (. . .) Nous pouvons nous unir sans lui, en nous appuyant sur les forces vives de notre société civile. Ce ne sera pas facile, comme ces derniers jours l’ont montré, mais nous le devons à nos concitoyens, aux générations passées qui ont versé leur sang pour défendre nos valeurs, et à nos enfants. »
13. Trois jours plus tard, 4 500 manifestants ont rempli le centre-ville. Beaucoup de lycéens de la ville et des jeunes des villes voisines pour la plupart. Des voitures de police, y compris la police de l’État (state troopers) étaient présents mais discrètement, loin du centre. Leur présence a été quand même vertement critiquée par les protestataires après coup. La ville a acquis une célébrité dont elle serait bien passée peu après : un lieutenant de la police avait dit que si un seul hamburger pourri était servi à MacDonald, on ne fermerait pas le restaurant pour autant. En rapportant ce propos, un satiriste à la télé a ajouté que ça vaudrait certainement une inspection des services de santé et que s’il y en avait beaucoup, des burgers pourris, le restaurant serait bel et bien fermé.
14. Voir le dernier numéro de La RP.
15 « George ne peut pas respirer, alors on crie ! »
16. « C’est comme ça qu’on fait dans le Connecticut. »
17. Bien que 68% des joueurs dans la National Football League soient noirs, il n’y a que cinq entraîneurs (coaches) noirs parmi les 32 équipes de la ligue. Le rôle du coach est plus important dans le football américain que celui d’entraîneur dans le football mondial. On attribue le succès éclatant des New England Patriots pendant cette décennie autant à son coach qu’à son quarterback, la position la plus importante de l’équipe.
18. Le mandat « sans toc » donne aux policiers le droit d’entrer sans frapper et sans porter leur uniforme.
19. Sue Halpern, qui couvre la Maison Blanche pour le New Yorker.

Northampton, le 6 juin

À droite : DON’T LOOK AWAY (Ne détourne pas les yeux) ; en bas, à gauche : No justice no peace. Defund the police. (Pas de justice, pas de paix. Coupez les fonds de la police.) [Photo Nicole Ball]

La Commune (film muet, 1914)

juillet 16, 2020 by

En 1914, la société de production coopérative Le Cinéma du Peuple réalise ce film qui reconstitue quelques épisodes de la Commune de Paris. Les derniers plans du film sont documentaires : un groupe de l’Asso­ciation fraternelle des anciens combat­tants de la Commune sont réunis devant le Louvre, sont reconnaissables Zéphirin Camélinat, Jean Allemane, Nathalie Lemel.

Film restauré en 1995 d’après un négatif issu des collections de la Cinémathèque française. Le générique et les intertitres ont été reconstitués avec le concours de l’historien Nicolas Offenstadt.

Rassemblement en soutien à Anthony Smith

juillet 12, 2020 by

Mardi 21 juillet 2020 :

Rassemblement à Paris – 12h30 devant la DRH (14, avenue Duquesne Paris VIIe)

en soutien à Anthony convoqué en conseil de discipline

Tract des organisations syndicales du ministère du Travail:

Pages de Tract CAP 21 juillet 2020 interOS

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Plus d’infos dans le dernier numéro de La RP et sur le site https://soutienanthonysmith.fr.

Anton Pannekoek

juillet 12, 2020 by

Article de Paul Mattick dans La R.P. N°472 (mai 1962):

pannekoek-larevolutionproletarienne

Voir aussi:

Dossier : La crise sanitaire

juillet 8, 2020 by

Nous avons regroupé sur ce sujet les posts du blog, principalement informatifs et issus du monde syndical, sur la période de mars à mai 2020 en un pdf d’une cinquantaine de pages, en complément du N°809 qui propose plusieurs analyses :

0-couv

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La Révolution prolétarienne N°809

juillet 1, 2020 by

Le numéro de juin-juillet est imprimé et va être routé dans la semaine. Il est principalement diffusé par abonnement (23 €/an) avec quelques petits dépôts en librairies à Paris et Marseille.

Au sommaire:

  •  Une épidémie sous capitalisme (éditorial)
  • L’affaire Anthony Smith : chronique d’une suspension
  • Entretien sur la crise sanitaire en Espagne avec Sandra Iriarte
  • Capitalisme et Syndicalisme sont-ils solubles dans la pandémie ? (Ronan, CGT Morbihan)
  • Les vieilles coutumes du nouveau capitalisme de plateforme (Julian Tylbor). Le nouveau monde des plateformes numériques regarde avec nostalgie les rapports de travail du XIXe siècle et tente de les imiter. Bien évidemment, cela ne va pas sans résistances. Dans cette note, nous analysons les cas d’Amazon et de Rappi.
  • Les affects du syndicalisme (Sarra Sebaoui)
  • Humains et Non-humains (Jacques Demorgon). La pandémie de la Covid-19 s’inscrit dans un cycle de nouvelles pandémies virales spécifiques…
  • Le darwinisme social (extraits d’Émile Gautier)
  • Morceaux choisis : Philippe Lançon, Le lambeau. Robert Kurz, Vies et mort du capitalisme – Chroniques de la crise
  • Livres : Alessia J. Magliacane, Rosa, Lénine et la Révolution | Wobblies. Un siècle d’agitation sociale et culturelle aux États-Unis, bande dessinée coordonnée par Paul
    Buhle & Nicole Schulman |Moi, Clément Duval anarchiste & bagnard
  • Une histoire de la Libre pensée (Quentin Dauphiné)
  • 60 ans après le serment de Vincennes, que reste-t-il de la bataille laïque pour l’école ? (Benoît Kermoal)
  • Revues : Chroniques Noir et Rouge N°1 | Autogestion N°3
  • Bonnes pages : Le convive de pierre de la critique sociale (Anselm Jappe). Décédé en 2012 à Nuremberg à l’âge de 68 ans, le théoricien marxiste allemand Robert Kurz reste encore méconnu en France malgré la traduction de plusieurs de ses livres. Du dernier en date, La substance du capital (L’échappée, 2019), nous reproduisons, avec l’aimable accord de l’auteur et de son éditeur, les  premières pages de la préface d’Anselm Jappe…
  • Dernières nouvelles de la confusion (X.C.)
  • Lettre d’Amérique : Pandémie, racisme… et Trump (David Ball)
  • Brève : De la promotion commerciale de l’antisémitisme. Archives : Albert Memmi. Nos amis publient : Des brebis noires créent les syndicats SUD. Sur notre blog. Souscription permanente…

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On nous a signalé quelques retards ou défauts de diffusion pendant le confinement, surtout pour des envois exceptionnels hors abonnement. Un-e- abonné-e qui ne reçoit plus la revue a peut-être oublié de nous signaler son déménagement ou de régler son abonnement depuis longtemps. Nous ne garantissons pas que les nouveaux abonnements puissent partir du numéro en cours car nous avons très peu de stock et les envois hors routage coûtent cher. Si le stock est épuisé nous commençons le nouvel abonnement au numéro suivant. Les syndicats peuvent recevoir un numéro gratuit sur demande (au routage suivant). Les librairies intéressées par un dépôt nous le disent en écrivant à redactionrp@gmail.com. Nous remercions les camarades syndicalistes qui nous ont trouvé une solution d’impression pour ce numéro que nous n’étions pas sûrs de pouvoir publier jusque fin mai, tout particulièrement Christian.

Riposte syndicale

juillet 1, 2020 by

Bulletin d’information du groupe de travail  » Ripostes syndicales face à l’extrême-droite  » de l’union syndicale Solidaires :

couv de Riposte syndicale - juin 2020

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