Article de Ronan Vibert et Nicolas Voiret paru dans La RP n°829 (juin 2025) :

Le numéro de septembre 2025 comprendra :

L’adoption du projet de loi Duplomb le 8 juillet 2025 par l’Assemblée nationale constitue un recul très grave pour l’environnement et la santé publique. Portée par le lobby de l’agro-industrie, votée par une alliance de la droite et de l’extrême droite, soutenue donc par le gouvernement Macron-Bayrou, cette loi est favorable aux pesticides – destructeurs de la biodiversité et de la santé des êtres humains.
On ne peut qu’être révoltés de voir qu’on vote en 2025 un texte qui favorise les substances toxiques, ainsi que les « méga-bassines » (qui aggravent l’appauvrissement des nappes phréatiques), alors qu’il y a urgence à prendre exactement la voie inverse : celle d’une transformation écologique de l’agriculture.
La Confédération paysanne a dénoncé « un projet mortifère pour l’agriculture », qui s’inscrit dans une politique de déni « des réalités et des faits scientifiques ». De même, selon le Syndicat CGT des travailleurs de la recherche scientifique (SNTRS), « le gouvernement choisit de saboter les outils de protection de l’environnement ». Le SNTRS-CGT ajoute que « cette loi s’inscrit dans un mouvement plus large : remise en cause incessante de la parole des scientifiques, voire même intimidation de celles et ceux-ci, répression des militant.es écologistes, fragilisation du service public de recherche et d’enseignement supérieur ainsi que celui de l’environnement, réductions de moyens ».
Il faut comprendre la gravité et la logique de cette offensive contre nos vies. Pour la défense de ses profits, la classe capitaliste est en train de détruire l’environnement. Et pour éviter qu’on puisse l’empêcher de le faire, par exemple pour d’évidentes raisons de santé publique, la classe capitaliste préfère détruire la démocratie – comme on le voit actuellement dans plusieurs pays.
Le pouvoir des criminels climatiques tient au fait qu’ils possèdent les grands moyens de production et de nombreux médias. En se mettant à leur service, le gouvernement actuel fait aussi partie des criminels climatiques. On voit mal comment sortir de cette course destructrice qui est suicidaire pour l’humanité, si ce n’est en renversant ces gouvernements, et en collectivisant les moyens de production et les médias, afin de les mettre au service du plus grand nombre.
Pierre Loinod
Le nouveau numéro de La RP (imprimé mais pas encore routé), de juin 2025, comprendra :

La revue La Révolution prolétarienne a atteint ses 100 ans d’existence en janvier 2025. À cette occasion, un livre retraçant le siècle de cette « revue qui n’a pas observé le mouvement ouvrier mais qui l’a vécu » a été publié, aux éditions Syllepse. Nous vous convions à trois soirées de présentation de ce livre, de discussions autour de La Révolution prolétarienne à travers ces 100 ans en présence de membres de la rédaction actuelle de la revue :


Il faut faire cesser toute naïveté ou toute complaisance parmi les syndiqués et plus largement : les politiciens du RN sont des ennemis de classe et des ennemis de la démocratie. S’ils arrivaient au pouvoir, ils imposeraient des reculs sociaux et des politiques violentes, ils aggraveraient radicalement le racisme et la misogynie, ils supprimeraient des libertés, et ils remplaceraient partout les faits par leurs mensonges.
Il est indispensable que les travailleuses et travailleurs prennent partout conscience de la gravité de ce qui est en train de se passer aux États-Unis, où Trump et Musk attaquent les droits fondamentaux et les services publics, en procédant à une privatisation partielle de l’État au profit d’un milliardaire néofasciste que personne n’a élu. En politique internationale, ils soutiennent la dictature de Poutine en Russie.
En France, des milliardaires d’extrême droite utilisent actuellement leur argent et leur influence pour essayer de mettre en place à marche forcée un gouvernement similaire, en particulier en diffusant la haine et des fake news dans les médias qu’ils possèdent. Le RN au pouvoir ferait les mêmes dégâts que Trump et Musk aux États-Unis, avec la même violence.
Combattre l’extrême droite, ce n’est pas être partisan du statu quo. Notre but est de changer le monde dans le sens du progrès social, de supprimer l’exploitation et toutes les oppressions, de procéder à la transformation écologique de la société. La première étape en ce sens est aujourd’hui de défendre nos libertés de faire grève, de manifester, de nous organiser et de nous exprimer. Le RN au pouvoir donnerait satisfaction aux milliardaires d’extrême droite et ferait tout pour empêcher les syndicats et les travailleurs de se défendre.
Empêcher la destruction de nos libertés doit être une préoccupation constante. D’ores et déjà, cela passe par ne jamais rien laisser passer s’agissant de sexisme, de racisme, d’antisémitisme, d’homophobie, de transphobie. C’est aussi s’opposer aux fonctionnements autoritaires, aux « leaders » auto-proclamés, et toujours défendre la démocratie et l’autogestion dans les luttes comme dans les organisations. Nous ne sommes forts que si nous savons compter sur nous-mêmes, si par exemple nous avons l’habitude de nous réunir en Assemblées générales, de décider et d’agir ensemble.
Disons-le clairement : l’arrivée du RN au pouvoir ouvrirait la porte à une dictature néofasciste, comme aux États-Unis actuellement. Cette éventualité dramatique n’est pas encore inéluctable. Parmi les luttes à mener, nous devons toujours garder à l’esprit la nécessité impérative d’empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir.
Pierre Loinod
Note de lecture parue dans La RP n°827 (décembre 2024) sur :
Victor Alba, En finir avec les patrons. Les collectivisations de 1936 en Espagne, traduit par Clément Magnier, préface de Óscar Freán Hernández, Toulouse, Smolny, 2024

Le numéro de mars 2025 est sorti. Il comprend :

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