N° 267 – Nous ne marchons pas

Nous ne marchons pas !

(1938)

 


Paru dans La Révolution prolétarienne n°267 du 25 mars 1938.

 

Le spectre de la guerre plane de nouveau sur l’Europe et sur le monde.
Vingt ans après la fin de la Grande Guerre, le règne du capitalisme menace de redonner aux peuples, avec la crise économique et le chômage, son produit naturel et sanglant.
La force de paix que nous avions salué en 1917 dans la première Révolution socialiste a pris place dans le jeu criminel des forces de guerre.

 

Travailleurs, ne soyez pas dupes de ceux qui disent vouloir l’Union sacrée pour sauver la Paix et la Démocratie.
Associer la classe ouvrière – qui a tout à perdre dans la guerre – aux puissances économiques maîtresses du pays – qui, elles, ont tout à y gagner – c’est, en réalité, préparer le consentement général nécessaire au conflit armé.

Pour notre part, nous ne marchons pas dans l’Union sacrée parce que nous ne voulons pas marcher dans la guerre.

Nous déclarons que ceux qui, au nom de la classe ouvrière, réclament l’Union sacrée et l’accélération des productions de défense nationale trahissent, consciemment ou non, les intérêts des travailleurs et la cause de la Paix.

 

Il n’est pas de défense nationale en régime capitaliste.
La classe ouvrière représente la seule force de paix.
Par-dessus les frontières, les travailleurs de tous les pays devraient se tendre la main.

La lutte pour la paix consiste à préparer l’avènement de l’internationalisme ouvrier par le triomphe, dans chaque pays, de la révolution prolétarienne.

Nous ne devons nous associer ni nous confondre avec notre propre bourgeoisie.

Nous devons détruire son pouvoir économique et lui substituer le pouvoir direct et libre des Syndicats ouvriers.

 

Le fascisme de Mussolini et le racisme de Hitler représentent la forme brutale de la domination capitaliste.

Mussolini et Hitler ont triomphé grâce à l’incapacité et à l’abdication des mouvements ouvriers d’Italie et d’Allemagne.

L’écrasement des ouvriers autrichiens par Dollfus et Schuschnigg fut la préface de l’annexion par Hitler.

L’Union sacrée en France nous placerait sous une dictature identique.

Nous ne marchons pas dans l’Union sacrée parce que nous ne voulons pas marcher dans le fascisme.

Au lieu de s’asservir à son capitalisme, la classe ouvrière française devrait, par-dessus Mussolini et Hitler, montrer à la classe ouvrière allemande et italienne le chemin de la libération.

Travailleurs français, la première condition de votre libération, c’est un mouvement syndical fort, indépendant de la bourgeoisie et de son gouvernement, exclusivement au service de la classe ouvrière française et internationale.

 

Toute classe ouvrière en lutte pour détruire la domination capitaliste devrait nous trouver à ses côtés, sur quelque point du globe que ce soit.

Dès le début de la guerre d’Espagne, l’effort direct des organisations ouvrières françaises aurait dû être considérable.

On eut le tort de compter sur un gouvernement d’origine populaire mais prisonnier des puissances économiques, qui empêcha les ouvriers espagnols de se procurer les moyens de vaincre leur bourgeoisie.

Pouvait-il mieux démontrer que la défense nationale et l’Union sacrée n’entrent en jeu qu’au moment où le capitalisme d’un pays se sent en péril ?

 

Nous ne sommes qu’une poignée.
Bien décidés à ne pas recommencer 1914, nous appelons les travailleurs à se joindre à nous pour lutter contre la guerre en préparant la libération syndicale.

Certains disent : « Plutôt la guerre que la servitude ».

D’autres : « Plutôt la servitude que la guerre ».

Nous crions :

Ni la guerre, ni la servitude !

A bas le capitalisme et le fascisme tous deux fauteurs de guerre !

Vive la paix par la révolution ouvrière internationale !

Dans chaque pays, tout le pouvoir aux Syndicats ouvriers !

[La Révolution Prolétarienne n° 267 (mars 1938)]

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