N° 441 – Etiemble commis-pélerin suppôt de Mao (1959)

N° 441, Nouvelle série n° 140, juillet-aout 1959

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extrait:

M. ÉTIEMBLE, commis-pèlerin suppôt de Mao Tsé-toung

Il existe en Chine un roman ancien, le Si Yeou Ki (Voyage en Occident), contant le fantastique voyage du moine Hiuan Tsang, au VIIe siècle, de la Chine à l’Inde, « à la recherche de la vérité bouddhique ». Le moine est accompagné d’un singe mythique qui le protège et qui l’aide efficacement dans son entreprise.

M. Étiemble, qui se nomme « le nouveau singe pèlerin », a fait paraître l’année dernière son récit de voyage en Chine nouvelle, sous le titre Tong Yeou Ki (Voyage en Orient). L’auteur se flatte d’être le singe prodigieux du président Mao, qui tente de rapporter en Occident les vérités d’un marxisme sinisé.
Il vient en Chine vers le milieu de 1957, invité par le gouvernement de Mao Tsé-toung, en tant que président d’une délégation culturelle du gouvernement français. De retour en France, il prétend conter honnêtement l’histoire (d’une crise chinoise), préparer l’avenir franco-chinois, travailler à la reconnaissance de la Chine de Mao par le gouvernement français – et enfin préciser le « quand même » de son attitude de soutien à l’égard du régime en Chine.

C’est un livre ennuyeux à lire, mais il nous permet d’avoir une idée de la position équivoque de M. Étiemble et de la « gauche française » qui, déçus de la Russie stalinienne et travaillés par la nostalgie d’être toujours amis de quelque chose du même genre que la Russie, mais « sans procès de Moscou, sans torture des opposants », ont trouvé en la Chine de Mao leur objet idéal de consolation. M. Étiemble se considère comme le « compagnon de route » de Mao Tsé-toung depuis un quart de siècle. En 1934, il organise à Paris avec Vaillant-Couturier des meetings pour défendre la cause de Mao. Maintenant, Mao au pouvoir, M. Étiemble n’arrive pas en Chine « comme à La Mecque un musulman ou comme à Lourdes un chrétien », mais plutôt, nous semble-t-il, comme commis-pèlerin.

« À l’Hôtel de Pékin… l’ascenseur est suisse, car les Suisses, eux, ont reconnu la Chine et en profitent », M. Étiemble regrette bien que son gouvernement laisse échapper de bonnes affaires. Comme si le vieux capitalisme français avait besoin des conseils de M. Étiemble pour introduire à nouveau ses marchandises et sa civilisation en Chine nouvelle.

« Au lieu de mépriser Mao Tsé-toung, et de l’abandonner au jdanovisme, si, dès 1949, nous lui avions offert notre appui pour rebâtir son pays, nos camions, nos rails, nos locomotives auraient précédé de peu nos ingénieurs, nos professeurs, c’est-à-dire des hommes libres (sic). À leur suite, qui sait si nos arts, nos lettres, notre pensée n’auraient pas séduit les Chinois vers un peu plus de liberté ? »

M. Étiemble n’aime pas les Américains, qui cherchaient à évincer le capital français de ses terres coloniales et semi-coloniales :

« Quand les Américains nous ont supplantés quelque part, voyez un peu leur politique : discréditer notre langue, calomnier nos savants et nos universités, insinuer que chez nous on achète chaque enseignant ».

Nous soulignons ces nous. Car ils sont très significatifs. L’auteur se fait le défenseur du capitalisme français, tout en côtoyant le « socialisme », le communisme.

Travaillant à la reconquête du marché chinois – dont l’ouverture serait la reconnaissance de la Chine de Mao par le gouvernement français, à renforcer l’expansion du mythe de la Chine du « Progrès » en Occident, en particulier parmi la « gauche française », M. Étiemble ne fait qu’emboîter le pas à Claude Roy (auteur de Clefs pour la Chine) et Simone de Beauvoir (auteur de La Longue Marche), tout en leur reprochant d’avoir osé, avant lui, parler avec ignorance des choses chinoises.

En voici la raison majeure de son soutien quand même du régime actuel en Chine : depuis un siècle et demi, le gouvernement de Mao est le seul qui ait « sérieusement voulu gouverner cet empire », qui fasse « avec sérieux un effort pour les humbles ». « Pourvu qu’ils n’asservissent pas la pensée ni ne torturent les opposants, je pardonne beaucoup à ceux qui logent, nourrissent, vêtent les pauvres ».

La nouvelle classe exploiteuse et dominante en Chine, en Russie et ailleurs, tiendrait sûrement peu compte des sentiments de M. Étiemble à son égard. Mais les pauvres dont M. Étiemble parle sont, partout sur la terre, l’immense majorité qui, de leur sueur et sang, logent, nourrissent et vêtent leurs maîtres à leur détriment.

« Vivent les nouveaux maîtres qui ménagent les conditions matérielles de leurs esclaves ! » Voilà le fond de la générosité de M. Étiemble.

Déçu de la Russie stalinienne, M. Étiemble se fait anti-russe. Faisant escale à Prague, il trouve que « comme les Américains, les Russes ont inventé une forme neuve et subtile, d’oppression coloniale ». Au sujet des rapports sino-russes, M. Étiemble constate : « Bien que les Russes aient dû abandonner certains avantages coloniaux qu’ils s’étaient octroyés en Chine (sociétés mixtes par exemple, et l’on sait ce que cela veut dire !), leur attitude, leurs coutumes, leurs costumes, leurs épouses, tout évoque pour moi… le protecteur qui « coopère » à la mise en valeur d’une région « sous-développée », comme on dit aujourd’hui ».
Que dirait alors M. Étiemble quand sa patrie opprimait et exploitait des populations d’immenses régions en Asie, en Afrique, en Océanie ? M. Étiemble veut tout de même la France d’abord. Lorsqu’il visite le studio qui fabrique les reproductions de peinture chinoise, admirées par M. me Simone de Beauvoir, M. Étiemble reprochait à cette dernière d’avoir oublié de « préciser qu’on fait aussi bien en France, mieux peut-être ». La fibre patriotique ressort, M. Étiemble ne peut se retenir devant les Chinois : « Qu’on ne tienne pas pour nulles ici, la science, la technique française. Je parle des médecins, des chirurgiens, des chimistes des ingénieurs français : aéronautique, barrages, constructions navales, électricité, chemin de fer ».

Dans Moscou 1957, au mausolée de Lénine-Staline M. Étiemble, nous décrivant la longue file de pèlerins de plusieurs kilomètres qui attendent l’instant de prier Lénine et Staline, s’indigne qu’il « se trouve encore des gens pour contester le caractère quasi religieux des rites staliniens ». Mais les rites confucéens et le respect sacré que notre singe a observés à l’égard de son « Président Mao » diffèrent-ils beaucoup de ces « rites staliniens » des paysans russes à l’égard des momies de leurs feu maîtres.

Parmi les premières personnalités avec qui M. Étiemble entre en contact à Pékin, voici Tsien-Po-Tsan, un ancien révolutionnaire professionnel, dans son agréable vie nouvelle :

INÉGALITÉS SOCIALES ET TRAVAUX FORCÉS

« Ce vieux militant, longtemps persécuté, dirige maintenant le département d’histoire de l’Université Peita, l’ancienne université américaine de Pékin… Tsien-Po-Tsan s’émerveille en nous faisant visiter sa demeure vaste et confortable, avec salle de bain, toilette à l’occidentale, enfin tous les conforts (souligné par l’auteur). Je comprends que cet homme, qui si longtemps vécut traqué, se complaise à jouir enfin de la maison qui fut celle d’un professeur yanqui, et à se faire promener dans la voiture avec chauffeur que lui alloue son Parti. »

Ceux qui, hier donc, se mettaient à la tête de la révolte des ouvriers et des paysans, « se complaisent » aujourd’hui dans leur situation de maîtres et profiteurs du régime, s’octroient des privilèges sur le dos de ces mêmes ouvriers et paysans qu’ils prétendaient mener à l’émancipation. Le parti devient le noyau, la tête de la bourgeoisie nouvelle. Tsien-Po-Tsan n’est qu’une minuscule image des conditions matérielles de la classe dirigeante actuelle dans les pays dits communistes.
À propos d’un des mensonges de Mme de Beauvoir, M. Étiemble nous dévoile d’autres aspects de la société « socialiste » chinoise :

« Mme de Beauvoir se moque du monde, qui prétend qu’à Pékin on ne peut distinguer « un intellectuel d’un ouvrier, une ménagère pauvre d’un capitaliste », et que les Chinois « les plus riches mènent une vie presque aussi simple que les pauvres ». Prétendre qu’un homme tel que Kuo-Mo-Jo, qui habite une vaste et riche demeure entourée d’espaces verts pourvue du chauffage central (tres rare ici) et de puissants ventilateurs électriques… mène une vie presque aussi simple que les pauvres », que les paysans dont j’ai visité les maisons, que les ouvriers dont j’ai vu les dortoirs, c’est faire à Kuo-Mo-Jo injure autant qu’aux pauvres… Entre le paysan dont le revenu annuel est de 40 à 50 yuans (chiffre officiel) et l’intellectuel qui gagne aisément 4 000 ou 5 000 yuans, oserez-vous prétendre qu’il n’y a presque pas de différence ? »
Mais M. Étiemble qui dénonce aussi clairement le mensonge de Mme de Beauvoir, feint d’ignorer qui forme la clientèle de ces restaurants de luxe de Pékin où il est invité :
« Ce festin (au restaurant spécialisé dans le canard laqué) nous revient à moins de 1 100 francs par personne (7 yuans). Presque tous les salons sont pleins, et le patron me dit que le dimanche il vend jusqu’à 150 canards. Fort bien, mais, qui mange là ? Le salaire moyen des ouvriers est de 60 yuans. Même rapport exactement qu’entre un repas à la Tour d’Argent et le salaire moyen d’un manœuvre chez nous. »

À Lan-Tcheou, il rencontre des enfants épaulant ou portant toutes sortes de récipients, allant pulser l’eau du Fleuve Jaune pour arroser les arbres. M. Étiemble ne sait qui croire quand son collègue communiste lui affirme qu’ils sont tous « volontaires » tandis que l’interprète lui dit que c’est « service obligatoire ».

À quelques kilomètres de Yin-Hang, une ville neuve en construction, « des centaines d’hommes travaillent au nord de la route sous la protection vigilante apparemment des sentinelles armées de mitraillettes ».

Un peu plus loin, à Yu-men, M. Étiemble s’informe auprès du maire à ce sujet :

« …Quand le maire prétend que les gens que nous avons revus tout à l’heure surveillés par des sentinelles à mitraillettes, ce sont des braves paysans d’une entreprise collective, dois-je supposer qu’il va m’expliquer le système chinois des travaux forcés ? »

Au fait, ces hommes sont-ils protégés ou surveillés par les sentinelles armées de mitraillettes ?
M. Étiemble ne s’informe-t-il plus par la suite de ce fameux « système chinois des travaux forcés » auprès de ses hôtes, responsables du régime. Mais pourquoi cette abstention si la misère des autres vous « blesse » réellement tous les jours, M. Étiemble…
On sait que l’exploitation de la main-d’œuvre pénale sous forme de « camp de travail de rééducation » se pratique en Russie et dans les pays satellites. En Chine, Mao a suivi le modèle russe. Voici, d’après M. Étiemble, comment cette justice pourvoyeuse du « camp disciplinaire » fonctionne à Yumen :

« Il y aurait à Yu-men un magistrat qui juge en première instance, au civil et au criminel. Il pourrait infliger jusqu’à 15 ans de travail disciplinaire, mais le jugement devrait être confirmé par l’instance supérieure. Ce qui me parait d’autant plus dur qu’il n’y a pas d’avocats dans l’oasis. Le prévenu qu’on doit juger dans les 48 heures, se défend seul; il peut citer quelques témoins à décharge. »
Quelques renseignements sur les salaires et prix en terre du socialisme de M. Étiemble :
Les salaires. – 8 échelons artisans dans la fabrique de reproductions de peinture :
– 40 à 100 yuans par mois (6 000 à 15 000 F), moyenne 60;
– Professeur d’Université : 200 yuans en moyenne par mois;
– Ingénieur en chef du pétrole : 270 yuans par mois;
– Ingénieurs : 150 yuans mensuels.

La moyenne du salaire ouvrier est de 60 yuans mensuels; certains touchent jusqu’à 100 yuans.

– Industrie du coton : ouvriers, de 32 à 105 yuans; contremaîtres, 120 yuans; ingénieurs, jusqu’à 240 yuans; le directeur gagnait moins que l’ingénieur le mieux rémunéré.

Les prix. – Dans les magasins d’État :

– Casquette, 600 F; chaussures médiocres, 3 000 F; veste, 5 000 à 13 000 F; toque fourrure, 30 000,00 F; appareil Zeiss, 2 000 à 3 000 yuans (300 000 à 450 000 frs); vélos chinois, 150 yuans; japonais, 200 yuans; anglais, 500 yuans.
Ces chiffres qui nous montrent un éventail de salaires peu ouvert, nous donnent une fausse idée de la situation sociale, car l’auteur ne nous renseigne pas sur les privilèges matériels accordés aux cadres, dirigeants, et aux soutiens du régime.

Avec des outils les plus rudimentaires à bras et à dos d’hommes, de femmes, d’enfants, on construit des routes, on élève des barrages, on bâtit des villes nouvelles. Les ouvriers damnaient la terre jaune avec une hie de pierre qui ne diffère pas de celle qu’on utilisait sous les Chang il y a quatre mille ans.
« Oui, dit M. Étiemble, l’homme ici doit longtemps encore faire la bête de somme; aussi longtemps que le pays n’aura pas eu le moyen de se fabriquer tous les chevaux-vapeur dont le privèrent trois siècles de stagnation. »

Mais qui est cet « homme-bête de somme » ? Ce ne sont sûrement pas ceux qui dirigent, commandent et punissent, et qui justifient leur existence en évoquant la barbarie des régimes du passé pour voiler la face hideuse de leur propre barbarie. Et dans les pays dits « avancés » où il y a abondamment des chevaux-vapeur, cet « homme-bête de somme » a-t-il cessé d’exister ? Où ils existent sous forme de robots asservis à l’idéal de production industrielle.

Dans la future Chine industrialisée avec le même régime qu’aujourd’hui, le coolie chinois rejoindra son frère d’Europe et d’Amérique tout au plus au rang de robots.

M. Étiemble nous décrit sa visite d’une filature du Nord-Ouest :

« […] J’apprécie l’ordre, la propreté des ateliers nouveaux, et le visage des ouvrières… Rien de commun avec ce que nous savons que fut en Chine, jusqu’à la révolution, la vie des travailleurs. Quand nous arrivons à la salle d’apprêt pour les fils l’air devient irrespirable, en dépit d’une ventilation aussi satisfaisante que possible… Nous arrivons dans l’une des salles de tissage où travaillent 500 machines : l’enfer. Un bruit qui ne met pas dix minutes à nous assourdir, abrutir. Ce disant, je ne critique point la Chine socialiste dont je crois bien qu’elle fait tout ce que faire se peut pour rendre tolérable un terrible métier. Qu’elle serve les actionnaires d’une société bourgeoise, ou les technocrates d’une économie socialisée, la machine, hélas, n’est pas encore au service de l’homme.

« Toutes ces jeunes ouvrières, saines aujourd’hui plantureuses, et dont un tiers environ fut transplanté de Shanghai, quel portrait de la femme offriront-elles dans 20 ans ? Au cours d’une conversation avec le directeur, je l’interroge sur les effets du bruit; jusqu’à présent, il n’a rien remarqué… » (souligné par nous N.V.).

À la place des actionnaires bourgeois, M. Étiemble voit des technocrates d’une « économie socialisée », qui transforment les ouvriers en auxiliaires des machines.

N’empêche que M. Étiemble se complaît d’être le « singe » de cette bourgeoisie nouvelle, dont le président Mao est bien la tête.

Vu à Lo-Yang : « Tout ce quartier abonde en logements ouvriers. Sur 5 kilomètres environ, nous en comptons quelque 35 000. Pour ceux qui passeront des taudis que nous déplorions ce matin à ces appartements plus propres, plus spacieux, « Socialisme » aura un sens précis. À ce niveau de misère, qu’importe aux hommes la liberté de penser !… »

C’est aller un peu loin dans le mépris du sens des mots.

SUREXPLOITATION DES PAYSANS

Lorsque d’autre part, il examine la situation des paysans il estime, contrairement à M. me Simone de Beauvoir, qu’elle n’est pas brillante. Nous reproduisons ici quelques passages relatifs à la vie des paysans Yu-men.

« Toute l’Agriculture serait collectivisée; les terres réparties en fermes sur lesquelles vivent 200 à 300 familles (5 à 6 personnes par famille, rarement 20). Chaque famille cultive pour soi un lopin à raison d’un demi-meou par personne (1/30 d’ha environ, soit 300 m2); elle vend le produit au marché libre qui se tient tous les cinq jours. Seules denrées exclues de ce commerce : les plantes oléagineuses, le coton et le thé.

« D’après les statistiques officielles du ministère de l’Agriculture, 50% des fermes collectives sont pauvres : 100 yuans ou moins de revenu par famille et par an; 40% assez pauvres; 10% riches. À la coopérative horticole de Pékin, l’une des plus prospères de la Chine… le salaire moyen d’une famille est de 300 yuans par an. »

Visite d’une coopérative modèle à Tcheng-Tchéou (11 juin 1957). D’après le président : en 1942, 3 millions de Chinois périrent de faiM. Dans ce village de 213 familles, 280 victimes. Aujourd’hui : la coopérative groupe 1 936 familles, soit 9 000 personnes réparties en 17 villages, exploite 2 000 hectares, divisés en 69 groupes de travail (en général le groupe comprend 30 ou 40 familles); chacun doit obtenir du lot de terre qu’on le charge de cultiver un rendement préfixé.

« Tous ont désormais la nourriture et le vêtement assurés. »

Qu’entend-on par paysan riche ?

« Quand bien même il travaille de ses mains et peu importe la superficie qu’il cultive lui-même, quiconque emploie des ouvriers d’appoint est un paysan riche s’il tire du travail d’autrui plus du quart de son revenu. Paysan riche, celui qui travaille mais emploie des ouvriers agricoles. Propriétaire foncier, celui qui se borne à percevoir des fermages. »

La réforme agraire dans ce village :

« Deux propriétaires fonciers, cinq paysans riches se partageaient 1 200 des 3 000 meous du village (soit 80 hectares sur 200 et quelques); 206 autres se partageaient les 2 000 meous restants, de sorte que chaque famille pauvre ne cultivait en moyenne que 70 ares. Après avoir récupéré 800 meous de terres communales, la coopérative dispose maintenant de 4 000 meous que travaillent 213 familles, et chacune de ces familles (5 personnes en moyenne) reçoit 500 yuans par an (75 000 F par an), partie en nature et partie en espèces. À quoi s’ajoutent les ressources du lopin familial (2 meous 1/2 pour 5 personnes) : œufs, cochons, cultures vivrières. Quand il se loue à l’extérieur (transports pour les chantiers) le paysan verse à la coopérative le fruit de son effort qu’on ajoute alors à la masse sur laquelle se calcule le salaire coopératif. Cette rémunération de 500 yuans serait calculée pour deux adultes au travail; un fils aîné aux champs qui gagne dans les 300 yuans et la famille devient aisée. »

Comment sont réparties les tâches ?

« Une fois l’an, les paysans se réunissent par groupes de travail; ils élisent un directeur de groupe et un comité de gestion pour l’ensemble de la coopérative. Ce comité assigne les tâches en tenant compte des normes du plan, lesquelles sont établies à la sous-préfecture par une commission agricole à laquelle chaque coopérative a soumis ses propositions. Nul toutefois n’est tenu à travailler hors de la ferme. »

Tout ceci a l’air fort raisonnable. Il existe au moins théoriquement une gestion démocratique des coopératives. Mais on devine que les « normes du plan » règnent sur cette apparente démocratie. Sans doute chaque coopérative « soumet ses propositions » pour l’établissement du plan local. M. Étiemble cependant laisse dans l’ombre tout ce que le plan représente de dictatorial.

50 000 à 75 000 francs par an seulement !

Comment une terre aussi riche que la terre chinoise peut-elle rémunérer aussi maigrement ses paysans en voie de motorisation et rationalisation. C’est ici qu’on touche du doigt l’intervention écrasante de l’État capitaliste. Son idéal d’industrialisation à outrance, rapide, exige la surexploitation des producteurs (paysans et ouvriers) comme dans l’économie anglaise du 17ème siècle1.

L’époque et les méthodes varient, mais l’État ne s’oriente pas hors de ce but essentiel : faire contribuer au maximum les masses paysannes au fond d’accumulation primitive.

« D’après le rapport du ministre de l’Agriculture, très peu de fermes collectives peuvent offrir à leurs paysans un niveau de vie comparable à celui dont on nous assure que jouissent ceux que nous avons vus. Pour des gens qui, jusqu’en 1949 restaient à la merci des richards, des calamités naturelles et des seigneurs de la guerre, cette tarte à la crème de la propagande, la sécurité, le bol de riz assuré, n’est ce donc pas quelque chose? Depuis que je vécus en Égypte, j’ai compris que le communisme est la seule discipline qui puisse arracher à leur crasse, à leur misère, à leurs maladies, les pays vraiment arriérés. »

Quelle est l’idée exacte de M. Étiemble ?

Certainement qu’un pays arriéré, qui veut entrer dans le chœur des grandes nations industrielles, donc disposer d’un capital important pour monter ses usines, se voit obligé de transformer son agriculture désuète en agriculture moderne à grand rendement (réforme agraire, mécanisation, coopératives ou collectivisation, etc.), ce qui permet de prélever le nécessaire sur le travail paysan. Mais pourquoi M. Étiemble baptise-t-il « communisme » ici,  » socialisme » ailleurs, le régime chinois d’industrialisation actuelle, lui qui, par ailleurs, écrit :

« Dans l’esprit de Marx, le socialisme devrait affranchir l’homme et lui préparer les conditions matérielles d’une liberté vraie. La norme, le rendement, voilà leurs (des communistes) valeurs suprêmes. »

Nous touchons ici d’une façon très nette à l’équivoque, l’ambivalence, de la pensée de M. Étiemble.

Pourquoi cette équivoque ?

Voici comment s’exprime le professeur Étiemble :

« Qui enseigna longtemps n’attend plus d’une classe de 40 élèves qu’elle fournisse 35 garçons intelligents, loyaux, travailleurs, et sensibles; il sait qu’invinciblement, elle comptera 2/3 environ de médiocres (et l’autre tiers ?), ceux qui seront un jour ministres, sénateurs, industriels : les « cadres ». Aussi longtemps qu’une piqûre ne saura modifier les gènes, nous en resterons là. »

En soutenant le régime de Mao, M. Étiemble fait le dernier pas dans le découragement : il reconnaît implicitement le droit, à cette minorité « intelligente » de dominer et d’exploiter la majorité des « médiocres ». Et voilà comment il « déplore » qu’il y ait des victimes mais qu’il est « quand même » avec leurs bourreaux.

Théoriquement pourtant, il affirme son besoin de précision. Puisqu’il s’appuie sur d’Alembert (« qu’on s’épargnerait des questions et des peines si l’on déterminait enfin la signification des mots d’une manière nette et précise ! ») et sur le cheng-ming (doctrine chinoise de dénominations correctes)… nous nous étonnons qu’il emploie à la légère et sans les définir les mots socialisme et communisme.

Sans doute M. Étiemble conserve-t-il la nostalgie de la « liberté vraie » :

« Puissent les communistes chinois ne pas oublier que l’homme attend du socialisme, non pas seulement du riz, des normes, un vêtement, mais, au spirituel au moins autant qu’au temporel, un coin d’ombre où tourner sa meule, où ruminer des pensées solitaires qui féconderont le socialisme. Bien que le nouveau régime favorise l’incinération, il n’a point détruit les taupinières géantes, ces tombeaux un peu partout à perte de vue sur la plaine. Du point de vue rendement, comme disent les crétins, on aurait dû raser tout cela. Pour réaliser l’ambitieux plan de 12 ans, il faudra cultiver toutes les terres arables, et ne rien laisser en friche… »

Vœu pieux, déjà infirmé par les événements : les « communes » ont commencé à raser les cimetières; le rendement n’est pas un Dieu qu’on puisse mécontenter.

« Je n’oublie pourtant pas que la vie est rude aux rizières ! Dix heures au moins de travail chaque jour à la ferme collective; le temps qu’il faut donner aux quelques meous du lopin familial; les sangsues, la bilharziose, les jambes pourries. Point de riz quelquefois, et jamais de repos (payés ou non, les congés n’existent pas encore); souhaitons qu’un jour prochain l’exploitation collective permettra d’accorder aux paysans quelques jours de repos par an. »

Pas un jour de répit pour le repos. Que les paysans soient intelligents ou médiocres, le régime ne leur permet pas de penser. Ce n’est pas une question de gènes, Monsieur le Professeur. Mais pas plus dans les petites que dans les grandes choses, la contradiction ne semble beaucoup gêner M. Étiemble. Quand il pense aux paysans qui, avec leurs 6 yuans mensuels pour la nourriture, ne goûtent à la viande que deux ou trois fois par mois, toutes les chinoiseries raffinées qu’on lui fait déguster lui restent sur l’estomac. Il se complaît cependant, avec une insistance de gourmet, à la description voluptueuse des festins. Hélas… !

L’ÉPANOUISSEMENT DES « CENT FLEURS »

M. Étiemble consacre de nombreuses pages dans son livre à l’examen de la liberté de pensée et d’expression en Chine. Sur les pas de Khrouchtchev au Xième Congrès du parti russe, Mao Tsé-toung avait préconisé l’épanouissement des « cent fleurs ».

« Si l’on en croit M. Ts’ao Kang dans le Ta-Kong-Pao du 22 mai (1957), « les dirigeants communistes à cette époque considérèrent les intellectuels comme des objets de literie : utiles durant la nuit, gênants durant la journée ».

« La campagne de rectification et les premiers entretiens sur les cent fleurs ont révélé un mécontentement plus général et plus acerbe que celui auquel le Parti se croyait en butte. Un article comme celui du professeur Ko-Peiki (Jen min Je Pao, 31 mai) dépasse de loin l’humble requête : « J’estime que les rapports entre les masses et le parti sont bien pires qu’avant la libération… Dans l’Université où j’enseigne, les membres du parti jouent les policiers en bourgeois qui espionnent les masses… La Chine est un pays de 600 millions d’habitants, parmi lesquels il faut compter des contre-révolutionnaires; ce n’est pas la Chine du Parti Communiste… Bien que vous soyez les maîtres… ne nous méprisez point, nous autres intellectuels. Il se peut que cela tourne mal, que les masses vous renversent et vous massacrent. La disparition du Parti Communiste ne « signifierait pourtant pas celle de la Chine. Refuser la direction communiste, ce n’est donc pas trahir la patrie ». Pour conclure : « Si les trois fléaux ne sont pas vaincus (dogmatisme, bureaucratisme, égocentrisme), un raz-de-marée balaiera les responsables ».

Candidement, M. Étiemble se réjouit « de voir que dans un pays où règnent les communistes, la presse obtient le droit de formuler des critiques aussi peu académiques. Il est vrai qu’elles ne font guère que gloser les thèses du président Mao sur les trois vices du parti : dogmatisme, égocentrisme et manie bureaucratique ».

Mais il ne se demande pas pourquoi ces thèses du président Mao après que le régime a réduit les intellectuels au rôle d’objets. Il ne les met pas en relation de conséquence avec un malaise assez intense dans la population pour susciter les grèves de 1956. Et par conséquent, il ne croit pas un seul instant qu’il s’agit là, en même temps qu’une soupape de sûreté, d’un piège tendu aux naïfs qui rêvent encore de liberté. Il n’est que joie de ce que le Parti Communiste chinois démente une habitude despotique déjà historique : « tout habitué qu’il soit à vilipender l’adversaire pour la plus innocente peccadille, le Parti Communiste, quand il règne, n’a pas l’habitude d’accepter qu’on se permette à son endroit l’ombre d’un semblant de menace ».

Même de la part du Singe. Mais la stérilité des sciences sociales dans le régime de Mao était certainement devenue assez évidente pour que les dirigeants la ressentent comme un danger.

« Le 14 avril, à Tien-Tsin, lors d’une table ronde sur les cent fleurs et les cent écoles de pensée, le chef de l’Institut de Recherches Historiques à l’Université de Nankai, M. Lei Hai Tsong, disait… « En fait, le marxisme-léninisme a depuis longtemps cessé de progresser : il est toujours en l’état où le laissa la mort d’Engels en 1895. Depuis lors, Lénine et Staline ont bien proposé des idées neuves touchant deux ou trois problèmes très limités, mais ils n’ont guère traité que ceux que leur proposait la révolution qu’ils étaient en train de faire. Quand il s’agit d’interpréter des millénaires qui composent l’expérience historique de notre espèce, et de créer des sciences sociales à la page, autant avouer que le marxisme ne nous apporte rien depuis 1895. Voilà qui satisfait nos sectaires. Marx et Engels, eux, ne cessaient de réviser leurs théories, observant à cette fin les progrès de chaque science sociale, utilisant à cette fin tous les matériaux, tous les fruits de toutes recherches scientifiques. Leurs successeurs ont, hélas, décidé qu’Engels et Marx ont résolu tous les problèmes, et que les sciences sociales n’ont plus à progresser. La réalité dément cette prétention. »

(Jen Min Je Pao 21 et 21 avril 1957)

Le mécontentement se manifeste dans tous les domaines de la vie intellectuelle. Au théâtre, « tous les acteurs qui prennent la parole critiquent durement la bureaucratie du Parti, la tyrannie de l’idéologie et de la politique. La plupart des directeurs de théâtre sont « des cadres », assez souvent haut placés dans le Parti, mais ignorant tout du métier. Ils ne se soucient que de rendre le jeu des acteurs plus proche des sentiments et de l’idéologie des soldats de l’Armée Rouge… »

Cependant, on ne peut reprocher à M. Étiemble de ne pas voir l’incompatibilité entre liberté d’expression et régime totalitaire. Il cite M. Li, vice-président de l’école normale de Tien-Tsin :

« …Si l’on accepte que s’opposent les cent écoles mais si pourtant on considère le marxisme- léninisme comme la seule vérité, il peut arriver que les fervents de la vérité « empêchent les autres de s’exprimer ». Si d’autre part on renonce à cette norme, « il en peut résulter un état de confusion idéologique ». Que faire ? Ceci : « Considérer le marxisme-léninisme comme une arme dans la discussion », non point « comme la norme sur quoi se modeler »; puisque le marxisme-léninisme fatalement doit l’emporter, autant dire que nous le prenons comme l’idéologie directrice. » On n’est pas plus astucieux, ajoute M. Étiemble, car…

« Comment peut-on affirmer à la fois qu’on va laisser discuter les cent écoles et que « pour juger de la vérité » d’une théorie scientifique, on doit s’assurer d’abord qu’elle est conforme à six critères politiques dont celui-ci : pour être « vraie » une théorie scientifique doit « contribuer à renforcer la dictature du prolétariat, le centralisme démocratique, le rôle dirigeant du Parti Communiste et la solidarité socialiste ». »

Mais, cette question, M. Étiemble ne la pose pas à un membre du Comité Central, Tcheou-Yang, pas plus qu’il ne veut le mettre mal à l’aise en lui demandant pourquoi les Chinois qu’il interroge lui assurent qu’il n’y eut jamais de grèves en 1956. Sa candeur ne va certainement pas jusqu’à ne pas connaître les réponses réelles à ces questions : peur de la police secrète, et nature véritable du « libéralisme » des régimes de dictature.

La 8ème section du discours de Mao ne le laisse pas sans appréhension, dit-il. Les « six critères auxquels doit se soumettre toute école qui veut penser juste et par conséquent garde le droit de s’exprimer » permettraient de « boucler immédiatement quiconque désapprouve si peu que ce soit la théorie marxiste-léniniste, et la pratique du Parti Communiste chinois ».

…ET LA RÉPRESSION QUI SUIVIT

Pourtant, il déclare formellement : « Je me refuse à considérer la politique des cent fleurs comme un habile coup de filet, comme un « piège policier ».

Depuis lors, les faits ont parlé : Une répression féroce s’est abattue sur les imprudents et nous ne savons pas si elle a ouvert les yeux à M. Étiemble.

Déjà d’ailleurs, durant son séjour, M. Étiemble doit bien constater « qu’on organise des réunions d’ouvriers qui exigent la condamnation de cet impudent professeur (Ko-Pei-Ki) ». « Mais c’est pour préférer la nouvelle tyrannie à l’ancienne, les « communistes » aux mercantis, comme si toute autre possibilité était inaccessible.

Arrêtons-nous un instant sur le cas de l’écrivain Hou-Fong, membre déjà en 1927 de la Ligue des Jeunesses communistes et en prison avant les cent fleurs pour avoir revendiqué la liberté d’expression pour les auteurs.

M. Étiemble qui croit aux cent fleurs, s’adresse à M. me Chou-Nan, vice-présidente de l’Association culturelle, pour savoir ce qu’est devenu cet écrivain dont s’inquiète la gauche française et dont « France Observateur » parle avec sympathie pour sa doctrine des « Cinq poignards ».

Elle me répond : complot, correspondances saisies, activités fractionnistes et contre-révolutionnaires.

M. Étiemble demande les preuves du complot pour « rassurer la gauche », Mme Chou-Nan lui déclare : « Si on vous les mettait sous les yeux, ces preuves, vous ne pourriez y croire ». M. Étiemble trouve « intolérable » cette méfiance à l’égard d’un Français que sa formation et ses sentiments personnels préviennent pour Mao, il ne semble pas trouver intolérable d’abandonner Hou-Fong à l’arbitraire de la bureaucratie totalitaire.

Même attitude, quoique plus explicite, chez Tcheou-Yang, membre du CC déjà mentionné : « On ne l’aurait certes pas arrêté pour sa théorie littéraire des « cinq poignards ». Celui qu’on emprisonna, c’est l’organisateur d’une opposition ».

Nous voudrions savoir si M. Étiemble a eu le courage de poursuivre son enquête ou si son « besoin de précision » (voyez d’Alembert et la doctrine du Cheng-Ming) s’est trouvé endormi par ces réponses manière « procès de Moscou », et si son sens de la solidarité avec un penseur révolutionnaire a été si facilement enterré.

Qu’en pense la gauche française ?

M. Étiemble a su voir dans la révolte de Budapest d’Octobre 1956, un mouvement ouvrier contre l’impérialisme russe et ses valets hongrois. Il apprécie Mao, prenant à huis clos, fortement partie contre Rakosi et la tyrannie, en février 1957, et il s’inquiète (au lieu de s’indigner) lorsque Mao, dans son rapport public « admoneste durement ceux qui, en Chine, furent troublés par la répression russe ». Entre cette dernière attitude de Mao et le faible épanouissement des cent fleurs, il voit bien un lien :

« Les cent écoles ne discuteraient que pour autant qu’elles contribueraient à renforcer la direction du Parti Communiste« .

Et, il s’en prendrait bien au chargé d’affaires magyar rencontré à Pékin : « en buvant un pot, vers minuit, entrevu le chargé d’affaires magyar : jeune, visage intelligent, sa femme aussi. Si je n’étais l’hôte du gouvernement chinois, j’irais lui demander comment un homme doué d’un visage si franc, si lumineux, accepte de servir le massacreur des ouvriers, le geôlier de toute pensée, le gauleiter Kadar ».

L’éthique de M. Étiemble lui interdit-elle d’accomplir sa mission d’enquête auprès d’un gouvernement dont il est l’hôte et auprès de ses serviteurs ? Et si le chargé d’affaires magyar soutient Kadar, Mao Tsé-toung ne le soutient-il pas aussi ?

Et M. Étiemble, ne soutient-il pas Mao Tsé-toung ?

M. Étiemble se réjouit que le mot « trotskisme » ne fasse plus partie du vocabulaire chinois « pour la Chine, quelle chance ! », car le duel Staline-Trotski « eut pour seul effet de pourrir la pensée marxiste ». Mais il ne mentionne pas que presque tous les trotskistes chinois ont été assassinés par Mao Tsé-toung.

Ainsi, il évoque invariablement le passé pour faire l’apologie du présent. Contre ceux qui critiquent la dictature policière et militaire de Mao et de son parti, il s’écrit : « …je leur demanderai si elles n’ont jamais ouï parler de Ts’eu-hi, ces belles âmes, ou de fascisme chinois, ce sin-cheng-houo2 durant lequel on ne comptait les étudiants mitraillés, les professeurs emprisonnés, les journalistes massacrés, les chefs de syndicats torturés avec minutie, les marxistes mis hors la loi… ».

Au sujet de l’exécution dans les formes juridiques de 700 000 « contre-révolutionnaires » par le gouvernement de Mao (16% des 4 millions de suspects arrêtés, d’après Chou-En-Lai), tout en déplorant ces 700 000 victimes, il évoque le défunt « régime semi-colonial condamnant plusieurs millions de Chinois à mourir chaque année de faim ».

L’ouvrier, le paysan qui payent de leur chair l’industrialisation sous le règne des communistes pour la puissance de leurs nouveaux maîtres, la bourgeoisie nouvelle, ou la bureaucratie, ne peuvent se contenter de comparer leur sort à celui de ceux qui vivaient sous Chang-Kaï-Cheik.

À d’autres époques, correspondent d’autres possibilités.

Tous les maîtres du monde actuel évoquent invariablement la barbarie, les crimes des régimes du passé pour voiler leur propre barbarie, leurs propres crimes aux yeux de leurs esclaves.

M. Étiemble n’a fait qu’employer la même méthode que ceux dont il sert les intérêts.

_________________________
1 – Si bien analysée par K. Marx.
2 – Sous Chang-Kaï-Cheik.

2 Réponses to “N° 441 – Etiemble commis-pélerin suppôt de Mao (1959)”

  1. Le rapport Khroutchtchev de 1956 toujours invoqué par les mao-stals « La Bataille socialiste Says:

    […] Etiemble commis-pélerin suppôt de Mao, Ngo Van (1959) […]

  2. Avec Maximilien Rubel… Combats pour Marx 1954–1996: une amitié, une lutte (Ngo Van) « La Bataille socialiste Says:

    […] (qui deviendra un article pour La Révolution prolétarienne, juillet août 1959), sous le titre « M. Étiemble, commis pèlerin suppôt de Mao Tse-Toung. ») En été 1959, Maxime en vacances à Roscoif m’écrit […]

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