LETTRE D’AMÉRIQUE: Pandémie, racisme… et Trump

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Extrait de La RP N°809 (juin-juillet 2020):

Voilà les trois fléaux auxquels les États-Unis se trouvent confrontés, et chacun rend les deux autres plus dangereux. Je parlerai ici surtout des deux premiers, mais le troisième est toujours là en filigrane. La COVID-19 est nouvelle, mais les graves problèmes de notre système de santé ne le sont pas ; le racisme à l’encontre des Noirs est ancien : il commence avec l’arrivée du premier bateau d’esclaves dans la colonie britannique de Virginie en 1619. L’élection de notre président fascisant et raciste ne date que de 2016 mais les causes profondes de son élection remontent au passé de la nation, à la persistance du racisme.

I. TRUMP ET LA PANDÉMIE

Deux mois avant le début de la pandémie en Chine, le gouvernement Trump a mis fin à un programme d’alerte précoce de 200 millions de dollars. Le 20 janvier, les États-Unis et la Corée du Sud ont chacun signalé leurs premiers cas de coronavirus. Au moment où j’écris, la Corée du Sud compte un peu moins de 11 700 cas de la maladie et 275 décès. Les États-Unis ont maintenant plus de 2 000 000 cas de COVID et près de 115 000 morts. Pourquoi cette différence entre ces deux pays ? « La Corée du Sud est gouvernée par des adultes responsables et les États-Unis ne le sont pas. » [1]

En janvier et février, Trump ignore les avertissements alarmants de nos agences de renseignement concernant la pandémie, refusant de croire à la réalité de la menace et bloquant les préparatifs nécessaires. En février, il affirme : « Elle va disparaître. Un jour, c’est comme un miracle, elle disparaîtra. » Fin février, contredisant ses propres responsables de la santé, il vante son gouvernement, « magnifiquement organisé » et « totalement préparé » pour lutter contre le virus. Par la suite : « Personne n’aurait pu prévoir ça ! » clame-t-il, sans craindre le ridicule, pour encore changer de message après : c’est la faute à la Chine !… à l’OMS ! Et il supprime notre contribution à son fonctionnement. Lorsque la pandémie fait rage, il médite à la télévision sur les avantages de s’injecter du Lysol (ingrédient principal, peroxyde d’hydrogène) et vante la chloroquinine comme préventif.

Enfin, à la mi-avril, Trump agit ! Songeant à l’économie avant tout, il nomme son beau-fils Jared Kushner et son épouse au « Council to Re-open America ». Le couple, hautement qualifié, saura juger le moment où la pandémie sera suffisamment maîtrisée pour qu’on puisse reprendre le cours normal de l’activité économique : Kushner est dans l’immobilier et Ivanka vend sa marque de vêtements.

J’avais dit dans une de mes premières Lettres que pour comprendre les États-Unis, il est important de garder à l’esprit que c’est une fédération de cinquante États, un pays beaucoup moins centralisé que la France. Pourtant, avec la crise pandémique, il faut bien, pour combattre la maladie, avoir un plan national et coordonné. Or, après des mois où le Parrain a traité la pandémie de « canular inventé par les Démocrates pour me faire mal voir », nous avons eu droit au spectacle des gouverneurs de différents États entrer en concurrence pour obtenir du gouvernement fédéral et même de certains pays étrangers l’équipement sanitaire essentiel [2]. La méfiance de Trump à l’égard de la science (au cours de ses trois années de mandat, il n’a pourvu que 39 postes scientifiques sur les 83 à pourvoir dans le secteur public et son négationnisme en matière de changement climatique est bien connu), sa tendance à croire aux théories du complot, à renforcer les clivages politiques plutôt qu’à tenter d’unifier le pays, ont fait des États-Unis le champion du monde… du nombre des victimes de la COVID-19.

La devise de ce gouvernement pourrait bien être celle du général José Millán Astray [3] en 1936 : « ¡Abajo la inteligencia! ¡Viva la muerte! »

La pandémie a mis à nu les disparités économiques et la faillite de notre système de santé. Les milliardaires se retirent sur leurs yachts, ayant augmenté leur fortune de 565 milliards de dollars depuis la mi-mars, les gens qui ont un travail intellectuel bien ou assez bien payé peuvent travailler chez eux sur leur ordinateur tandis que des millions de travailleurs mal payés, dont 10% n’ont aucune assurance maladie, occupent des emplois manuels comme commis d’épicerie ou livreur, avec un plus grand risque d’infection ; idem pour les aides-soignant(e)s, également mal payé(e)s, qui doivent continuer à se présenter au travail au risque d’être infecté(e)s et doivent, souvent, se rendre à leur travail en empruntant les transports publics.

Rappelons qu’en Amérique, l’assurance maladie est liée à l’emploi : perdre son emploi veut dire perdre son assurance. Nous avons plus de 20 millions de chômeurs, la plupart créés par le confinement – mesure de dernier recours contre la COVID prise par les villes et les États après l’inaction de Washington ; on peut imaginer ce que cela veut dire pour eux au milieu d’une épidémie.

Les inégalités se renforcent. Même lorsque le Congrès est intervenu pour éviter le pire, le plan de sauvetage pour parer aux effets économiques désastreux liés à la COVID a accordé aux riches et aux grandes entreprises une réduction d’impôts de 200 milliards de dollars, soit cinq fois plus que les 42 milliards destinés aux programmes de protection sociale, bien plus que les 180 milliards accordés aux hôpitaux et aux soignants et que les 150 milliards d’aide accordés aux gouvernements des États et aux collectivités locales en première ligne de cette crise.

La pandémie a aggravé les disparités raciales. Il y a, proportionnellement, bien plus de Noirs que de Blancs parmi les millions de travailleurs mal payés qui occupent les emplois dont il est question plus haut. Près de 23% des personnes décédées de la Covid-19 aux États-Unis sont noirs alors que les Noirs ne représentent qu’environ 13% de la population américaine. À Chicago, la moitié des cas de COVID-19 sont noirs, comme le sont 72 % des personnes mortes du virus, alors que moins d’un tiers de la population totale de la ville est noire. Dans les quartiers noirs,  même avant le meurtre de George Floyd on entendait : ‘‘If the police don’t get you, the pandemic will’’ – « Si c’est pas la police, le virus t’aura »).

II. RACISME, POLICE, ET SOCIÉTÉ CIVILE

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la rage des Noirs et pourquoi ce meurtre a tant secoué les États-Unis d’abord, où plus de 400 villes ont manifesté contre la violence policière et l’injustice faite aux Noirs – manifestations qui en sont à leur troisième semaine au moment où j’écris – et qui ont enflammé ensuite d’autres pays : le racisme, une police violente, ne sont pas limités aux seuls États-Unis. Cette colère se comprend dans le contexte de la vieille inégalité économique et sociale qui perdure dans la population noire[4] et surtout dans le contexte d’une longue liste d’homicides semblables, les uns plus choquants que les autres, sans que personne soit jamais condamné pour ces crimes. Le 13 mars, par exemple, Breonna Taylor, 26 ans, aide-soignante, est tuée dans son lit par des flics à Louisville, dans le Kentucky. Aucune enquête5. Son cas est devenu célèbre seulement deux mois plus tard, après l’assassinat de George Floyd qui, lui, a eu la « chance » d’avoir son agonie filmée[6]. Partout dans le pays des chefs de la police ont aussitôt dénoncé l’officier principalement responsable de ce meurtre ; lui et ses trois collègues témoins de l’assassinat ont été aussitôt limogés. (Notons qu’il y a environ 18 000 services de police aux États-Unis, dont le fonctionnement dépend entièrement de chaque ville.) Durant les longues journées qui ont suivi à Minneapolis la mort de George Floyd, aucune arrestation, aucune inculpation. Les manifestations à Los Angeles, à New York, à Minneapolis, à Philadelphie, à Washington et ailleurs tournent à l’émeute : on allume des incendies, on pille des magasins…

Que penser de ces émeutes ? En 1967, Martin Luther King, cet apôtre de la non-violence, condamne les émeutes qui ont éclaté dans beaucoup de communautés noires à la fin des années 60, les qualifiant de « socialement destructrices » et vouées à l’échec. Mais il ajoute des mots qui valent, il me semble, non seulement pour l’Amérique, mais aussi pour la France de ces dernières années[7] :
« Une émeute est le langage de ceux qui ne sont pas entendus[8]. Et qu’est-ce que l’Amérique n’a pas entendu ? Elle n’a pas entendu que la situation des Noirs pauvres s’est aggravée ces dernières années. Elle n’a pas entendu que les promesses de liberté et de justice n’ont pas été tenues. Et elle n’a pas entendu que de larges segments de la société blanche sont plus préoccupés par la tranquillité et le statu quo que par la justice, l’égalité et l’humanité. Ainsi, les étés d’émeutes de notre nation sont causés par les hivers de retard de notre nation. Et tant que l’Amérique retardera la justice, nous aurons ces récurrences de violence et d’émeutes encore et encore. La justice et le progrès social sont les garants absolus de la prévention des émeutes. »

Par la suite, cela se déroule selon un scénario bien connu en France : la violence est réprimée avec violence, la non-violence aussi est réprimée avec violence, et dans de nombreuses villes, des manifestations contre la violence policière sont accueillies par une violence policière accrue qui devient un sujet d’opprobre dans de nombreux pays. Les manifestants font généralement face à une police en tenue anti-émeute et l’équipement quasi-militaire de la police est de plus en plus ressenti comme une provocation. Slogan scandé dans des manifestations pacifiques : « Take. Off. The riot gear. There ain’t. No. Riot here.[9] »

Ce n’est pas le cas partout. En réalité, les réactions policières sont extrêmement diverses : à Houston (Texas), la ville de George Floyd, le chef de la police 8, mettant un genou en terre en signe de solidarité avec les manifestants, geste très connu depuis 2018 lorsque le quarterback noir Colin Kaepernick se mettait sur un genou pendant l’hymne national avant chaque match de foot américain de la NFL[10] pour protester contre la violence faite aux Noirs. À Minneapolis, un policier noir s’est agenouillé par solidarité avec les manifestants, de même que le chef de la police d’Atlanta en Géorgie.

Quant à Washington… On connaît la séance photo de notre Tartuffe fascisant, précédée par le gazage et le tabassage de manifestants paisibles et de journalistes dans un parc près de la Maison Blanche pour qu’il puisse parader à pied jusqu’à une église et brandir une Bible. Le jour même, il menace de déployer les forces armées contre les manifestants, « des voyous » et « des terroristes d’extrême gauche » (alors qu’il avait qualifié de « good people » les protestataires armés qui avaient envahi le bâtiment de la Législature du Michigan)[11]. Cette farce sinistre a été condamnée par l’évêque épiscopalien de Washington et d’autres religieux éminents, par l’amiral Mike Mullen, ancien chef d’état-major des armées, et surtout par James Mattis dans un article cinglant publié le lendemain, particulièrement intéressant : celui qui le signe est un général décoré des Marines, Ministre de la défense du gouvernement Trump de 2017 à 2019. Son résumé de la situation, véritable appel à la résistance, mérite d’être cité longuement[12].

Les manifestations paisibles s’étendent et s’amplifient. Des milliers de Blancs rejoignent les Noirs – dont Mitt Romney, le candidat Républicain contre Barack Obama en 2012. Dans ma petite ville, la cheffe de la police took a knee et les centaines de jeunes manifestant(e)s en colère devant le commissariat se sont calmé(e)s ;[13] Idem dans les villes voisines de Springfield (170 000 habitants), Easthampton (16 000) et Holyoke : dans cette ville post-industrielle[14], les organisatrices, deux Latinas, ont expliqué aux manifestants comment rester en colère, mais sans violences. On scande : « George can’t breathe, so we scream ! »[15] Fait extraordinaire, le chef de la police a demandé aux organisatrices s’il pouvait participer à la marche vers le poste de police. Ensuite, il a distribué aux manifestants quelques boîtes de masques. À un moment donné, toute la foule took a knee, observant, genou à terre, un silence de 8 minutes 46 secondes, le temps qu’a duré l’agonie de George Floyd. Une des organisatrices a fait part d’une liste de revendications au service de la police. Pas de confrontation. Scènes semblables dans l’État voisin du Connecticut, où le gouverneur déclare fièrement :« It’s the Connecticut way. »[16] Dans le New Hampshire, notre voisin au nord, le gouverneur annonce qu’il a toujours autorisé les manifestations, même quand elles étaient dirigées contre lui. De l’autre côté du pays, à San Francisco, mes petits-enfants, Jakob (15 ans) et Ayva (17 ans), ont participé à leur première manifestation, organisée par une lycéenne latina de leur quartier âgée elle aussi de 17 ans. Entre 20 et 30 000 personnes selon les médias, très jeunes pour la plupart. « C’était paisible et joyeux », dit Ayva.

Pour le moment, ces manifestations nombreuses et massives semblent efficaces.

D’abord un petit événement qui a pourtant une place significative dans cette « guerre des cultures » très américaine. Le 5 juin, après que des joueurs vedettes de la NFL eurent produit un montage vidéo demandant à la Ligue de s’attaquer au racisme systémique[17], le commissaire de la NFL, Roger Goodell, a déclaré qu’il s’excusait de ne pas avoir écouté les préoccupations des joueurs afro-américains et qu’il soutenait leur droit de protester pacifiquement. Trump, comme d’habitude, s’est mis à tweeter sa rengaine d’il y un an : qu’il était irrespectueux de s’agenouiller pendant l’hymne national, que c’était un manque de respect envers le drapeau. Le drapeau, la Bible dans sa séance photo – des symboles forts dans la « guerre des cultures », le foot américain aussi. En 2018, beaucoup de spectateurs avaient hué Kaepernick et ses camarades ; le quarterback n’a pas eu de contrat l’année suivante. Trump avait gagné, semblait-il. Et voilà maintenant que le commissaire Goodell, dont la position dépend des richissimes propriétaires des équipes de la Ligue, déclare, en réponse au président, que la NFL encourageait (!) les footballeurs à parler pour dénoncer l’injustice.

Les policiers responsables du meurtre de George Floyd ont tous été inculpés maintenant et Derek Chauvin, le flic assassin, attend son procès en prison. Le chef de la police de Louisville a été licencié : après le cas Breonna Taylor, des policiers ont tué David McAtee, un manifestant qui tenait un stand de barbecue. Des enquêtes sont en cours sur les meurtres de McAtee et de Breonna Taylor. Certaines villes mettent rapidement en place des mesures pour réformer leur police, y compris Louisville, qui a suspendu l’utilisation des mandats « sans toc »[18]. Des changements de pensée et de comportement impensables hier se produisent maintenant, et rapidement. Il y a une forte pression sur les villes pour qu’elles transfèrent une partie importante des fonds affectés à la police dans les services sociaux. C’est à peu près ce qui vient d’arriver dans ma ville de Northampton. Et le conseil municipal de Minneapolis vient de promettre qu’il démantèlera le département de la police pour créer une institution nouvelle au service de la communauté.

La partie n’est pas gagnée, loin de là. Le racisme a des racines profondes dans le pays, Trump, dont l’instinct est de réprimer durement et violemment, est toujours soutenu par sa « base » fanatique. Robert Reich résume bien la situation actuelle : « L’histoire nous enseigne que les protestations de masse contre l’oppression peuvent conduire soit à la libération, soit à une répression brutale. »

Bien que le taux d’approbation de Trump soit au plus bas, l’angoisse monte. Voter pendant une pandémie n’est pas évident et pour Trump, pas question de voter par correspondance. Les experts craignent l’ingérence russe : campagne de désinformation sur les médias sociaux, piratage des machines de vote électroniques. Une journaliste sérieuse19 a même posé la question, aussi impensable hier que les changements positifs mentionnés plus haut : « Serons-nous libres de voter ? »

David BALL

Notes
1. Michael Cohen, chroniqueur au Boston Globe. À ne pas confondre avec son homonyme, l’un des malfrats au service de Trump qui a plaidé coupable de divers chefs d’inculpation, y compris de mensonge au FBI. Condamné à trois ans de prison, il a été libéré par William Barr, l’Attorney General (Garde des Sceaux) nommé par Trump et qui semble de plus en plus son avocat personnel plutôt que le ministre de la Justice.
2. Le pays est devenu « un navire à cinquante gouvernails dont le capitaine dort ou a abdiqué. » – John Cassidy, The New Yorker.
3. Idéologue fasciste, proche de Franco.
4. Voir « Les États-Unis en Noir et Blanc », RP, septembre 2014.
5. Le compagnon de Breonna, pensant qu’ils étaient des cambrioleurs, leur a tiré dessus. C’était suffisant pour le procureur. Aucune action en justice n’a été entreprise.
6. Cela s’est passé en plein jour et son agonie a duré presque 9 minutes. Si mes sources sont exactes, celle d’Adama Traoré a duré huit minutes aussi,mais personne ne l’a filmée.
7. Dans son discours « L’autre Amérique.
8. Plus concis dans l’original : “A riot is the language of the unheard.”
9. Littéralement (mais le rythme et la rime sont perdus) : « Pas d’équipement anti-émeute / Y a pas d’émeute ici. »
10. National Football League.
11. On songe aussi à sa sympathie il y a deux ans pour les Nazis qui avaient envahi Charlottesville, qualifiés de « braves gens».
12. James Mattis : «  J’ai suivi les événements de cette semaine, en colère, consterné. Les mots Equal Justice Under Law sont gravés sur le fronton de la Cour suprême des États-Unis. C’est précisément ce que les manifestants réclament. C’est une demande saine et unificatrice. Nous ne devons pas nous laisser distraire par un petit nombre de contrevenants. Les protestations sont définies par des dizaines de milliers de personnes de conscience qui exigent que nous soyons à la hauteur de nos valeurs. Lorsque j’ai rejoint les forces armées j’ai fait le serment de soutenir et de défendre la Constitution. Jamais je n’aurais pu imaginer que des militaires prêtant ce même serment se voient ordonner de violer les droits constitutionnels de leurs concitoyens – et encore moins d’offrir une séance de photos bizarre au commandant en chef élu, avec les dirigeants militaires à ses côtés. Nous devons rejeter toute idée que nos villes sont un « espace de combat » que nos militaires en uniforme sont appelés à « dominer ». [Battlespace, mot de l’actuel ministre de la Défense ; dominate, de Trump. Mattis rappelle ensuite que la devise américaine In unity, there is strength – la force est dans l’union – fut citée aux troupes américaines avant le débarquement en Normandie et il continue dans cette veine. – DB.] Nous devons faire appel à cette unité pour surmonter cette crise. Donald Trump est le premier président de mon vivant qui n’essaie pas d’unir le peuple américain – il ne prétend même pas essayer. Ce qu’il veut, c’est nous diviser. (. . .) Nous pouvons nous unir sans lui, en nous appuyant sur les forces vives de notre société civile. Ce ne sera pas facile, comme ces derniers jours l’ont montré, mais nous le devons à nos concitoyens, aux générations passées qui ont versé leur sang pour défendre nos valeurs, et à nos enfants. »
13. Trois jours plus tard, 4 500 manifestants ont rempli le centre-ville. Beaucoup de lycéens de la ville et des jeunes des villes voisines pour la plupart. Des voitures de police, y compris la police de l’État (state troopers) étaient présents mais discrètement, loin du centre. Leur présence a été quand même vertement critiquée par les protestataires après coup. La ville a acquis une célébrité dont elle serait bien passée peu après : un lieutenant de la police avait dit que si un seul hamburger pourri était servi à MacDonald, on ne fermerait pas le restaurant pour autant. En rapportant ce propos, un satiriste à la télé a ajouté que ça vaudrait certainement une inspection des services de santé et que s’il y en avait beaucoup, des burgers pourris, le restaurant serait bel et bien fermé.
14. Voir le dernier numéro de La RP.
15 « George ne peut pas respirer, alors on crie ! »
16. « C’est comme ça qu’on fait dans le Connecticut. »
17. Bien que 68% des joueurs dans la National Football League soient noirs, il n’y a que cinq entraîneurs (coaches) noirs parmi les 32 équipes de la ligue. Le rôle du coach est plus important dans le football américain que celui d’entraîneur dans le football mondial. On attribue le succès éclatant des New England Patriots pendant cette décennie autant à son coach qu’à son quarterback, la position la plus importante de l’équipe.
18. Le mandat « sans toc » donne aux policiers le droit d’entrer sans frapper et sans porter leur uniforme.
19. Sue Halpern, qui couvre la Maison Blanche pour le New Yorker.

Northampton, le 6 juin

À droite : DON’T LOOK AWAY (Ne détourne pas les yeux) ; en bas, à gauche : No justice no peace. Defund the police. (Pas de justice, pas de paix. Coupez les fonds de la police.) [Photo Nicole Ball]

Une Réponse to “LETTRE D’AMÉRIQUE: Pandémie, racisme… et Trump”

  1. La Révolution prolétarienne N°809 | La Révolution prolétarienne Says:

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