N° 178 – Donnez des juges aux prolétaires russes

Donnez des juges aux prolétaires russes!

Camarades prolétaires français, vous avez beaucoup fait pour sauver la vie de Dimitrov, de Tanev et de Popov.

Vous ferez encore plus pour arracher Thälmann et ses camarades des sanglantes serres du fascisme.

Et nous sommes avec vous, de toutes nos forces et capacités, nous, prolétaires groupés dans le Parti Communiste Ouvrier de l’U.R.S.S.

Mais organiser le prolétariat en une force vive ne se peut qu’après qu’il aura connu toute la vérité, quand il saura pourquoi et comment combattre. Nous vous offrons une parcelle de cette vérité.

« LA VOIE OUVRIERE VERS LE POUVOIR »

Ce journal organe du C.C. du Parti Communiste Ouvrier de l’URSS avait pour rédacteur l’ouvrier métallo, Serge Tiounov, qui l’éditait illégalement en 1928, en U.R.S.S. Citons des passages du n° 6 et dernier de ce journal :

« 1. L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes.

« 2. Luttant pour leur émancipation, les travailleurs doivent tendre non point à la création de nouveaux privilèges et monopoles mais à la suppression de toute domination de classe

« 3. En complet accord avec ces principes, le Parti communiste ouvrier de l’U.R.S.S. donne cette explication que le monopole sur les moyens de production et de répartition, du côté de la bureaucratie de l’U.R.S.S. doit être supprimé et le prolétariat organisé en classe par les soviets des députés ouvriers des entreprises, des coopératives et des syndicats, doit se mettre à la tête la production, de la répartition et du contrôle, transformant en même temps ces organisations en institutions gouvernementales.

« 4. Le Parti ouvrier communiste de l’Union défend le mot d’ordre de l’époque : l’élévation du prolétariat au degré d’une classe dominante. La production par le soviet. La répartition par la coopérative. Le contrôle syndical. Pour l’État ouvrier. Pour la dictature du prolétariat. Pour la démocratie ouvrière. »

REGRESSION

C’est le programme de la révolution prolétarienne. A défaut de la réalisation de ce programme, il n’y a pas, il ne peut y avoir de révolution prolétarienne. Et c’était là le grand signe d’Octobre.

Déjà en 1920, à cause des effets épouvantables de la guerre, l’industrie était ruinée et le prolétariat presque anéanti, et alors se produisit un déplacement des bases de classe de l’État. A la tête de toutes les entreprises, il y eut, au lieu des représentants ouvriers, un directeur-bureaucrate.

En 1921, les syndicats, qui avaient jusqu’alors tous les organes du pouvoir furent privés de ces droits-là et transformés en des ‘écoles de communisme’, c’est-à-dire en des tribunes pour la bureaucratie.

En 1921, furent créées des entreprises commerciales d’État et la coopération occupa une situation subordonnée à la machine bureaucratique.

En 1921, le prolétariat fut privé du droit de s’organiser en groupes, fractions, partis, perdit la liberté de réunions, de la parole et de la presse.

Et dès lors, le bureaucratie, organisée en un seul parti ayant usurpé là pouvoir dans la production comme dans l’État, domine sans aucun contrôle le prolétariat en Russie.

Alors déjà, en 1920, furent jetées les bases du Parti ouvrier communiste : au début, dans une Opposition ouvrière; ensuite, dans un groupe ouvrier du Parti communiste; et enfin s’institua le Parti communiste ouvrier.

REPRESSION

Depuis lors, nous autres, ouvriers communistes, pour avoir fait la propagande pacifique des idées de la Révolution d’Octobre, on nous fait pourrir en prison, on nous déporte, on nous bannit, sans nous laisser, à nous prolétariat, même le droit de jugement public, le droit de défense ouverte, au moins ce droit dont a joui Dimitrov dans l’Allemagne fasciste de Hitler.

Et songez, camarades, Serge Tiounov, métallo, pour avoir fait une propagande pacifique des idées de la Révolution d’Octobre, pour avoir publié six numéros d’un périodique, est en cellule depuis six ans, d’abord à Moscou, puis à Verkhne-Ouralsk, puis encore à Moscou, et maintenant de nouveau à Verkhne-Ouralsk.

Dimitrov, tu as dit qu’en six mois, dans la prison de Hitler, tu as perdu vingt kilogrammes de ton poids. Apprends donc, Dimitrov, que Serge Tiounov, détenu depuis six ans dans les prisons de Staline n’est plus qu’un squelette mouvant. Dimitrov, réponds. Disons-nous la vérité?

Est-il vrai, Dimitrov, que pour Ia propagande pacifique de ces mots d’ordre, qui sont ceux de la Révolution d’Octobre, nous prolétaires de la Russie soviétique, par milliers nous sommes jetés en prison.

Réponds! Est-ce vrai?

Réponds! Es-tu partisan d’une violence clandestinement exercée sur nous, prolétaires de Russie?

AUX PR0LETAIRES FRANÇAIS

Camarades, ouvriers, communistes, socialistes, anarchistes, travailleurs de la C.G.T.U. et de la C.G.T. et des syndicats autonomes, vous avez sauvé la vie de Dimitrov, et vous êtes en droit de lui demander une réponse.

SI vous doutez de notre bonne foi, réunissez-vous en assemblées, prenez l’initiative de réclamer au gouvernement bureaucratique de l’U.R.S.S. les six numéros la Voie Ouvrière vers le Pouvoir, demandez où se trouve Serge Tiounov, depuis 1928 et jusqu’à ce jour. Demandez pourquoi l’on ne lui a pas fait son procès au grand jour.

Sauvons Tiounov I

Toutes les motions adoptées, copies de lettres, questions ouvertes, veuillez les expédier aux représentants du Parti ouvrier communiste de l’U.R.S.S. « LIBRAIRE DU TRAVAIL (M), 17, rue de Sambre-et-Meuse, Paris (10e).

G. Miasnikov,

Représentant du Bureau Central

du Parti Communiste Ouvrier de l’U.R.S.S.

La Révolution prolétarienne, n° 178, 10 juillet 1934

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