Iran : les enseignant·es se préparent à plusieurs jours de protestations généralisées dans tout le pays en février

janvier 25, 2022 by

Le Conseil de coordination des syndicats de la culture a appelé à deux phases de protestation. Selon cet appel, dans la première phase, les enseignant·es cesseront le travail les 29 et 30 janvier, et s’ils et elles n’obtiennent pas de réponse à leurs demandes, elles et ils organiseront un rassemblement national le 31 janvier. Les protestations se poursuivront dans la deuxième phase avec un sit-in dans les écoles du 12 au 17 février et un rassemblement national le 17 février. La déclaration insiste également sur le fait que si le gouvernement ne prête toujours pas attention [à leurs revendications], le Conseil de coordination annoncera des actions beaucoup plus larges pour le mois prochain.

Les revendications des enseignant·es dans cet appel sont les suivants : contre la non-application du projet de loi sur la péréquation des retraites, la rétention du projet de loi sur le classement par le Conseil des gardiens au Parlement dans le but de ne pas l’appliquer, l’oubli de l’article 64 de la loi sur la gestion de la fonction publique, l’absence d’éducation gratuite pour les enfants scolarisés, le non-paiement de la prime de fin de service, le non-recrutement des enseignant·es dits « racheté·es » qui ont travaillé plusieurs années sans emploi officiel, la double oppression contre le personnel de service, le pillage du fonds de réserve des enseignants, l’emprisonnement et le licenciement des enseignant·es actif·ves et syndiqué·es.

Le Conseil de Coordination, avec les familles et les parents d’élèves, appelle les familles et les enseignant·es à soutenir et à exprimer leur solidarité en participant à ces protestations.

Les protestations des enseignant·es s’élèvent contre la pauvreté, les budgets d’austérité, la discrimination et les inégalités. Les revendications des enseignant·es sont les revendications de tout le peuple. Il est important de mentionner que la République islamique a intensifié les pressions sécuritaires contre les enseignant·es face à l’extension des protestations. Par exemple, Mohammad Taghi Fallahi, Maryam Kabiri et Hassan Ramezanpour, ont été arrêtés cette semaine. Tous les enseignant·es emprisonnés doivent être libéré·es.

Shahla Daneshfar, Free them now, 23 janvier 2022

Traduction http://www.laboursolidarity.org

De Huelva à la Californie, saisonnières exploitées, saisonnières en lutte

janvier 3, 2022 by

Article publié dans La RP n°814 (septembre 2021)

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Solidarité avec la vague de grèves des enseignant·es d’Iran

décembre 31, 2021 by

L’Iran est particulièrement touché par la pandémie de Covid-19. C’est dans ce contexte, et face à la répression toujours aussi féroce du régime en place, que les travailleurs et travailleuses d’Iran poursuivent leurs combats.
Les grèves se multiplient. La dernière en date est celle des enseignant·es qui ont entamé le 11 décembre une grève dans l’ensemble du pays ayant duré 3 jours. Il s’agit de la grève la plus vaste et la plus longue de leur histoire depuis 40 ans.
Cette action s’est faite à l’appel du Conseil des Associations Syndicales des Enseignant.es d’Iran, et a été largement entendue. Des dizaines de milliers d’enseignant·es y ont participé dans plus de 100 villes.
A Téhéran, la capitale, plusieurs milliers de manifestant·es se sont rassemblé·es devant le Majles (le parlement) où des forces de sécurité ont tenté de les attaquer, mais finalement elles ont été repoussées. Rassoul Bodaghi, un enseignant qui a déjà fait au total 7 ans de prison pour ses activités syndicales, a été arrêté.
L’augmentation des salaires et des pensions de retraite, ainsi que l’éducation gratuite pour toutes et tous ont été parmi leurs revendications principales. Ils/elles exigeaient aussi la libération de leurs collègues emprisonné·es, entre autres Esmaïl Abdi, Mehdi Fat’hi, Mohammad Reza Ramazanzadeh, et Rassoul Bodaghi.
Les organisations membres du collectif syndical français de soutien aux salarié·es d’Iran réaffirment leur soutien et leur solidarité envers les enseignant·es et demandent :
– la libération immédiate et sans condition d’Esmaïl Abdi, Rassoul Bodaghi, Mehdi Fat’hi, Mohammad-Reza Ramazanzadeh, Hachem Khastar, Nahid fath Alian, Zeinanb Hamrang, Massomeh Asgari et Leila Hosseinzadeh.
– l’annulation de toutes les condamnations injustes et contraires aux libertés et droits fondamentaux,
– la libération immédiate et sans condition, de l’ensemble des militant·e·s emprisonné·e·s en raison de leurs activités syndicales.
Elles demandent également au régime iranien de respecter les Conventions internationales qu’il a ratifiées, dont celles sur la liberté d’association, de manifestation, de grève et de négociation collective.
La solidarité internationale est essentielle, faisons connaitre ces luttes dans le monde entier !

Confédération française démocratique du travail (CFDT)
Confédération générale du travail (CGT)
Fédération syndicale unitaire (FSU)
Union syndicale Solidaires
Union nationale des syndicats autonomes (UNSA)

Paris, le 29 décembre 2021

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Michel Desmars (1942-2021)

décembre 26, 2021 by

Michel Desmars, militant engagé pour l’émancipation sociale depuis 1961, est décédé. Nous lui rendons hommage en publiant ici sa notice biographique et signalons cet article de lui paru dans Les utopiques N°4 : Quand la gauche syndicale se dotait d’outils pour avancer

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Paris fera taire Zemmour

décembre 1, 2021 by

Manifestation dimanche après-midi à l’appel de très nombreuses organisations.

Dernière minute : Zemmour a déplacé son meeting à Villepinte mais la manif est maintenue.

La Révolution prolétarienne N°815

novembre 29, 2021 by

Au sommaire de notre numéro de décembre :

  • La CGT et les TPE (Michel T.)
  • La Grande Grève de 2021 (Jack Rasmus, trad. M. Chueca)
  • Attaques sous fausse bannière et théories du complot (Miguel Chueca)
  • Les socialistes révolutionnaires et les débuts de l’Affaire Dreyfus (Julien Chuzeville)
  • JO de Pékin 2022 : la fête du sport totalitaire (Quel Sport ?)
  • Louis Rossel, Louise Michel : « notre » Commune ? (Jean-Kely Paulhan)
  • 4 000 ans de laïcisations à suivre (Jacques Demorgon)
  • Une lettre de Julio Cortazar à Mika Etchebéhère
  • Plein Chant : une mémoire ouvrière
  • « Coup pour coup », une nouvelle collection des éditions Syllepse
  • Lettre d’Amérique : Illusions perdues (David Ball)
  • Revues : Fragments. Livres : Histoire globale des socialismes | Dessiner encore (Coco) | Lettre à mon fils Charb | On fabrique, on vend, on se paye (Ch. Piaget) | Journal de guerre 1939-1943 (A. Memmi) | L’homme-chevreuil, sept ans de vie sauvage
  • Morceaux choisis, AG, Pingouin et Goéland

Après le 5 octobre

novembre 26, 2021 by

Article paru dans le dernier numéro des Utopiques :

Le contexte

La journée nationale de grève et manifestations organisée en France le 5 octobre, à l’appel de CGT, FO, FSU et Solidaires, ne restera pas dans l’histoire ; ce n’est pas un échec, mais la mobilisation fut moyenne pour ce qui est des manifestations, faible en termes de grève. Une partie de la « gauche syndicale » fait référence à « la large apathie des directions syndicales ». Outre le point de discussion à propos de la notion de « direction » pour une organisation syndicale, n’y a-t-il pas là un risque de simplification d’une situation plus complexe ? Notre problème vient-il vraiment d’une supposée apathie de Philippe Martinez, Yves Veyrier, Benoit Teste, Simon Duteil, Murielle Guilbert1 ? On peut craindre que non. Certes, on pouvait espérer que sorte de l’intersyndicale organisée le 11 octobre au soir, un nouvel appel unitaire. Mais si tel avait été le cas, est-ce que ça aurait suffit à faire en sorte que cela pèse plus que le 5 octobre dans le rapport de forces ?

Cette date du 5 octobre était connue dans les milieux militants depuis le mois de juillet ; elle a été rendue publique le 30 août : durant toutes ces semaines, combien de tournées syndicales, de permanences syndicales, de réunions d’information syndicales sur les lieux de travail, d’assemblées générales préparatoires dans les syndicats, etc. ? Où a-t-on tenté de faire vivre l’unité syndicale de l’appel national, par des initiatives intersyndicales sur le terrain ? Dans combien d’entreprises, les sections syndicales se sont-elles préoccupées de faire connaitre la journée nationale du 5 octobre, au personnel de la boîte, aux collègues des boites de sous-traitance, aux salarié∙es des boites alentour ? Poser ces questions n’est pas une critique des équipes syndicales de base : c’est simplement tenter de pointer des éléments constitutifs de la moyenne réussite de la journée. Si ces manques expliquent, en partie, nos difficultés, alors il faut s’atteler à la tâche, voir comment faire mieux à l’avenir. Ce sera plus utile que la radicalisation en paroles.

Des luttes sociales, il y en a !

Dans tous les secteurs professionnels et toutes les régions, il y a des luttes, des grèves, des débrayages, des rassemblements. Y compris dans le secteur privé, contrairement à ce que des syndicatologues, pas forcément syndicalistes, racontent souvent. Aldi en Bourgogne, Bergams dans l’Essonne, Knorr en Alsace, Arc en ciel à Paris-Jussieu, Transdev en Seine-et-Marne… Cette dernière est significative : elle dure depuis le début du mois de septembre, porte sur les conditions de travail et les salaires, dénonce le système des appels d’offre qui organise, pour le patronat, toujours plus d’exploitation des salarié∙es lors de chaque renouvellement de contrat. On peut soutenir financièrement les grévistes : http://www.cotizup.com/mec-grevistes

Construire des campagnes unitaires locales et nationales ?

Les dernières Commission exécutive confédérale CGT, comme le récent congrès national de l’Union syndicale Solidaires, ont décidé deux campagnes prioritaires : pour la réduction du temps de travail à 32 heures hebdomadaires et pour l’augmentation des salaires et pensions. Voilà de quoi alimenter des cahiers revendicatifs communs, par secteurs professionnels et sur le plan interprofessionnel ; des cahiers revendicatifs, mais aussi des campagnes syndicales de terrain pour les faire vivre et les voir aboutir. Entreprise par entreprise, service par service, chantier par chantier, les 32 heures, c’est combien d’emplois ? Quels contacts et initiatives revendicatives avec les organisations et collectifs de chômeuses et chômeurs ? N’est-il pas temps d’abandonner les « bureaux d’embauche » symboliques pour en revenir à des réquisitions d’emplois par l’action directe collective des travailleurs et travailleuses, celles et ceux qui ont un emploi conjointement à celles et ceux qui n’en ont pas ? Sur les salaires, les Négociations annuelles obligatoires sont une période propices pour l’action syndicale sur le sujet, mais sans doute faut-il aller au-delà, reprendre l’offensive pour récupérer une plus grande part de ce que nous volent les capitalistes ; tant pour les salaires que pour les pensions de retraite ou l’indemnisation du chômage.

Quelles perspectives ?

Pour une partie des forces sociales, y compris syndicales, on se réfugie derrière le traditionnel « nécessaire débouché politique ». Comme si les acteurs et actrices des luttes ne construisaient pas eux et elles-mêmes ce débouché, à l’aulne des combats collectifs émancipateurs menés ! Pour ces camarades, le « débouché politique » ne peut venir que du Parti, de leur parti pas des autres, des élections institutionnelles. En tout état de cause, ce n’est abordé que sous la forme de la prise du pouvoir d’État, en déléguant celle-ci aux partis. Dans la perspective d’une société autogestionnaire, cela mérite un autre examen.

A l’occasion du 5 octobre, le secrétaire général de la FSU a fort bien résumé ce que porte ces courants politiques : « Les salariés restent convaincus de l’importance de se mobiliser dans la période mais manquent de perspectives politiques. Ce qui fait que beaucoup ont passé leur tour aujourd’hui ». En matière de perspectives, voilà qui n’en offre guère !

Le syndicalisme est politique. Il rassemble celles et ceux qui décident de s’organiser ensemble sur la seule base de l’appartenance à la même classe sociale. Ensemble, ils et elles agissent alors pour défendre leurs revendications immédiates et travailler à une transformation radicale de la société.L’oppression liée au système capitaliste, oppression économique issue des rapports de production et du droit de propriété, est commune à toutes celles et tous ceux « d’en bas ». C’est là que se joue l’affrontement de classes : si ça, ce n’est pas politique ! Ça n’empêche pas, bien au contraire, de considérer qu’il y a d’autres formes d’oppressions, qu’il ne s’agit d’ailleurs pas de hiérarchiser, ni entre elles, ni vis-à-vis de l’oppression économique. Les luttes féministes, antiracistes, contre les oppressions et pour l’égalité, la liberté, contre les violences policières, écologistes, etc., font aussi de la politique.

La répartition des rôles qui veut que le parti s’occupe de politique et le syndicalisme du social est une impasse. Alors que les syndicats sont, ou du moins devraient être, l’outil d’organisation autonome de la classe ouvrière, elle les cantonne dans une fonction mineure, leur nie la capacité d’agir pour changer la société. A l’inverse, elle pousse les organisations politiques à considérer que cette tâche est leur exclusivité et donc qu’elle est déconnectée des mouvements sociaux.

Redéfinir l’espace syndical

Un grand nombre d’associations jouent un rôle considérable dans le mouvement social. Quasiment toutes se sont construites parce que le syndicalisme a abandonné des champs de lutte ou les a ignoré et, de fait, elles font « du syndicalisme » tel que défini ici : associations de chômeurs et chômeuses, pour le droit au logement, de défense des sans-papiers, coordination de travailleurs et travailleuses précaires, etc. D’autres interviennent sur des sujets qui sont pleinement dans le champ syndical : elles sont féministes, antiracistes, écologistes, antifascistes, antisexistes, etc. Se pose aussi la question du lien avec les travailleurs et travailleuses de la terre. Il y a aussi les mouvements anticolonialistes, revendiquant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, antimilitaristes, pacifistes, etc. Tout cela concerne les intérêts et l’avenir de notre classe sociale et c’est de ce point de vue qu’il faut les traiter.

Si nous mettons en avant les mouvements sociaux, c’est parce que ce sont eux qui organisent les luttes, l’action directe des travailleurs et des travailleuses. Parmi ces mouvements, le syndicalisme a une particularité essentielle : comme dit précédemment, il rassemble sur la seule base de l’appartenance à la même classe sociale. C’est fondamental. Un syndicalisme de lutte bien sûr, mais aussi un syndicalisme qui ose des ruptures avec l’existant pour mieux avancer. La question de l’unité, voire de l’unification, est importante. Il s’agit aussi de redéfinir les contours de l’organisation syndicale, pour que celle-ci prenne en compte les diversités ici décrites. Mais tout ceci ne doit être, ni des réflexions « d’expert∙es » extérieur∙es au mouvement syndical et social ni traité indépendamment des questions concrètes évoquées plus en matière de campagne syndicale, de présence là où sont les travailleurs et travailleuses plus qu’avec les patrons, de priorités syndicales décidées et mises en œuvre collectivement, …

Christian Mahieux

Note:

1. Respectivement secrétaires généraux de la CGT, de FO, de la FSU et co porte-parole de Solidaires.

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Amazon : grèves et manifestations dans 20 pays à l’occasion du Black Friday

novembre 24, 2021 by

Le jour du Black Friday, un groupe de syndicats et d’organisations de base, connu sous le nom de « Make Amazon Pay Coalition », organisera des manifestations et des grèves coordonnées dans au moins 20 pays pour exiger d’Amazon qu’elle verse aux travailleur·euses un salaire décent, qu’elle respecte leur droit de se syndiquer, qu’elle paie sa juste part d’impôts et qu’elle s’engage à respecter l’environnement.

Les actions prévues comprennent : une grève massive des chauffeurs-livreurs d’Amazon en Italie ; un arrêt de travail dans les entrepôts d’Amazon en France ; des manifestations sur le site de construction des nouveaux bureaux régionaux d’Amazon en Afrique du Sud ; des protestations des travailleur·euses de l’habillement au Bangladesh et au Cambodge.

Aux États-Unis, la Coalition Athena organisera des actions numériques avec le hashtag #MakeAmazonPay visant Whole Foods et Amazon, et tiendra une réunion publique sur l’avenir de l’organisation des travailleur·euses en Californie, et une autre avec des travailleur·euses dans l’Illinois sur les perturbations de la chaîne d’approvisionnement.

Les actions menées dans le monde entier le 26 novembre souligneront l’ampleur du rôle d’Amazon dans l’économie mondiale.
La coalition « Make Amazon Pay » a été lancée l’année dernière lors d’une journée de protestation à l’occasion du Black Friday, au cours de laquelle elle a dévoilé un ensemble de demandes communes émanant de 50 organisations de justice sociale, dont Progressive International, la Coalition Athena, GreenPeace, Our Revolution, Oxfam et le Mouvement Sunrise. Depuis lors, la coalition s’est élargie à plus de 70 syndicats, organisations de base, organismes de surveillance fiscale et groupes écologistes.

« Les actions de cette année s’annoncent beaucoup plus importantes avec des grèves et des protestations prévues dans plusieurs villes d’au moins 20 pays sur tous les continents habités de la planète », indique un communiqué de presse de l’événement mondial. « La journée mondiale d’action rassemblera des militant·es de différentes luttes – travail, environnement, fiscalité, données, vie privée, anti-monopole – alors que des syndicalistes, des militant·es de la société civile et des écologistes organiseront des actions communes. »

Le Black Friday et le Cyber Monday sont les plus grands événements commerciaux de l’année pour Amazon. Mais pour les travailleur·euses des entrepôts et les chauffeurs-livreurs d’Amazon, cela signifie une augmentation des quotas, des journées de travail plus longues et un risque accru d’accidents du travail. Entre le Black Friday et Noël, les accidents au travail des travailleur·euses d’entrepôt connaissent un pic, selon un rapport 2019 du Reveal Center for Investigative Reporting.

Outre les pays énumérés ci-dessus, les actions du Black Friday auront lieu au Canada, en Argentine, au Mexique, au Brésil, en Afrique du Sud, au Royaume-Uni, en Pologne, en Allemagne, en Slovaquie, en Autriche, au Luxembourg, en Espagne, en Irlande, en Turquie, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Bangladesh, en Inde et au Cambodge.

« Les travailleur·euses, les avocat·es et les élu·es qui se rassemblent pour #MakeAmazonPay attireront l’attention du monde entier et changeront la façon dont le public perçoit Amazon », a déclaré Christy Hoffman, secrétaire générale d’UNI Global Union. « Lors de journées d’action mondiales comme le Black Friday, nous constatons que le mouvement qui pousse à changer les règles de notre économie et à défier le pouvoir des entreprises est de plus en plus audacieux et fort. »

La coalition #MakeAmazonPay est dirigée par UNI Global Union, une fédération syndicale mondiale, qui est affiliée à 150 syndicats représentant 20 millions de travailleur·euses dans le monde, et Progressive International, une organisation internationale réunissant des groupes militant·es de gauche.

« De l’extraction des ressources naturelles, à la fabrication ; de l’expédition et du stockage des produits dans le monde entier à leur livraison aux consommateur·trices ; du contrôle de quantités incalculables de données et de gestion à l’influence sur nos gouvernements : Amazon mène les travailleur·euses, les populations et la planète en bateau », a déclaré Casper Gelderblom, coordinateur de la campagne « Make Amazon Pay » à l’Internationale progressiste.

« Amazon est peut-être partout, mais nous le sommes aussi », a-t-il poursuivi. « À chaque maillon de cette chaîne d’abus, nous nous battons pour faire payer Amazon. Le vendredi noir du 26 novembre 2021, partout dans le monde, les travailleur·euses et les militant·es se lèveront dans des grèves, des protestations et des actions pour faire payer Amazon. »

En réponse à la nouvelle de la journée d’action de Make Amazon Pay, Kelly Nantel, directrice des relations avec les médias nationaux chez Amazon, a déclaré à Motherboard : « Ces groupes représentent une variété d’intérêts, et bien que nous ne soyons pas parfaits dans aucun domaine, si vous regardez objectivement ce qu’Amazon fait dans chacun de ces domaines, vous verrez que nous prenons notre rôle et notre impact très au sérieux. Nous inventons et investissons de manière significative dans tous ces domaines, nous jouons un rôle important dans la lutte contre le changement climatique en nous engageant, dans le cadre du Climate Pledge, à atteindre un bilan carbone net nul d’ici 2040, nous continuons à offrir des salaires compétitifs et d’excellents avantages sociaux, et nous inventons de nouvelles façons de garantir la sécurité et la santé de nos employés dans notre réseau opérationnel, pour n’en citer que quelques-unes. Chacun peut s’en convaincre en effectuant une visite virtuelle en direct de nos sites. »

Nantel a ajouté que le salaire moyen de départ d’Amazon est supérieur à 18 dollars de l’heure, selon le lieu, et qu’Amazon a embauché plus de travailleur·euses en 2020 que toute autre entreprise aux États-Unis.

Les manifestations du Black Frisai interviennent dans le cadre d’une longue période d’agitation syndicale chez Amazon à travers les États-Unis. Des campagnes de syndicalisation sont actuellement en cours dans les centres de distribution d’Amazon à Bessemer, en Alabama, et à New York – et plus tôt cette année, les Teamsters, l’un des plus grands syndicats du pays, ont lancé un projet national coordonné pour syndiquer Amazon. Motherboard a récemment publié l’enregistrement audio d’une réunion animée au centre d’approvisionnement d’Amazon à New York, au cours de laquelle des travailleur·euses ont confronté leurs supérieurs à leurs conditions de travail dangereuses et éprouvantes.

À l’échelle mondiale, Amazon emploie 1,3 million de personnes, ce qui en fait l’un des plus grands employeurs de la planète. L’entreprise est en passe de devenir le premier employeur des États-Unis d’ici un an ou deux.

« Le pouvoir d’Amazon de brutaliser les travailleur·euses et d’affamer les entreprises locales est mondial », a déclaré Yessenia Prodero, organisatrice des droits des immigré·es pour Massachusetts Jobs With Justice, un groupe membre de la coalition Athena. « Nous ne pourrons vraiment défier ce pouvoir que si nous nous renforçons au niveau mondial. Nous avons élaboré des stratégies avec nos partenaires internationaux pendant des années afin de proposer une vision cohérente sur tous les continents, et nous constatons que ces efforts prennent de l’ampleur. Ces actions constituent une escalade publique importante, et il y en aura beaucoup d’autres à venir. »

Dans toute l’Italie, pas moins de 15 000 livreur·euses d’Amazon, employé·es par des entrepreneurs et membres de trois syndicats italiens du transport, qui feront grève pendant 24 heures le 26 novembre. Les grévistes exigeront un allègement de la charge de travail, une réduction des heures de travail hebdomadaires, des primes de rendement et de nouvelles règles de confidentialité en matière de gestion et de surveillance des données.

En septembre, les travailleur·euses des entrepôts en Italie ont conclu un accord historique, le premier de leur histoire, avec Amazon après avoir organisé une grève nationale de 24 heures.

Elisa Gigliarelli, coordinatrice de la politique internationale pour la FILT-CGIL, le plus important syndicat italien du transport, affirme que la grève des magasinier·es qui a réussi à faire pression sur Amazon pour qu’elle signe un accord avec les syndicats plus tôt cette année servira de modèle à la grève et aux revendications des chauffeurs-livreurs italiens lors du Black Friday.

« Cette grève générale ne sort pas du néant », a déclaré Gigliarelli à Motherboard. « C’est le résultat de nos actions précédentes du mois et de l’année derniers, qui ont été très réussies en termes de participation et d’impact politique et médiatique. »
« Amazon a deux secteurs : les entrepôts et la livraison », poursuit-elle. « En Italie, les chauffeurs qui livrent des marchandises pour Amazon ne travaillent pas directement pour Amazon, mais pour des entreprises sous contrat. Nous devons considérer les travailleur·euses des entrepôts et les chauffeurs-livreurs comme une entité à part entière car, au final, les travailleur·euses indirect·es et direct·es travaillent pour la même entreprise et rendent Amazon plus grand et plus riche. Nous devons considérer l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. »

Au Royaume-Uni, le GMB, un syndicat qui représente les travailleur·euses des entrepôts, les chauffeurs-livreurs et les travailleur·euses de la technologie d’Amazon, organisera des manifestations sur un certain nombre de sites à travers le pays, y compris un important site Amazon à Londres. Les travailleur·euses demandent la reconnaissance syndicale d’Amazon. (Au Royaume-Uni, les travailleur·euses ont le droit de s’associer librement à des syndicats, mais Amazon a refusé de s’asseoir pour négocier avec un quelconque syndicat).

« Nous allons cibler 10 installations principales », a déclaré Mick Rix, un responsable national de GMB, un syndicat qui compte plus de 600 000 membres au Royaume-Uni. « Une partie de l’action consistera à dénoncer l’absurdité de Jeff Bezos qui veut quitter la planète dans un vaisseau spatial ».

Au Bangladesh, deux syndicats représentant les travailleur·euses du textile qui produisent pour les marques privées d’Amazon se mobiliseront dans les villes de Dhaka et Chittagong. Pendant ce temps, au Cambodge, les travailleur·euses de l’usine de vêtements Hulu Garment, qui a fourni pour Amazon et Adidas jusqu’à sa fermeture en mars 2020, manifesteront pour s’assurer qu’ils recevront 3,6 millions de dollars d’indemnités de licenciement.

Au Cap, en Afrique du Sud, une organisation communautaire va protester sur le site de construction du projet immobilier River Club d’Amazon, futur siège d’Amazon en Afrique.

Outre les manifestations et les grèves prévues dans le monde entier, Make Amazon Pay a choisi huit lieux pour illustrer les abus d’Amazon et l’unité et la résistance au mastodonte technologique, où des actions auront également lieu, notamment une raffinerie de pétrole en Amérique latine, une usine de la chaîne d’approvisionnement en Asie, un porte-conteneurs en Amérique latine, un entrepôt en Amérique du Nord, un dépôt de camions en Europe, un bureau régional en Afrique et un ministère des finances en Europe.

« Comme nous le voyons partout dans le monde, les travailleur·euses – qu’ils soient codeur·euses, préparateur·trices de commandes, chauffeurs ou concepteur·trices- marchent, font grève et élèvent la voix ensemble pour exiger la dignité et le respect que procure un syndicat », a déclaré Hoffman, le président d’UNI Global Union. « La solidarité ne s’effraie pas facilement, et Amazon ne brisera pas les alliances des travailleur·euses. »

(Traduction http://www.laboursolidarity.org/ de cet article)

Aides à domicile : les enjeux de l’avenant 43

novembre 20, 2021 by

Article paru dans La RP n°814 (septembre 2021) :

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Libre Pensamiento n°107

novembre 20, 2021 by

Nous recommandons à celles et ceux qui lisent l’espagnol le dernier numéro de Libre Pensamiento, revue de la C.G.T. espagnole, qui contient notamment un article de Rafael Uzcátegui sur les politiques face au Covid19 des États « progressistes » latino-américains, un article sur le Venezuela de Nelson Méndez, militant d’El Libertario mort en mai dernier, un article de Christian Mahieux sur la Commune de 1871 et un article d’Agustín Guillamón sur un ordre de bombardement de Barcelone par Companys en 1937 qui ne fut heureusement pas exécuté. Le numéro est librement téléchargeable :

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