Un grand petit livre : Les couleurs troubles de l’enfance

septembre 30, 2022 by

Note de lecture parue dans La RP n°816 (mars 2022):

(cliquer sur l’image pour ouvrir le pdf)

Iran : Le meurtre brutal de Mahsa (Jina) Amini et le harcèlement et l’oppression des femmes sont condamnés

septembre 21, 2022 by

Le meurtre odieux de Mahsa (Jina Amini), une femme de 22 ans, a provoqué une profonde colère et un profond dégoût parmi les gens à travers le pays.
Le Syndicat des travailleurs de la compagnie de bus de Téhéran et de la banlieue condamne fermement ce crime et exige des poursuites, un procès public et la punition de tous les responsables du meurtre de Mahsa Amini.

La « Ershad (Guidance) Patrol » et d’autres forces répressives du gouvernement, qui un jour persécutent les filles, les femmes et les jeunes dans les rues et les centres de détention, le lendemain lancent des gaz lacrymogènes sur les familles inquiètes, un autre jour arrêtent et emprisonnent les travailleurs, les enseignants et les étudiants protestataires et leurs familles ; oui, toutes ces forces répressives et leurs dirigeants doivent être tenus responsables de leurs crimes et de leurs actions répressives.

La liberté d’expression et de vêtements, ainsi que le droit à l’éducation, à l’emploi, au divorce et à la participation à des activités sociales doivent être les pleins droits de tous les habitants du pays, hommes et femmes, et de tout autre groupe social en Iran. La violation systématique et violente des droits des femmes a conduit à l’élargissement de la haine publique envers les forces oppressives au pouvoir. La discrimination structurelle, institutionnalisée et patriarcale à l’égard des filles et des femmes dans le pays doit cesser.

Le mouvement syndical et les organisations de travailleurs indépendants sont de fervents défenseurs de l’égalité entre les hommes et les femmes et s’opposent à l’imposition de tout hijab forcé et obligatoire et d’autres injustices et discriminations contre les femmes et les personnes opprimées en Iran. En tant que travailleuses, travailleurs et personnes démunies qui constituent la majorité absolue de la population du pays, nous devons protester aussi fort que possible contre cette oppression et exiger justice pour Mahsa (Jina) Amini et toutes les autres victimes de politiques misogynes et discriminatoires, qui ont été réprimées criminellement et brutalement par diverses forces de sécurité et de renseignement de l’establishment au pouvoir.

Le Syndicat des travailleurs de la compagnie de bus de Téhéran et de la banlieue condamne une fois de plus fermement le meurtre brutal de Mahsa (Jina) Amini et exprime ses sincères condoléances à la famille endeuillée de cet être cher et partage son chagrin et son empathie et se tient face à la colère et aux protestations écrasantes du peuple de Saghez[*] et de tout le pays.

Que la mémoire de Mahsa (Jina) Amini soit chérie !

Honte éternelle aux assassins de Mahsa !

Syndicat des travailleurs de la Compagnie de bus de Téhéran et de la banlieue (Vahed)

17 septembre 2022

Traduit du farsi par nos amis du Réseau syndical international de solidarité et de luttes

[*] Saghez, ou Saqqez, est la ville du Kurdistan iranien d’où venait Mahsa Amini et où ont eu lieu les premières manifestations contre son meurtre. [NDLR]

Deuxième convoi syndical en Ukraine

septembre 18, 2022 by

D’ici la fin du mois de septembre, le Réseau syndical international de solidarité et de luttes (RSISL) conduira un deuxième convoi syndical de solidarité aux travailleurs et travailleuses d’Ukraine.

Un premier convoi syndical de solidarité aux travailleurs et travailleuses d’Ukraine, organisé par le Réseau syndical international de solidarité et de luttes, avec des délégations du Brésil, de France, d’Italie, de Lituanie et de Pologne, a eu lieu du 29 avril au 2 mai. Le destinataire du matériel et de l’argent récoltés était le Syndicat indépendant des mineurs (qui réunit également les travailleurs de la sidérurgie et de l’industrie métallurgique) de la ville de Kryvyi Rih. L’organisation Sotsialny Rukh (Mouvement Social) nous a aidés à organiser le convoi et les rencontres sur place.

Selon les recommandations des membres de la résistance ouvrière de Kryvyi Rih, le convoi a donné la priorité à l’acheminement de produits de première nécessité pour les réfugié∙es internes des zones occupées et de la ligne de front, tels que des aliments pour bébés, des plats préparés et de la nourriture de survie non périssable.

Un deuxième lot de marchandises était constitué d’équipements techniques nécessaires dans les zones de la ligne de front et les territoires libérés de l’occupation : groupes électrogènes diesel, batteries, batteries externes, batteries solaires, boîtes à outils, vêtements de travail, sacs de couchage, gants et autres articles indispensables en cas de situation critique de pénurie de nourriture, d’électricité ou de chauffage.

La décision d’envoyer le 2e convoi du Réseau syndical international de solidarité et de luttes en Ukraine a été prise à la suite d’échanges avec des syndicalistes et des militants ukrainiens. Il s’agit de renforcer la résistance de la classe ouvrière contre l’invasion impérialiste russe et les réformes antisyndicales et antisociales du gouvernement ukrainien pendant la guerre.

Combattre les attaques contre les droits des travailleurs et travailleuses commises sous couvert de la guerre

Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur les changements apportés au droit du travail en Ukraine. Les principaux faits et menaces sont les suivants : 

  • Des tentatives de dérégulation du travail avaient déjà été entreprises en 2019 et 2021, mais ont été reportées en raison de l’opposition des syndicats.
  • Depuis mars 2022, elles sont réapparues à l’agenda du gouvernement, « justifiées » par la nécessité d’adopter des mesures spéciales en temps de guerre. La loi martiale rend difficile toute protestation et résistance aux nouvelles conditions.
  • Le 23 mars, la loi scélérate 2136 a été votée au parlement. Elle permet aux employeurs de licencier des travailleurs et d’étendre leur semaine de travail de 40 à 60 heures, sans aucune consultation des syndicats.
  • En vertu du projet de loi 5371 (devenu la loi 2423), les travailleurs des entreprises de moins de 250 salariés – soit environ 70 % de la main-d’œuvre – pourraient perdre leurs garanties en matière de temps de travail et de protection contre les licenciements.
  • En juillet, le Parlement a adopté une loi autorisant les employeurs à cesser de payer les travailleurs qui ont été enrôlés dans l’armée ou se sont portés volontaires.
  • Le 6 août, le président Volodymyr Zelensky a signé une nouvelle loi autorisant les contrats « zéro heure », qui prive les travailleurs de la garantie d’un temps de travail minimum ou maximum et les expose encore davantage à la menace de ne pas pouvoir gagner leur vie, faute de travail suffisant.

Nous demandons le retrait des récentes modifications du droit du travail en Ukraine et le renforcement des droits et du pouvoir des travailleurs, car ils sont la colonne vertébrale  de la guerre. C’est dans ce contexte alarmant que nous devons affirmer la solidarité mondiale de la classe ouvrière. Nos frères et sœurs d’Ukraine, malgré leurs ressources limitées, luttent pour maintenir la résistance à la fois à l’impérialisme russe et aux réformes antisociales du gouvernement ukrainien.

Organisation logistique / Solidarité financière

Selon les rapports du syndicat indépendant des mineurs de la ville de Kryvyi Rikh, les besoins en équipements techniques et médicaux sont encore criants, la priorité sera donc donnée à l’acheminement de ce type de matériel lors du 2e convoi syndical du RSISL.

Les achats et le transport sont coordonnés par le syndicat polonais Inicjatywa Pracownicza (Initiative des travailleurs).

Comment participer ?

En France, l’association « Convoi syndical » qui a participé à de nombreuses actions de solidarité héberge nos dons. Les syndicats, sections syndicales, syndicalistes, travailleurs et travailleuses peuvent :

→ faire un chèque à l’ordre de « Convoi syndical » et l’envoyer à Solidaires, 31 rue de la Grange aux belles, 75010 Paris (en indiquant « convois syndicaux » sur l’enveloppe)
ou
→ effectuer un virement sur le compte du Convoi syndical : FR12 2004 1000 0127 9649 6A02 006 – PSSTFRPPPAR. La Banque postale Centre financier Paris.

Sinon, effectuer un virement directement sur le compte bancaire du syndicat Inicjatywa Pracownicza (Initiative des travailleurs) :
OZZ Inicjatywa Pracownicza
Volkswagen Bank direct
Rondo ONZ 1 00-124 Warszawa, woj. Mazowieckie, Polska
Code BIC/SWIFT : INGBPLPW
IBAN : PL88 2130 0004 2001 0577 6570 0001
TITRE : Donation au convoi syndical / Donation au convoi syndical d’aide aux travailleurs

Les montants reçus seront communiqués, ainsi que l’ensemble des travaux réalisés par le 2e convoi du Réseau syndical international de solidarité et de luttes. 

La Révolution prolétarienne N° 818

septembre 14, 2022 by

Au sommaire de notre numéro de septembre 2022 :

  • Luttes nécessaires (éditorial, S.J.)
  • le 25° congrès de FO : l’unité et après ? (Michel Kerling)
  • Les publicités dans les publications de la CGT (Michel T. et Baptiste)
  • Criminalisation des luttes en Italie (S.J.)
  • Le syndicalisme face à l’extrême droite (Pierre Loinod)
  • Brèves : Contre le maharaja, la solidarité interprofessionnelle | Rassemblement intersyndical à Genève contre la répression en Iran
  • Grève reconductible ! Les travailleurs sans-papiers la font
  • Le syndicalisme dans la guerre en Ukraine (Christian Mahieux et Julien Troccaz)
  • Devant la double besogne des camarades ukrainien·ne·s, solidarité ! (Daniel Guerrier)
  • La guerre d’agression impérialiste de la Russie (Ashley Smith, suivi d’un extrait de Timofeï Sergueïtsev, traduction Miguel Chueca)
  • Simone Weil, le syndicalisme et La Révolution prolétarienne (Charles Jacquier), suivi d’un extrait de Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale et d’une recension du livre par Daniel Boitier.
  • La classe ouvrière n’est pas d’acier (collectif slovaque Karmina), suivi de l’extrait Au Brésil : L’autodiscipline dans la lutte contre la pandémie (João Bernardo)
  • Revues : Quel Sport ? n°37-38 (L.S.)
  • Géopolitique des axes de pouvoir (Jacques Demorgon)
  • Livres : Jean Jacques, Luttes sociales au temps des corporations (C.J.); Alain Testart, Les chasseurs-cueilleurs ou l’origine des inégalités (S.J.); Mohammed Harbi, L’autogestion en Algérie. Une autre révolution ? (Christian Mahieux); Jean-Marie Brohm, Le Mythe olympique (C.J.); Andreï Kourkov, Les abeilles grises (François Roux)
  • Nos amis publient : La Bataille du salaire féminin
  • La France, une puissance coloniale du 21ème siècle : la preuve par dix (Christian Mahieux, suivi d’un extrait de C’est quoi le colonialisme aujourd’hui ?)
  • Extraits d’un entretien avec Xavier Crépin, traducteur de Racecraft
  • Les Indélicats : une explosion très politique de talents (Pascale Brun)
  • Lettre d’Amérique : Syndicats : la lutte continue. Démocratie : menace accrue. Épidémie : criminels impunis.
  • Morceaux choisis : Paul-Louis Landsberg; Catherine Liu; Cornélius Castoriadis; Günther Anders; Ander Berrojalbiz, Séverine Deneuil et Javier Rodriguez Hidalgo

L’abonnement est toujours de 23€ par an.

Kanaky : le syndicalisme pour l’indépendance, contre le colonialisme

août 17, 2022 by

Le 12 décembre dernier, avait lieu la 3ème consultation prévue par l’Accord de Nouméa. L’Etat français a imposé la date, malgré la situation sanitaire et la période de deuil ; en dépit aussi, de l’engagement qu’il avait pris de l’organiser après les élections présidentielles et législatives françaises. Les mouvements Kanak et anticoloniaux s’étaient rassemblées dans un Comité stratégique des indépendantistes de non-participation. Comme le relevait le collectif Solidarité Kanaky1 dès le résultat connu : « Tout le monde savait depuis des semaines que la population Kanak, la première concernée, n’y participerait pas. C’est ce qui s’est passé : globalement, le taux de participation a chuté de moitié, passant de 85,69% à 43,9% ; dans la province des Îles, il est de 4,5%, dans celle du Nord de 16,6%. Dans ces conditions, les 96,5% de Non à l’indépendance n’ont guère de sens. Cela n’a pas empêché Macron, dans son discours d’après referendum, de présenter cela comme “le choix de la population de Nouvelle-Calédonie”. »

L’Etat français poursuit dans cette voie : « La militante pro-Nouvelle-Calédonie française, présidente de la Province Sud, est nommé secrétaire d’Etat à la citoyenneté : une provocation ! Fâché que le Forum du Pacifique des 11 au 14 juillet 2022 ait émis “de sérieux doute sur la légitimité du résultat du référendum qui ne s’est pas tenu dans l’esprit de l’accord de Nouméa”, Gérald Darmanin a annulé le 17 juillet son déplacement prévu en Kanaky. A la place, le ministre a convoqué un comité des signataires de l’Accord de Nouméa en septembre à Paris “afin de clôturer le cycle des référendums et d’engager les discussions sur l’avenir de l’archipel au sein de la République française”. »2 Face à cela, l’unité des indépendantistes se renforce. Le Comité stratégique des indépendantistes (CSI) regroupe le FLNKS (Front de libération national kanak et socialiste), le Parti travailliste (PT), le Mouvement nationaliste pour la souveraineté de Kanaky (MNSK), la Dynamique unitaire Sud (DUS), l’Union syndicale des travailleurs kanak et des exploités (USTKE), la Confédération nationale des travailleurs du Pacifique (CNTP), le Front de luttes sociales (FLS). L’intégration des « mouvements et forces vives indépendantistes » au sein du FLNKS est à l’ordre du jour d’un congrès extraordinaire du Front, prévu le 17 septembre. Syndicalistes révolutionnaires, nous notons la participation de deux organisations syndicales (USTKE et CNTP) à ce processus anticolonial. Nous savons aussi les dangers d’une intégration des mouvements syndicaux, des mouvements sociaux, au sein de fronts destinés à diriger des pays ; l’émancipation sociale, l’autonomie et les intérêts de notre classe sociale sont trop souvent mis de côté. Mais il est évident qu’en Kanaky, le syndicalisme ne peut se contenter de défendre « la classe ouvrière », ce serait nier le fait colonial, gommer un pan complet de la population, oublier l’héritage anticolonial des syndicalistes et notamment de La Révolution prolétarienne. « Usines, tribus, même combat », « Union des travailleurs Kanak et des exploités » : c’est juste.

Christian Mahieux

1 www.solidaritekanaky.fr En sont membres : Mouvement des Jeunes Kanak en France, Union Syndicale des Travailleurs Kanak et des Exploités (en France), Union syndicale Solidaires, Confédération Nationale du Travail, Sindicatu di i Travagliadori Corsi, Ensemble !, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti des Indigènes de la République, Parti Communiste des Ouvriers de France, Union Communiste Libertaire, Ni guerre ni Etat de guerre, Association Survie, Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s.

2 Extrait du bulletin n°14 du collectif Solidarité Kanaky, août 2022.

L’arme à gauche : des révolutionnaires dans la guerre

août 10, 2022 by

« Je souhaitais que les militants ukrainiens engagés dans la guerre aient la possibilité de répondre aux questions et critiques qui sont souvent formulées par la gauche en Europe ».

Enguerran Carrier a réalisé L’arme à gauche : 23 minutes de témoignages de militants d’Ukraine et de Biélorussie, qui expliquent leur engagement dans la résistance ukrainienne. Fort utile. Il est aussi l’auteur de Kurdistan : il était une fois la révolution, à paraitre aux éditions Syllepse. Les Brigades éditoriales de solidarité l’ont interviewé.

Pour réaliser ce reportage, tu t‘es rendu en Ukraine. Peux-tu nous parler de ce voyage et de ton séjour là-bas, et nous dire deux mots sur ton itinéraire personnel, ce qui t’a amené là-bas ?

Je suis lié de plus ou moins près à l’Ukraine depuis une bonne quinzaine d’années. Liens affectifs, amicaux, politiques qui m’ont amené à apprendre l’ukrainien. Le mouvement du Maïdan avait déjà révélé, en France, à quel point l’Ukraine était méconnue : les médias, les militants avaient souvent une lecture binaire et caricaturale des évènements (révolution civique vs coup d’État fasciste) car ne disposant pas de connaissances minimales sur le pays. J’ai également combattu dans les rangs des YPG entre 2015 et 2018.

Lorsque la Russie a envahi l’Ukraine, il était inconcevable de rester en spectateur passif. J’ai cherché des moyens d’agir positivement, ne souhaitant pas combattre moi-même, et l’occasion m’a été donnée, un peu par hasard, de partir en tant que journaliste indépendant sur place.

Peux-tu nous présenter les personnes que tu as interrogées dans cette vidéo ?

J’ai d’abord rencontré des membres de l’organisation anarchiste le « Drapeau noir » (Чорний Стяг), de Lviv. Il s’agit de Dmytro et Anton, qui ont fait le choix de rejoindre la Défense territoriale à l’époque où une attaque russe semblait imminente sur la ville. Il ont été rejoints, dans leur unité, par Taras Bilous, l’un des dirigeants du « Mouvement social » (Соціальний Рух) que vous connaissez bien. D’autres anarchistes ont fait le choix de créer une unité spécifique dans la Défense territoriale. Celle-ci est composée principalement de militants russes, biélorusses et de nombreux autres pays. Précisons en passant que l’unité ne se revendique pas comme anarchiste, contrairement à ce qui a pu courir sur le web, même si les anarchistes en forment le contingent le plus important (environ 2/3). C’est ici que j’ai rencontré le militant biélorusse dont le visage et le nom ont déjà été révélés dans la presse de son pays d’origine.

Il m’a semblé capital de donner la parole à un représentant de la classe ouvrière ukrainienne. J’ai ainsi rencontré Iouri Samoïlov, militant chevronné dont l’expérience force le respect, et membre du « Mouvement social ». Ancien mineur, celui-ci a milité dans des syndicats libres depuis les années 1990, ce qui lui a notamment valu de voir sa tête mise à prix par un oligarque notoire. Je ne désespère pas qu’il prenne un jour la plume et écrive ses Mémoires !

Enfin, je tiens à souligner que l’absence de femmes dans le film n’est en aucun cas due à une négligence. Mais, lors de mon séjour, je n’ai pas rencontré de femme militante combattante acceptant de parler face caméra. C’est regrettable, mais révélateur : il existe une division genrée des tâches jusque dans la guerre et l’armée ukrainienne ; ce n’est pas les YPG-YPJ.

Les personnes que tu as interrogées ont des orientations politiques fortement marquées « à gauche », pourquoi ce choix ?

D’abord, parce que celles-ci sont absentes des médias qui, comme à l’accoutumée, privilégient l’émotionnel et le spectaculaire au détriment du politique et de l’explicatif. On peut comprendre que les médias mainstream n’ait que peu d’intérêt pour cette poignée de militants, que le sujet ne soit guère vendeur. Mais certains médias de gauche, qui cherchent souvent à rendre l’Ukraine coresponsable de cette guerre, taisent volontairement leur existence. L’Humanité a, par exemple, rencontré Taras Bilous. Mais, ses déclarations ne collant à la ligne de ce journal, son interview n’a tout simplement pas été publiée.

Ensuite, des photos avaient commencé à circuler sur une mystérieuse unité anarchiste. Je sais d’expérience que les photos diffusées sur les réseaux sociaux en temps de guerre sont souvent trompeuses. De combien d’unités fictives n’a-t-on pas entendu parler au Rojava ! Je voulais donc voir quelle était la réalité de cette unité, quelle était la place des révolutionnaires, toutes tendances confondues, dans cette guerre.

Enfin, je souhaitais que les militants ukrainiens engagés dans la guerre aient la possibilité de répondre aux questions et critiques qui sont souvent formulées par la gauche en Europe.

Plusieurs d’entre eux se réfèrent au mouvement anarchiste, libertaire ; d’autres qu’on appellerait ici « communistes révolutionnaires », certains ont plutôt une pratique syndicaliste. Que disent-ils du soutien international réel de ces différents courants ?

Les anarchistes sont globalement satisfaits du soutien qui leur est apporté. Il faut dire que les photos de « l’unité anarchiste » ont beaucoup circulé et ont suscité la sympathie de beaucoup d’anarchistes. D’autant que certains jouent habilement de la légende de Nestor Makhno. Des anarchistes renvoient certes dos-à-dos « les néonazis ukrainiens » et la « Russie fasciste », mais cette tendance semble minoritaire, ou du moins est perçue comme telle en Ukraine.

Les « communistes révolutionnaires » (qui ne se définissent pas comme tels, vue la connotation du mot « communiste » en Ukraine) sont les plus critiques envers leurs organisations sœurs. Ils regrettent que nombre d’organisations socialistes, trotskystes ou autres reprennent régulièrement les arguments de la Russie dans une version plus ou moins édulcorée. La position du SWP britannique, notamment, qui appelle cyniquement à s’opposer aux livraisons d’armes à l’Ukraine pour que la guerre se termine au plus vite (au bénéfice de la Russie), suscite la colère. Il faut noter que les positions des socialistes révolutionnaires étrangers sont souvent perçues comme unanimement anti-ukrainiennes, ce qui n’est pas le cas. D’où l’importance, me semble-t-il, de maintenir ou d’établir des liens avec les organisations sur place et, surtout, de participer à des actions concrètes de solidarité.

Iouri Samoïlov m’a dit être content du soutien des organisations syndicales européennes avec lesquelles il est en contact (dont la CGT et Solidaires). Il regrette toutefois que les syndicats russes, à l’exception d’un syndicat d’enseignants, aient unanimement salué l’invasion russe ou, à tout le moins, aient observé un silence approbateur. Ce qui en dit long sur la prise en main des appareils syndicaux en Russie.

Tu as écrit un livre, Kurdistan : il était une fois la révolution, qui va être très prochainement publié. Quelles similitudes vois-tu entre ces deux combats, quelles différences aussi ?

Dans les deux cas, on peut dire qu’il s’agit de guerres défensives et « populaires », dans le sens où le soutien aux objectifs fixés y est très large. Le rejet de l’invasion russe fait à peu près consensus, y compris chez ceux que l’on taxait hier de « pro-russes ». Vouloir un rapprochement stratégique, culturel et « civilisationnel » avec la Russie et être annexés par la force, voir des villes rasées, des civils exécutés sommairement sont deux choses différentes. Le revirement des militants de Borot’ba, hier volontaires dans le Donbass, est significatif à cet égard.

Mais là s’arrête la comparaison. La guerre imposée au Rojava par l’ASL, Daech, le régime syrien et la Turquie l’a été suite à une révolution populaire et une insurrection armée. Il s’agissait de défendre des acquis révolutionnaires contre des acteurs le plus souvent « intra-étatiques » (à l’exception de la Turquie), contre son propre gouvernement. Dans le cas de l’Ukraine, nous avons affaire à un conflit inter-étatique dicté par les intérêts géostratégiques d’un « empire russe » en volonté. Il y a certes un agresseur et un agressé, un État monolithique contre un État pluriel, mais la guerre n’a pas été provoquée par une révolution sociale en Ukraine. La Russie souhaite conquérir un territoire, et non étouffer une révolution qui la menacerait dans son existence. Il est bon de rappeler que le système oligarchique, corrompu et mafieux en Ukraine n’a hélas que fort peu été ébranlé par le mouvement du Maïdan de 2013-2014.

Le représentant du syndicat des mineurs explique qu’après la guerre, après que les gens auront fait l’expérience de leur pouvoir d’agir, il y aura « un grand mouvement de contestation contre l’ordre établi ». De tes différentes conversations que tu as pu avoir en Ukraine, qu’en penses-tu ?

Cela est difficile à dire. Il existe une frustration certaine due au fait que les revendications de 2014 n’ont jamais été satisfaites. La classe politique est aussi corrompue qu’auparavant, les mafias opèrent toujours librement et le boom économique promis par les libéraux se fait attendre. Beaucoup nourrissaient nombre de griefs avant le 24 février, mais l’invasion russe a fait passer la soif de réformes sociales au second plan. Les critiques envers V. Zelensky et le personnel politique, les clans d’oligarques existent toujours, mais elles sont plus discrètes car nul ne souhaite donner d’arguments à l’ennemi dans ce qui est vécu comme une guerre existentielle.

Depuis 2014, les gouvernements ukrainiens ont d’ailleurs souvent utilisé la guerre pour détourner l’attention des éléments sociaux potentiellement déstabilisateurs (notamment l’extrême-droite). Pourtant, la volonté de changements sociaux est là, l’écart entre les richesses du pays et le niveau de vie saute aux yeux et la spéculation, qui pose de graves problèmes de ravitaillement, est de plus en plus insupportable. « On gagne la guerre, et ensuite on demandera des comptes » est une phrase que j’ai régulièrement entendue.

Donc oui, je crois que des changements radicaux seront inévitables. Reste à savoir s’ils se feront par en-haut ou par en-bas. V. Zelensky pourrait profiter de son autorité pour purger l’administration et l’économie des éléments « intermédiaires » les plus corrompus. Mais il est possible que les Ukrainiens reprennent le chemin de la rue, comme ils l’ont fait en 2013-2014, avec, cette fois, des armes dans les mains, l’expérience du combat et une rage proportionnelle au nombre de tués. Cependant, dans ce cas, je pense que ces revendications sociales seront justifiées, comme en 2014, par une rhétorique nationale et libérale (« libérer le marché » en virant des oligarques parasitaires et non patriotes). Mais rien n’est encore joué évidemment et il est assez vain de se livrer, pour le moment, à des conjectures sur un avenir plus qu’incertain.

Propos recueillis par Patrick Le Tréhondat et Christian Mahieux

Criminalisation des luttes en Italie

juillet 24, 2022 by

Mardi 19 juillet au matin, la police a arrêté et placé en résidence surveillée plusieurs syndicalistes SI-COBAS et USB du secteur de la logistique à Plaisance (Italie) pour des faits de grèves depuis 2014 que le parquet requalifie de façon criminalisante dans une ordonnance hallucinante de 350 pages. D’autres militants se seraient vus retirer leurs titres de séjour. Des perquisitions des locaux syndicaux ont complété l’opération. Une manif nationale a eu lieu à Plaisance samedi pour demander la libération immédiate des camarades : Aldo Milani, Mohamed Arafat, Carlo Pallavacini, Bruno Scagnelli, Roberto Montanari, Abed Issa et Mahmoud Elmoursi. Plaisance est une plateforme logistique importante (GLS, Amazon, FedEx-Tnt, Ikea, Leroy Merlin, etc) où les luttes ont apporté de nettes améliorations aux salarié-e-s. Le secteur logistique est effectivement conflictuel, il suffit de rappeler deux meurtres de grévistes : Abd El Salaam en 2016 devant les portes de GLS à Plaisance et d’Adil Belakhdim en 2021 devant l’entrepôt Lidl à Biandrate (cf. La RP n°814). Nous demandons la libération immédiate des camarades, leur exprimons notre solidarité, et suivrons attentivement avec nos camarades du Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes les suites de cette tentative de criminalisation des luttes syndicales d’un niveau habituellement réservé aux dictatures.

S.J.

Livres recensés dans La RP (2010-2022)

juillet 13, 2022 by

Abramson (Pierre-Luc), Mondes nouveaux et Nouveau Monde. C.J., RP n°787, 2014.

Akçam (Taner), Ordres de tuer – Arménie 1915. L.S., RP n°808, 2020.

Aler, Le Parti communiste français, 1920-1933. L.S., RP n°796, 2017.

Alvarez (I. D.) & Roca (J. M.), Abécédaire anarchiste d’urgence. L.S., RP n°798, 2017.

Balius (Jaime), Vers une nouvelle révolution. S.J., RP n°785, 2014

Bance (Pierre), Un autre futur pour le Kurdistan ? F.G., RP n°797, 2017.

Berkman (Alexandre), Le mythe bolchevik, Journal 1920-1922. S.J., RP n°798, 2017.

Béroud (Sophie) & Thibault (Martin), En luttes ! Les possibles d’un syndicalisme de contestation. M.C. RP n°816, 2022.

Berréby (Gérard) & Vaneigem (Raoul), Rien n’est fini, tout commence. L.S., RP n°793, 2016.

Birnbaum (Pierre), Léon Blum, un portrait, J.M., RP n°792, 2016.

Bonneff (Léon & Maurice), Les Métiers qui tuent. J.-K.P., RP n°808, 2020.

Boüet (Louis), Le syndicalisme dans l’enseignement. Q.D., RP n°814, 2021.

Boulouque (Sylvain), Julien Le Pen, un lutteur syndicaliste et libertaire. S.J., RP n°812, 2021.

Brodziak (Sylvie), Clemenceau sur tous les fronts. J.-K.P., RP n°781, 2013.

Bruyat (Jean), À l’assaut… du ciel. J.M., RP n°793, 2016.

Bryant (Louise), Six mois rouges en Russie. S.J., RP n°800, 2018.

Cafiero (Carlo), Abrégé du Capital de Karl Marx. RP n°817, 2022.

Cantale (Nadia) & Touret (Valérie), Naissance et consolidation de la république bourgeoise en France (1789-1914). L.S., RP n°798, 2017.

Casado Gil (Reyes), La transition en Rouge & Noir – CNT (1973-1980). C.M., RP n°817, 2022.

Chamoiseau (Patrick), Frères migrants. J.M., RP n°798, 2017.

Charb, Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes. S.J., RP n°789, 2015.

Charb, Paris Pontoise, Charlie-Hebdo 1992–2004, F.R., RP n°816, 2022.

Charbonnier (Denise), Lettre à mon fils Charb. F.R., RP n°815, 2021.

Chase (Malcom), Le chartisme. Aux origines du mouvement ouvrier britannique. N.D., RP n°785, 2014.

Chibber (Vivek), La théorie postcoloniale et le spectre du Capital. S.J., RP n°803, 2018. + entretien n°805.

Chuzeville (Julien), Fernand Loriot. L.S., RP 781, 2013. + entretien avec l’auteur, S.J., RP n°780

Chuzeville (Julien), Militants contre la guerre 1914-1918. S.J., RP n°784, 2014.

Chuzeville (Julien), Un court moment révolutionnaire. La création du Parti communiste en France (1915-1924). S.J., RP n°799, 2017.

Chuzeville (Julien), Léo Frankel, communard sans frontières. S.J., RP n°812, 2021.

Coco, Dessiner encore. F.R., RP n°815, 2021.

collectif, A.P. (Assemblées populaires). S.J., RP n°774, 2011

collectif, Se souvenir pour construire l’avenir. J.M., RP n°775, 2011.

collectif, De l’autogestion. théories et pratiques. J.M., RP n°781, 2013.

collectif, L’école aux colonies, les colonies à l’école. J.-K.P., RP n°783, 2013

collectif, Étrangers antifascistes à Marseille 1940-1944. C.J., RP n°790, 2015.

collectif, Bohemians – une histoire graphique des avant-gardes artistiques aux États-Unis. C.J., RP n°797, 2017.

collectif, États d’urgence – Photographie sociale et documentaire. L.S., RP n°797, 2017.

collectif, Catalogne 1936 -Syndicalisme et tentative de socialisation d’une économie en guerre. M.T., RP n°799, 2017.

collectif, Pistes zapatistes. L.S., RP n°802, 2018.

collectif, Le désir libertaire (Le surréalisme arabe à Paris 1973-1975). L.S., RP n°803, 2018.

collectif, Gustav Landauer, un anarchiste de l’envers. N.S.M., RP n°805, 2019.

collectif, Wobblies. Un siècle d’agitation sociale et culturelle aux États-Unis. RP n°809, 2020.

collectif, Histoire de la Libre Pensée. Q.D., RP n°809, 2020.

collectif, Avant la Sécu. Syndicalisme et Assurances sociales. M.T., RP n°811, 2020.

collectif, La Commune de Paris 1871. Les acteurs, l’événement, les lieux. S.J., RP n°812, 2021.

collectif, Bandits et brigands. L.S., RP n°813, 2021.

collectif, Nous vous écrivons depuis la Révolution. C.M., RP n°813, 2021.

collectif, Solidarité forever. S.J., RP n°814, 2021.

collectif, Histoire globale des socialismes, XIXe-XXIe siècle. P.L., RP n°815, 2021.

collectif, James Guillaume. L’émancipation par les savoirs. C.J., RP n°817, 2022.

collectif, Le piège américain. Les Dessous de l’affaire Alstom. J.-K.P., RP n°817, 2022.

Comité invisible, Maintenant. F.G., RP n°798, 2017.

Cortés (Sebastian), Antifascisme radical ? L.S., RP n°792, 2016.

Da Silva (Gérard), René Bothereau. S.J., RP n°813, 2021.

de la Casinière (Nicolas), Les prédateurs du béton. L.S., RP n°784, 2014

de la Casinière (Nicolas), Services publics à crédit. L.S., RP n°792, 2016.

Debry (Jean-Luc), Le cauchemar pavillonnaire. L.S., RP n°778, 2012.

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Dittmar (Gérald), Charles Longuet 1839-1903. J.-K.P., RP n°806, 2019.

Dobbs (Farrell), Rébellion Teamster. Q.D., RP n° 775, 2011.

Doff (Neel), Jours de famine et de détresse. L.S., RP n°799, 2017.

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Etchebéhère (Mika), Ma guerre d’Espagne à moi. C.J., RP n°790, 2015. + (rééd°) FR, RP n°817, 2022.

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Merouze (Franck), Les Jeannette. S.J., RP n°802, 2018.

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Moreau (Jean), Voyages… Y.L., RP n°795, 2016.

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Norton Cru (Jean), Témoins. F.R., RP n°817, 2022.

Oberlin (Denise) & Foussat (Nicole), Louise Michel, une femme debout. J.M., RP n°776, 2012.

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Pellegrin (Nicole), Voiles, Une histoire du Moyen Âge à Vatican II. J.M., RP n°802, 2018.

Péret (Benjamin), Dans la zone torride du Brésil (visites aux Indiens). S.J., RP n°794, 2016.

Pessis (Céline), Survivre et vivre. S.C., RP n°787, 2014.

Pfaff (Françoise), Nouveaux Entretiens avec Maryse Condé. J.-K.P., RP n°796, 2017.

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Piaget (Charles), On fabrique, on vend, on se paye. C.M., RP n°815, 2021.

Plumasseau (Jean), Au nom de la patrie. J.M., RP n°780, 2013.

Pouget (Émile), Le Sabotage. C.J., RP n°813, 2021.

Reclus (Élisée), Lettres à Clarisse. L.S., RP n°803, 2018.

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Romnée (Raphaël), Les Couleurs troubles de l’enfance. J.-K.P., RP n°816, 2022.

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Rubel (Maximilien), Karl Marx, essai de biographie intellectuelle. C.J., RP n°802, 2018.

Saïl (Mohamed), L’Étrange étranger, Écrits d’un anarchiste kabyle. Nico, RP n°814, 2021.

Saint-Fuscien (Emmanuel), Célestin Freinet. Un pédagogue en guerres. J.M., RP n°800, 2018.

Savorgnan de Brazza, Le rapport Brazza. Mission d’enquête du Congo : rapports et documents (1905-1907). J.-K.P., RP n°788, 2015.

Schwartz (Barthélémy), Benjamin Péret l’astre noir du surréalisme. L.S., RP n°795, 2016.

Sené (Nicolas), Derrière l’écran de la Révolution sociale. A.T., RP n°772, 2011.

Serge (Victor) & Séjourné (Laurette), Écris-moi à Mexico – correspondance inédite 1941-1942. C.J., RP n°804, 2019.

Serge (Victor), L’École du cynisme. S.J., RP n°807, 2019.

Sidi Moussa (Nedjib), La Fabrique du Musulman. S.J., RP n°797, 2017. + entretien avec l’auteur RP n°799 et 810.

Sidi Moussa (Nedjib), Algérie, une autre histoire de l’indépendance. S.J., RP n°805, 2019.

Singh (Bhagat), Pourquoi je suis athée. M.H.L., RP n°795, 2016.

Sirot (Stéphane), 1884 : des syndicats pour la République. Q.D., RP n°785, 2014.

Solidaires, L’amiante cancérogène sans seuil, une lutte d’aujourd’hui. RP n°813, 2021.

Soloweitschik (Leonty), Un prolétariat méconnu. J.-K.P., RP n°811, 2020.

Souvarine (Boris), La Contre-révolution en marche. Écrits politiques (1930-1934). M.C., RP n°813, 2021.

Souvarine (Boris), Cauchemar en URSS, Les procès de Moscou 1936–1938. F.R., RP n°816, 2022.

Spieler, Liberté. Liberté trahie. Faire et défaire des citoyens français. Guyane 1780-1880. J.M., RP n°795, 2016.

Steiner (Anne), Le Temps des révoltes. L.S., RP n°792, 2016.

Steiner (Anne), Les En-dehors. Anarchistes individualistes et illégalistes à la « belle époque ». L.S., RP n°806, 2019.

Syndicat CGT aide à domicile des Vosges. Des aides à domicile parlent de leur travail. M.T., RP n°805, 2019.

Testart (Alain), Art et religion de Chauvet à Lascaux, C.D., RP n°799, 2017.

Thibaudeaux (Patrice), L’Usine nuit et jour, journal d’un intérimaire. J.K.P., RP n°796, 2017.

Thuram (Lilian), Mes étoiles noires. J.-K.P., RP n°777, 2012.

Tillier (Bertrand), La Commune de Paris, révolution sans images ? P.Br., RP n°812, 2021.

Uceda (Ruben), Au cœur du rêve – Été et automne 1936. L.S., RP n°800, 2018.

Vaissié (Cécile), Les Réseaux du Kremlin en France, J.-K.P., RP n°801, 2018

Verhas (Pierre), Histoire de l’Observatoire Royal de Belgique. J.M., RP n°789, 2015.

Vigilance et initiatives syndicales antifascistes (VISA), Lumière sur mairies brunes. L.S., RP n°801, 2018.

Vigna (Xavier), Histoire des ouvriers en France au XX° siècle, RP n°782, 2013.

Villoro (Juan), Conférence sur la pluie. L.S., RP n°792, 2016.

Weil (Patrick), Le sens de la République, J.M., RP n°791, 2015.

Weil (Simone), Écrits de New York et de Londres (1942-1943). C.J., RP n°811, 2020.

Whitman (James), Le modèle américain d’Hitler. Comment les lois raciales américaines inspirèrent les nazis. J.K.P., RP n°802, 2018.

Zizek (Slavoj), La nouvelle lutte des classes. S.J., RP n°796, 2017.

[A.T. = Alain Tizon; C.D. = Christophe Darmangeat; C.J. = Charles J.; C.M. = Christian Mahieux; F.G. = Freddy Gomez; F.L. = Francine Lacroix; F.R. = François Roux; J.C. = Julien C.; J.D. = Jacques Demorgon; J.-K.P. = Jean-Kely-Paulhan; J.L.D. = Jean-Luc Debry; J.M. = Jean Moreau; L.A. = Louise Auriol; L.S. = Louis Sarlin; M.C. = Miguel Chueca; M.H.L. = Marieme Helie-Lucas; M.T. = Michel Tommasini; N.D. = Nicolas Dessaux; N.S.M. = Nedjib Sidi Moussa; P.B. = Pierre Bance; P. Br. = Pascale Brun; P.L. = Pierre Loinod; R.J. = Raymond Jousmet; S.C. = Simon Charlier; S.J. = Stéphane Julien; V.P. = Vincent Présumey.]

Les combattantes : l’histoire oubliée des miliciennes antifascistes dans la guerre d’Espagne

juillet 5, 2022 by

Nos amis des éditions Syllepse publient en septembre le livre suivant (pré-commandable sans frais de port ici) :

Les combattantes (Berger Gonzalo et Balló Tània).

Les protagonistes de ces récits sont des femmes qui, venues de partout dans l’État espagnol et d’ailleurs, décidèrent d’affronter les armes à la main les militaires qui s’étaient soulevés avec Franco en 1936. Leur participation comme combattantes dans la lutte contre le fascisme fut essentielle dans la stratégie guerrière du camp républicain. Mais, au fur et à mesure que la guerre avançait, elles furent renvoyées à des tâches d’arrière-garde, allant jusqu’à discréditer leur rôle de miliciennes. Et l’histoire les oublia.
Mais qui étaient ces combattantes? Sur quels fronts se sont-elles battues? Comment ont-elles été retirées du front ? Qu’est-ce qu’elles ont fait ensuite, jusqu’à la défaite de 1939 ? Et après?
La recherche pour tenter de reconstruire leurs biographies et retrouver le rôle de ces femmes dans ces événements historiques servira de fil rouge pour retracer la guerre d’Espagne depuis une perspective de genre.

«Elles étaient nombreuses. Des femmes venues de partout, de tous les âges et de toutes les classes sociales. Des femmes qui, avec l’élan que leur accordait une ferme conscience idéologique et politique, avaient choisi de défendre la démocratie et la liberté

Lettre d’Amérique : Comment deux travailleurs ont créé le premier syndicat chez Amazon

juillet 2, 2022 by

Extrait de La RP n° 817 (juin 2022):

(cliquer sur l’image pour ouvrir le pdf)

Voir aussi:

Les travailleurs d’Amazon ont voté pour se syndiquer dans un énorme entrepôt de New York