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Deuxième convoi syndical en Ukraine

septembre 18, 2022

D’ici la fin du mois de septembre, le Réseau syndical international de solidarité et de luttes (RSISL) conduira un deuxième convoi syndical de solidarité aux travailleurs et travailleuses d’Ukraine.

Un premier convoi syndical de solidarité aux travailleurs et travailleuses d’Ukraine, organisé par le Réseau syndical international de solidarité et de luttes, avec des délégations du Brésil, de France, d’Italie, de Lituanie et de Pologne, a eu lieu du 29 avril au 2 mai. Le destinataire du matériel et de l’argent récoltés était le Syndicat indépendant des mineurs (qui réunit également les travailleurs de la sidérurgie et de l’industrie métallurgique) de la ville de Kryvyi Rih. L’organisation Sotsialny Rukh (Mouvement Social) nous a aidés à organiser le convoi et les rencontres sur place.

Selon les recommandations des membres de la résistance ouvrière de Kryvyi Rih, le convoi a donné la priorité à l’acheminement de produits de première nécessité pour les réfugié∙es internes des zones occupées et de la ligne de front, tels que des aliments pour bébés, des plats préparés et de la nourriture de survie non périssable.

Un deuxième lot de marchandises était constitué d’équipements techniques nécessaires dans les zones de la ligne de front et les territoires libérés de l’occupation : groupes électrogènes diesel, batteries, batteries externes, batteries solaires, boîtes à outils, vêtements de travail, sacs de couchage, gants et autres articles indispensables en cas de situation critique de pénurie de nourriture, d’électricité ou de chauffage.

La décision d’envoyer le 2e convoi du Réseau syndical international de solidarité et de luttes en Ukraine a été prise à la suite d’échanges avec des syndicalistes et des militants ukrainiens. Il s’agit de renforcer la résistance de la classe ouvrière contre l’invasion impérialiste russe et les réformes antisyndicales et antisociales du gouvernement ukrainien pendant la guerre.

Combattre les attaques contre les droits des travailleurs et travailleuses commises sous couvert de la guerre

Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur les changements apportés au droit du travail en Ukraine. Les principaux faits et menaces sont les suivants : 

  • Des tentatives de dérégulation du travail avaient déjà été entreprises en 2019 et 2021, mais ont été reportées en raison de l’opposition des syndicats.
  • Depuis mars 2022, elles sont réapparues à l’agenda du gouvernement, « justifiées » par la nécessité d’adopter des mesures spéciales en temps de guerre. La loi martiale rend difficile toute protestation et résistance aux nouvelles conditions.
  • Le 23 mars, la loi scélérate 2136 a été votée au parlement. Elle permet aux employeurs de licencier des travailleurs et d’étendre leur semaine de travail de 40 à 60 heures, sans aucune consultation des syndicats.
  • En vertu du projet de loi 5371 (devenu la loi 2423), les travailleurs des entreprises de moins de 250 salariés – soit environ 70 % de la main-d’œuvre – pourraient perdre leurs garanties en matière de temps de travail et de protection contre les licenciements.
  • En juillet, le Parlement a adopté une loi autorisant les employeurs à cesser de payer les travailleurs qui ont été enrôlés dans l’armée ou se sont portés volontaires.
  • Le 6 août, le président Volodymyr Zelensky a signé une nouvelle loi autorisant les contrats « zéro heure », qui prive les travailleurs de la garantie d’un temps de travail minimum ou maximum et les expose encore davantage à la menace de ne pas pouvoir gagner leur vie, faute de travail suffisant.

Nous demandons le retrait des récentes modifications du droit du travail en Ukraine et le renforcement des droits et du pouvoir des travailleurs, car ils sont la colonne vertébrale  de la guerre. C’est dans ce contexte alarmant que nous devons affirmer la solidarité mondiale de la classe ouvrière. Nos frères et sœurs d’Ukraine, malgré leurs ressources limitées, luttent pour maintenir la résistance à la fois à l’impérialisme russe et aux réformes antisociales du gouvernement ukrainien.

Organisation logistique / Solidarité financière

Selon les rapports du syndicat indépendant des mineurs de la ville de Kryvyi Rikh, les besoins en équipements techniques et médicaux sont encore criants, la priorité sera donc donnée à l’acheminement de ce type de matériel lors du 2e convoi syndical du RSISL.

Les achats et le transport sont coordonnés par le syndicat polonais Inicjatywa Pracownicza (Initiative des travailleurs).

Comment participer ?

En France, l’association « Convoi syndical » qui a participé à de nombreuses actions de solidarité héberge nos dons. Les syndicats, sections syndicales, syndicalistes, travailleurs et travailleuses peuvent :

→ faire un chèque à l’ordre de « Convoi syndical » et l’envoyer à Solidaires, 31 rue de la Grange aux belles, 75010 Paris (en indiquant « convois syndicaux » sur l’enveloppe)
ou
→ effectuer un virement sur le compte du Convoi syndical : FR12 2004 1000 0127 9649 6A02 006 – PSSTFRPPPAR. La Banque postale Centre financier Paris.

Sinon, effectuer un virement directement sur le compte bancaire du syndicat Inicjatywa Pracownicza (Initiative des travailleurs) :
OZZ Inicjatywa Pracownicza
Volkswagen Bank direct
Rondo ONZ 1 00-124 Warszawa, woj. Mazowieckie, Polska
Code BIC/SWIFT : INGBPLPW
IBAN : PL88 2130 0004 2001 0577 6570 0001
TITRE : Donation au convoi syndical / Donation au convoi syndical d’aide aux travailleurs

Les montants reçus seront communiqués, ainsi que l’ensemble des travaux réalisés par le 2e convoi du Réseau syndical international de solidarité et de luttes. 

L’arme à gauche : des révolutionnaires dans la guerre

août 10, 2022

« Je souhaitais que les militants ukrainiens engagés dans la guerre aient la possibilité de répondre aux questions et critiques qui sont souvent formulées par la gauche en Europe ».

Enguerran Carrier a réalisé L’arme à gauche : 23 minutes de témoignages de militants d’Ukraine et de Biélorussie, qui expliquent leur engagement dans la résistance ukrainienne. Fort utile. Il est aussi l’auteur de Kurdistan : il était une fois la révolution, à paraitre aux éditions Syllepse. Les Brigades éditoriales de solidarité l’ont interviewé.

Pour réaliser ce reportage, tu t‘es rendu en Ukraine. Peux-tu nous parler de ce voyage et de ton séjour là-bas, et nous dire deux mots sur ton itinéraire personnel, ce qui t’a amené là-bas ?

Je suis lié de plus ou moins près à l’Ukraine depuis une bonne quinzaine d’années. Liens affectifs, amicaux, politiques qui m’ont amené à apprendre l’ukrainien. Le mouvement du Maïdan avait déjà révélé, en France, à quel point l’Ukraine était méconnue : les médias, les militants avaient souvent une lecture binaire et caricaturale des évènements (révolution civique vs coup d’État fasciste) car ne disposant pas de connaissances minimales sur le pays. J’ai également combattu dans les rangs des YPG entre 2015 et 2018.

Lorsque la Russie a envahi l’Ukraine, il était inconcevable de rester en spectateur passif. J’ai cherché des moyens d’agir positivement, ne souhaitant pas combattre moi-même, et l’occasion m’a été donnée, un peu par hasard, de partir en tant que journaliste indépendant sur place.

Peux-tu nous présenter les personnes que tu as interrogées dans cette vidéo ?

J’ai d’abord rencontré des membres de l’organisation anarchiste le « Drapeau noir » (Чорний Стяг), de Lviv. Il s’agit de Dmytro et Anton, qui ont fait le choix de rejoindre la Défense territoriale à l’époque où une attaque russe semblait imminente sur la ville. Il ont été rejoints, dans leur unité, par Taras Bilous, l’un des dirigeants du « Mouvement social » (Соціальний Рух) que vous connaissez bien. D’autres anarchistes ont fait le choix de créer une unité spécifique dans la Défense territoriale. Celle-ci est composée principalement de militants russes, biélorusses et de nombreux autres pays. Précisons en passant que l’unité ne se revendique pas comme anarchiste, contrairement à ce qui a pu courir sur le web, même si les anarchistes en forment le contingent le plus important (environ 2/3). C’est ici que j’ai rencontré le militant biélorusse dont le visage et le nom ont déjà été révélés dans la presse de son pays d’origine.

Il m’a semblé capital de donner la parole à un représentant de la classe ouvrière ukrainienne. J’ai ainsi rencontré Iouri Samoïlov, militant chevronné dont l’expérience force le respect, et membre du « Mouvement social ». Ancien mineur, celui-ci a milité dans des syndicats libres depuis les années 1990, ce qui lui a notamment valu de voir sa tête mise à prix par un oligarque notoire. Je ne désespère pas qu’il prenne un jour la plume et écrive ses Mémoires !

Enfin, je tiens à souligner que l’absence de femmes dans le film n’est en aucun cas due à une négligence. Mais, lors de mon séjour, je n’ai pas rencontré de femme militante combattante acceptant de parler face caméra. C’est regrettable, mais révélateur : il existe une division genrée des tâches jusque dans la guerre et l’armée ukrainienne ; ce n’est pas les YPG-YPJ.

Les personnes que tu as interrogées ont des orientations politiques fortement marquées « à gauche », pourquoi ce choix ?

D’abord, parce que celles-ci sont absentes des médias qui, comme à l’accoutumée, privilégient l’émotionnel et le spectaculaire au détriment du politique et de l’explicatif. On peut comprendre que les médias mainstream n’ait que peu d’intérêt pour cette poignée de militants, que le sujet ne soit guère vendeur. Mais certains médias de gauche, qui cherchent souvent à rendre l’Ukraine coresponsable de cette guerre, taisent volontairement leur existence. L’Humanité a, par exemple, rencontré Taras Bilous. Mais, ses déclarations ne collant à la ligne de ce journal, son interview n’a tout simplement pas été publiée.

Ensuite, des photos avaient commencé à circuler sur une mystérieuse unité anarchiste. Je sais d’expérience que les photos diffusées sur les réseaux sociaux en temps de guerre sont souvent trompeuses. De combien d’unités fictives n’a-t-on pas entendu parler au Rojava ! Je voulais donc voir quelle était la réalité de cette unité, quelle était la place des révolutionnaires, toutes tendances confondues, dans cette guerre.

Enfin, je souhaitais que les militants ukrainiens engagés dans la guerre aient la possibilité de répondre aux questions et critiques qui sont souvent formulées par la gauche en Europe.

Plusieurs d’entre eux se réfèrent au mouvement anarchiste, libertaire ; d’autres qu’on appellerait ici « communistes révolutionnaires », certains ont plutôt une pratique syndicaliste. Que disent-ils du soutien international réel de ces différents courants ?

Les anarchistes sont globalement satisfaits du soutien qui leur est apporté. Il faut dire que les photos de « l’unité anarchiste » ont beaucoup circulé et ont suscité la sympathie de beaucoup d’anarchistes. D’autant que certains jouent habilement de la légende de Nestor Makhno. Des anarchistes renvoient certes dos-à-dos « les néonazis ukrainiens » et la « Russie fasciste », mais cette tendance semble minoritaire, ou du moins est perçue comme telle en Ukraine.

Les « communistes révolutionnaires » (qui ne se définissent pas comme tels, vue la connotation du mot « communiste » en Ukraine) sont les plus critiques envers leurs organisations sœurs. Ils regrettent que nombre d’organisations socialistes, trotskystes ou autres reprennent régulièrement les arguments de la Russie dans une version plus ou moins édulcorée. La position du SWP britannique, notamment, qui appelle cyniquement à s’opposer aux livraisons d’armes à l’Ukraine pour que la guerre se termine au plus vite (au bénéfice de la Russie), suscite la colère. Il faut noter que les positions des socialistes révolutionnaires étrangers sont souvent perçues comme unanimement anti-ukrainiennes, ce qui n’est pas le cas. D’où l’importance, me semble-t-il, de maintenir ou d’établir des liens avec les organisations sur place et, surtout, de participer à des actions concrètes de solidarité.

Iouri Samoïlov m’a dit être content du soutien des organisations syndicales européennes avec lesquelles il est en contact (dont la CGT et Solidaires). Il regrette toutefois que les syndicats russes, à l’exception d’un syndicat d’enseignants, aient unanimement salué l’invasion russe ou, à tout le moins, aient observé un silence approbateur. Ce qui en dit long sur la prise en main des appareils syndicaux en Russie.

Tu as écrit un livre, Kurdistan : il était une fois la révolution, qui va être très prochainement publié. Quelles similitudes vois-tu entre ces deux combats, quelles différences aussi ?

Dans les deux cas, on peut dire qu’il s’agit de guerres défensives et « populaires », dans le sens où le soutien aux objectifs fixés y est très large. Le rejet de l’invasion russe fait à peu près consensus, y compris chez ceux que l’on taxait hier de « pro-russes ». Vouloir un rapprochement stratégique, culturel et « civilisationnel » avec la Russie et être annexés par la force, voir des villes rasées, des civils exécutés sommairement sont deux choses différentes. Le revirement des militants de Borot’ba, hier volontaires dans le Donbass, est significatif à cet égard.

Mais là s’arrête la comparaison. La guerre imposée au Rojava par l’ASL, Daech, le régime syrien et la Turquie l’a été suite à une révolution populaire et une insurrection armée. Il s’agissait de défendre des acquis révolutionnaires contre des acteurs le plus souvent « intra-étatiques » (à l’exception de la Turquie), contre son propre gouvernement. Dans le cas de l’Ukraine, nous avons affaire à un conflit inter-étatique dicté par les intérêts géostratégiques d’un « empire russe » en volonté. Il y a certes un agresseur et un agressé, un État monolithique contre un État pluriel, mais la guerre n’a pas été provoquée par une révolution sociale en Ukraine. La Russie souhaite conquérir un territoire, et non étouffer une révolution qui la menacerait dans son existence. Il est bon de rappeler que le système oligarchique, corrompu et mafieux en Ukraine n’a hélas que fort peu été ébranlé par le mouvement du Maïdan de 2013-2014.

Le représentant du syndicat des mineurs explique qu’après la guerre, après que les gens auront fait l’expérience de leur pouvoir d’agir, il y aura « un grand mouvement de contestation contre l’ordre établi ». De tes différentes conversations que tu as pu avoir en Ukraine, qu’en penses-tu ?

Cela est difficile à dire. Il existe une frustration certaine due au fait que les revendications de 2014 n’ont jamais été satisfaites. La classe politique est aussi corrompue qu’auparavant, les mafias opèrent toujours librement et le boom économique promis par les libéraux se fait attendre. Beaucoup nourrissaient nombre de griefs avant le 24 février, mais l’invasion russe a fait passer la soif de réformes sociales au second plan. Les critiques envers V. Zelensky et le personnel politique, les clans d’oligarques existent toujours, mais elles sont plus discrètes car nul ne souhaite donner d’arguments à l’ennemi dans ce qui est vécu comme une guerre existentielle.

Depuis 2014, les gouvernements ukrainiens ont d’ailleurs souvent utilisé la guerre pour détourner l’attention des éléments sociaux potentiellement déstabilisateurs (notamment l’extrême-droite). Pourtant, la volonté de changements sociaux est là, l’écart entre les richesses du pays et le niveau de vie saute aux yeux et la spéculation, qui pose de graves problèmes de ravitaillement, est de plus en plus insupportable. « On gagne la guerre, et ensuite on demandera des comptes » est une phrase que j’ai régulièrement entendue.

Donc oui, je crois que des changements radicaux seront inévitables. Reste à savoir s’ils se feront par en-haut ou par en-bas. V. Zelensky pourrait profiter de son autorité pour purger l’administration et l’économie des éléments « intermédiaires » les plus corrompus. Mais il est possible que les Ukrainiens reprennent le chemin de la rue, comme ils l’ont fait en 2013-2014, avec, cette fois, des armes dans les mains, l’expérience du combat et une rage proportionnelle au nombre de tués. Cependant, dans ce cas, je pense que ces revendications sociales seront justifiées, comme en 2014, par une rhétorique nationale et libérale (« libérer le marché » en virant des oligarques parasitaires et non patriotes). Mais rien n’est encore joué évidemment et il est assez vain de se livrer, pour le moment, à des conjectures sur un avenir plus qu’incertain.

Propos recueillis par Patrick Le Tréhondat et Christian Mahieux

Ukraine : Aide des camarades français

juin 29, 2022

Les représentant·es des syndicats français CGT, CFDT, FO, CFTU, UNSA, FSU, Solidaires, qui ont uni leurs forces pour apporter leur aide à l’Ukraine, ont remis un minibus à la Confédération des syndicats libres d’Ukraine (KVPU).

Ils et elles ont été accueilli·es sur le sol ukrainien par Petro Tuley, responsable adjoint de la KVPU, Margarita Konstantin, responsable de l’organisation locale Dobropilska du syndicat indépendant des travailleurs des mines d’Ukraine de la région de Donetsk, et Kostyantin Usikov, un représentant des jeunes de la KVPU.

Le véhicule de transport, qui a été offert par les syndicats français, sera utile à la KVPU pour l’acheminement rapide de fournitures humanitaires dans les zones touchées par les combats et les tirs de roquettes des belligérants, le transport de personnes depuis les points chauds et d’autres tâches nécessaires et utiles.

En outre, nous attendons de nos frères et sœurs de France l’arrivée d’un envoi de nourriture, de produits d’hygiène, de linge et de vêtements vers notre pays ainsi nous allons également fournir de la nourriture et des produits d’hygiène, des vêtements, des appareils ménagers et du matériel de couchage aux soldat·es ukrainien·nes qui combattent l’ennemi et aux habitant·es des localités situées à proximité des combats et de la zone d’occupation.

Des centaines de syndicats et de syndicalistes de toute la France ont apporté des contributions financières pour aider les Ukrainien·nes dans cette période difficile, pour les soutenir et montrer leur solidarité.

KVPU

(traduit par http://www.laboursolidarity.org)

Le RSISL organise un convoi en soutien aux travailleurs et travailleuses d’Ukraine

avril 27, 2022

Entre avril et mai, un convoi du Réseau syndical international de Solidarité et de Luttes se rendra en Ukraine et contribuera au renforcement de la résistance de classe dans ce pays contre l’invasion russe. L’initiative vise à faire progresser notre soutien internationaliste, de manière plus proche et plus concrète, avec les délégations syndicales des organisations membres du Réseau.

Les dates exactes restent à définir, mais nous profiterons de la présence de plus de 200 syndicalistes lors de la 4e réunion du Réseau à Dijon (France) pour organiser cette action de solidarité concrète. Le convoi partira vers le 26 avril et sera de retour après le 1er mai.

Cette décision d’envoyer une délégation internationale s’appuie sur de nombreuses discussions avec des syndicalistes indépendants d’Ukraine, de Russie et de Biélorussie. Elle est rendue possible grâce à l’implication de plusieurs organisations qui font partie du Réseau, dans la défense du peuple ukrainien contre l’invasion russe depuis le début des attaques le 24 février.

Une solidarité active est nécessaire
Nous organiserons ce convoi d’aide aux travailleurs avec la conviction que nous devons reprendre la lutte de classe internationaliste, en soutenant les travailleurs qui font face à l’offensive militaire de Poutine et à ses conséquences. Lors des discussions avec des syndicalistes d’ Ukraine et des pays voisins, nous avons particulièrement évoqué les difficultés logistiques en cette période difficile de confrontation avec l’armée russe et nous avons souhaité connaître les besoins les plus urgents de ceux qui vivent sur place.

Selon les déclarations de ceux qui sont en Ukraine, les articles d’urgence sont destinés aux adultes, mais les personnes des autres tranches d’âge ont besoin de beaucoup de choses, comme des aliments pour bébés et des jouets. De nombreuses femmes restent dans le pays parce qu’elles ont décidé de prendre part à la lutte, de ne pas abandonner leurs compagnons et/ou de s’occuper des personnes âgées ou des enfants. Elles survivent difficilement, dans des conditions de pénurie de nourriture, de médicaments, d’eau, de courant et de gaz. C’est dans ce contexte alarmant que nous devons aller au-delà et affirmer notre solidarité avec la classe ouvrière, des gens comme nous, qui avec peu de ressources cherchent à maintenir une résistance déterminée contre les envahisseurs.

Comment soutenir financièrement
Solidaires (France), CSP-Conlutas (Brésil) et Inicjatywa Pracownicza (Pologne), ADL Cobas (Italie) et G1PS (Lituanie) financeront la logistique des collectes, qui seront achetées en fonction des besoins de la classe ouvrière ukrainienne. A l’intérieur du pays, le convoi rencontrera directement des contacts syndicaux et des actions seront organisées de manière appropriée.

Si vous ou votre organisation désirez y contribuer, transférez directement l’argent à Convoi syndical, avec les détails suivants :

Convoi syndical : FR12 2004 1000 0127 9649 6A02 006 – PSSTFRPPPAR – La Banque postale Centre financier Paris.

▪ Soutien à la résistance du peuple ukrainien !
▪ Arrêt de l’occupation militaire russe en Ukraine ; pour la paix !
▪ Solidarité internationale avec tous ceux qui, en Russie, refusent la guerre et le régime dictatorial,
▪ Solidarité avec les mouvements pro-démocratiques en Russie, en Biélorussie et en Ukraine,
▪ Pour un accueil non discriminatoire de tous les réfugiés d’Ukraine, au delà (Afrique, Asie,…) qui souffrent aussi des conflits créés par les pays impérialistes,
▪ Pour une Ukraine libre et souveraine, où les droits des travailleurs sont respectés,
▪ Abolition des dettes, FMI, bas les pattes ! Les travailleurs ne doivent pas payer pour cette guerre impérialiste,
▪ Contre la menace nucléaire. Pour le désarmement nucléaire dans le monde.

Pour ce premier convoi, seront présentes et présents des camarades de :
OZZ Inicjatywa Pracownicza | CSP-Conlutas |
Union Syndicale Solidaires | ADL Cobas | G1PS | Workers Aid (Int) | Sotsyalnyi Rukh

Sur l’Ukraine

avril 23, 2022

Intervention du camarade Christian Mahieux (union syndicale Solidaires) à la rencontre de Dijon du Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes, à écouter et voir à 1h 42’26 de la vidéo ci-dessous:

Nous soutenons les réfractaires à l’armée russe

avril 4, 2022

Appel de 130 militants antimilitaristes, pacifistes, objecteurs, insoumis, réfractaires, syndicalistes aux armées, disponible ci-dessous au format pdf:

pdf

Contre la guerre, nous ne sommes pas neutres

mars 29, 2022

Lorsque notre dernier numéro a été bouclé pour l’impression, l’invasion de l’Ukraine n’avait pas encore eu lieu. Certains ont cru bon de renvoyer les parties dos à dos, leur neutralité faisant ainsi la part belle au poutinisme, prétextant l’aide de l’OTAN à l’Ukraine (on avait déjà vu cela pour les Kurdes face à Daesh, même si Kiev n’est pas Kobané). Le  principe de l’internationalisme prolétarien n’est pas de soutenir aveuglément tout ce qui serait « anti-occidental » ou même de se draper dans une neutralité principielle qui s’autoproclamerait « de classe », mais de soutenir les luttes sociales quelle que soit la couleur affichée du pouvoir et de défendre le droit des peuples à vivre en paix sans dédouaner l’agresseur de ses responsabilités. Il ne s’agit pas de défendre le gouvernement ukrainien (qui d’ailleurs dégrade son code du travail sous la loi martiale), mais d’être solidaires des victimes civiles d’une invasion militaire par un régime russe mafieux qui, pour la première fois de mon vivant, menace le monde d’une guerre nucléaire ; d’être solidaires avec les manifestants contre la guerre et les prisonniers politiques en Russie. Avec sa menace de mort planétaire, le régime de Poutine ira aux poubelles de l’histoire. Le cercle Zimmerwald fondé en 1951 par nos anciens disait déjà : « Nous rejetons l’idée de neutralité, qui ne peut que servir l’un des protagonistes. Face à la guerre nous ne sommes pas neutres. Nous sommes contre la guerre. Nous sommes pour la liberté ; nous sommes pour la paix. »

Stéphane JULIEN

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Sur ce blog, voir aussi:

Voir aussi les sites du Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes et de l’ Ukraine Solidarity Campaign (en anglais)

Des convois syndicaux pour les travailleurs et les travailleuses d’Ukraine

mars 29, 2022

L’Union syndicale Solidaires participe à l’organisation de convois syndicaux pour l’Ukraine. Elle y travaille notamment avec d’autres organisations syndicales de France et avec le Réseau syndical International de Solidarité et de Luttes.

Pourquoi des convois syndicaux ?
Notre engagement est syndicaliste, nous défendons les travailleurs et les travailleuses, quel-les qu’ils et elles soient, en particulier quelques soient leurs origines ou nationalités.

Pourquoi en Ukraine ?
Notre solidarité, de tout temps, est internationale parce ce que nous savons que, en temps de guerre, ce sont les peuples, ceux et celles qui travaillent qui sont les victimes, et que nous pouvons l’être aussi ici demain. Nous avons exprimé cette solidarité internationaliste à de nombreuses autres occasions. Aujourd’hui, l’Ukraine est agressée militairement.

Des convois pour qui ?
Nous récoltons de l’argent pour les syndicats et les travailleurs et travailleuses d’Ukraine et nous achèterons selon leurs besoins. Nous ne récoltons pas de biens matériels à ce stade. Nous agissons à la demande des syndicats là bas.
L’argent récolté leur sera destiné, la logistique des convois étant financée sur les fonds de l’union syndicale Solidaires.
Nous rencontrerons nos contacts syndicaux physiquement si eux et nous le pouvons. Nous rendrons compte à notre retour des montants reçus, des actions, des personnes rencontrées. 

Comment participer ?
L’association « Convoi syndical » qui a participé à de nombreuses actions de solidarité héberge nos dons. Les syndicats, sections syndicales, syndicalistes, travailleurs et travailleuses peuvent :
faire un chèque à l’ordre de « Convoi syndical » et l’envoyer à Solidaires, 31 rue de la Grange aux belles, 75010 Paris (en indiquant « convois syndicaux » sur l’enveloppe)
ou
effectuer un virement sur le compte du Convoi syndical : 2796496A020 La Banque postale.