Archive for avril 2007

La violence

avril 7, 2007

LIVRES

La violence

Par Véronique LE GOAZIOU

Coll. « Idées reçues », Ed. Le Cavalier Bleu, 31 rue de Belfond – 75009 Paris (128 pages, 8,90 euros)

Philosophe, sociologue et ethnologue, Véronique Le Goaziou invite ses lecteurs à garder les yeux ouverts, loin des fantasmes, des rumeurs, des représentations fallacieuses imposées par des medias ou idéologies à la mode. D’où la passionnantes problématique de la démarche. L’auteur part des idées reçues pour les soumettre au libre examen des faits, enrichi par l’exercice d’une connaissance sûre. Ainsi: laviolence résulte-t-elle de notre seule part animale? Sévit-elle surtout parmi les milieux les plus défavorisés? S’accroît-elle de nos jours? etc.

La sociologue explique notamment que la violence, « longtemps a été l’autre: le paysan des villages, le sauvage des contrées lointaines, le libertin, le cruel, le fou, l’errant, le pauvre, à chaque fois celui qui incarnait la figure contraire…« . On le constate encore aujourd’hui avec la figure du sauvageon des cités sensibles. Mais invoquant Hanna Arendt, elle rappelle combien la banalité du mal est en nous et comment il fait distinguer ses diverses manifestations: incivilité, délits, crimes… ainsi que les sources des indicateurs de déliquance et de criminalité. Quels que soient son origine et le lieu du monde où il habite, l’homme est toujours en cours de civilisation et, comme le souligne Norbert Elias dansz La Dynamique de l’Occident, « L’écot que chacun paie à une société à un moment donné, est aussi fonction de ce qu’elle procure à chacun de ses membres… »

Jean MOREAU

(n° 755)

Interview de Colette Chambelland (1999)

avril 6, 2007

INTERVIEW DE COLETTE CHAMBELLAND

pour Maitron.org

à l’occasion de la parution de son livre Pierre Monatte, une autre voix syndicaliste, paru aux Editions de l’Atelier en septembre 1999

Colette Chambelland a déja dirigé un ouvrage sur Le Musée social en son temps, publié aux Presses de l’école normale, Paris, 1998, 402 p. Pour le site Maitron, elle évoque le profil de Pierre Monatte, militant d’action directe.

Le Maitron.org : Vous allez publier en septembre prochain une biographie de Pierre Monatte. Est-ce le premier ouvrage qui lui est consacré ?

Colette Chambelland : C’est le premier en tant que biographie, mais il y avait déjà eu des publications de choix de textes et d’archives puisque avec Jean Maitron nous avions édité en 1968 des extraits de ses archives qui étaient considérables. J’ai publié des textes de Monatte sous le titre de La lutte syndicale chez François Maspéro.

LM : Pierre Monatte est à la fois connu et peu connu, il y a un intérêt réel autour du personnage et en même temps ce n’était pas un syndicaliste qui occupait des fonctions de premier plan.

CC : Non, il a toujours refusé toutes les responsabilités d’organisation. Il avait horreur du monde des permanents. Il n’a donc jamais été permanent dans aucune structure. Sa seule fonction a été sa participation à la Commission des bourses de la CGT pendant quelques années, de 1903 à 1914. Mais ce qui l’a le plus fait connaître, c’est la fondation de La Vie ouvrière sous forme de revue en 1909 et de La Révolution prolétarienne en 1925. La Vie ouvrière paraît encore comme revue de la CGT, mais sous d’autres formes et sous un autre titre, L’Hebdo. Quant à La Révolution prolétarienne, c’était plus une œuvre collective par rapport à La Vie ouvrière, qui était plutôt une création individuelle.

LM : Pouvez-vous caractériser ces revues ? Pourquoi sont-elles restées dans la mémoire et quel a été leur intérêt ?

CC : D’abord parce que le monde des revues était important, surtout pour la période avant 1914. Parce que c’était un milieu libre et on pouvait s’exprimer plus que dans un journal. Monatte aimait souvent rappeler une phrase de Pouget en disant  » le quotidien, le journal, c’est le pain, on l’achète tous les jours ; la revue ou l’hebdo c’est la brioche, on ne l’achète que de temps en temps, c’est une matière plus riche « . Les revues, malgré leur faible tirage ont eu un impact, tout comme la Nouvelle revue française qui avait d’ailleurs à ses débuts des tirages très limités. De plus, l’intérêt réside dans la conception de ces revues, en particulier La Vie ouvrière et après en 1925 La Révolution prolétarienne : ces revues devaient aider à former une action et des militants en les informant sans langue de bois, sans dogmatisme avec une ouverture aussi bien sur des problèmes internationaux que culturels. Il n’y a pas ce côté figé d’une revue militante. C’est très important. C’est pour ça que ces revues ont laissé des traces et qu’on les lit encore car on y trouve énormément d’informations sur le mouvement entre autres. Beaucoup de gens ont écrit dans La Vie ouvrière ou dans La Révolution prolétarienne comme Robert Debré qui est devenu après un très grand pédiatre, Bourguiba, ou les militants anticolonialistes. L’ouverture et le refus d’être simplement l’organe et l’expression d’un parti ou d’un syndicat quels qu’ils soient, est une autre caractéristique de ces revues. Elle s’applique aussi à la vie de Monatte et de ses amis.

LM : Alors pourquoi une biographie et non pas une étude de ces revues ?

CC : Je pense d’abord que la biographie est intéressante car elle permet de resituer l’homme lui-même avec ses caractéristiques, sa vie, et aussi, dans le cas de Monatte, on peut exploiter des archives personnelles et publiques absolument considérables. C’était quelqu’un qui gardait tout, en désordre peut-être, depuis ses cahiers de collège de Brioude. En plus il a tenu un journal personnel de 1928 au matin de sa mort en 1960. Ce sont des documents originaux. On peut saisir l’homme lui-même et pas seulement le militant. Dans la biographie, j’ai voulu lutter contre la vision stéréotypée du militant ouvrier. Il n’était pas ouvrier mais peu importe, il a toujours été pion et correcteur de presse jusqu’à sa mort. C’était surtout un homme de culture et un grand lecteur. Il gardait ses cahiers de lecture et lisait tout avec la même passion. Il a fréquenté aussi beaucoup de milieux intellectuels, à la fin de sa vie, Albert Camus était très proche de lui. Il y a des choses qui m’ont paru intéressantes de relever, par exemple, pendant l’Occupation, il faisait des corrections d’ouvrages pour Gallimard et Grasset par des relations personnelles. C’est lui qui a corrigé L’être et le néant et il a eu des contacts avec Sartre, qui se sont poursuivis après. Ils se sont séparés par la suite en désaccord sur les problèmes du communisme.

LM : Justement quel est le rapport de Monatte à la vie politique, au syndicalisme ? Comment se situe-t-il ?

CC : Il se situe comme un marginal. C’est le côté ni réformiste, ni stalinien. Il a été syndicaliste d’action directe avant 1914. Il s’est opposé très tôt aux déclarations de guerre de 1914, au courant d’Union sacrée qui a submergé le mouvement ouvrier, le liant aux instances gouvernementales. Il a été envoyé sur le front, en première ligne à Verdun, mobilisé après avoir démissionné du comité confédéral de la CGT. Ce n’était pas un pur hasard. En 1917, il a été soulevé d’enthousiasme par le déclenchement de la révolution russe, parce que d’abord il avait connu Trotsky dans les années 1914-1915, et puis il pensait que c’était un souffle révolutionnaire qui allait laver le mouvement ouvrier de la social-démocratie ministérialiste et réformiste. Il est rentré avec beaucoup d’hésitations au parti communiste tardivement, en 1923. Il était rentré comme rédacteur à l’Humanité après avoir fait reparaître La Vie ouvrière sous forme d’hebdo. Il a quitté le PC très tôt en 1924 pour protester contre des méthodes qu’il considérait déjà comme totalitaires, et il s’est opposé très violemment avec ses amis à ce que devenait la révolution en Union soviétique. Ils ont joué un rôle important dans les oppositions de gauche à Staline, sans être inféodés à tel ou tel groupe politique. C’est un problème de l’entre-deux-guerres car on connaît mal le mouvement syndical de cette époque là, c’est donc assez complexe. Par le biais de la biographie, je pense qu’on peut arriver à faire comprendre que tous n’étaient pas dans un courant dominant ni avant 1914, ni après. C’est l’intérêt d’étudier des hommes, comme Monatte, qui veulent garder leur liberté d’esprit. Alors évidemment, le problème de ces gens là, c’est qu’ils sont d’une certaine façon, les vaincus de l’histoire. Mais qui est vaincu qui ne l’est pas, c’est un autre problème, quand on voit la chute du communisme… Il reste, après la biographie, un problème : pourquoi alors que tout le monde dans les années 1930, 1945 pouvait connaître la vérité sur l’Union soviétique, cette vérité n’est-elle pas passée ? Ça reste une grande interrogation. Monatte en parlait dans sa presse, dans les articles. Et pourquoi les intellectuels français, Malraux dans les années 1930, Sartre après, se sont déshonorés en soutenant ce qu’ils auraient dû connaître et ce qu’ils avaient tous les moyens de connaître. C’est aussi vrai pour le colonialisme, dans La Révolution prolétarienne, il y a eu les premiers articles dès 1928 pour défendre l’indépendance, l’Algérie. C’est là qu’est apparu pour la première fois le terme de Vietnam pour l’Indochine. Peut-être qu’on a tort d’avoir raison trop tôt.

LM : D’où vient votre intérêt pour Pierre Monatte ?

CC : C’est un peu compliqué. C’est à la fois un intérêt historique et presque une histoire relativement personnelle, parce que mon père était militant. Pierre Monatte l’a fait venir pour prendre le secrétariat de rédaction de La Vie ouvrière en 1922, quand mon père avait 21 ans. Il a fait partie de l’équipe de fondation de La Révolution prolétarienne. C’est un milieu dans lequel j’ai toujours vécu. Mais c’est en plus un problème historique. Je suis historienne, donc pourquoi ne pas mêler l’approche personnelle et historique. Quand j’étais étudiante en histoire, c’était la période du stalinisme triomphant, tout le monde était communiste. Moi j’étais le monstre qui n’était pas dans la ligne, surtout quand on n’était pas de droite. Donc je trouve qu’il faut perpétuer une certaine idée du mouvement et des choses.

LM : Pensez-vous qu’aujourd’hui des syndicalistes ou des gens qui réfléchissent sur l’évolution de la société peuvent trouver dans la vie de Monatte ou dans ses textes, des éléments de construction de pensées politiques ?

CC : Oui, je pense. Monatte était quelqu’un de très attentif à l’évolution de la société. Il n’était pas du tout quelqu’un de figé sur des certitudes passées. Il a étudié de très près jusqu’à sa mort, les modifications de la classe ouvrière. Ce côté sociologique de la classe ouvrière l’a toujours passionné. Il pensait qu’en devenant permanent à vie, on perdait le contact avec la vie courante des gens. Il appelait ça  » les fuyards de l’atelier « , ces gens qui restent dans une organisation parce que c’est leur gagne-pain. Je lis bien à travers les biographies à quel point c’est vrai pour certaines personnes. Je crois qu’il n’aurait pas aimé être cité en exemple, il ne se pensait pas exemplaire. Il ne voulait pas être la statue du commandeur qui avait toujours raison et qui surveillait les autres. Je pense que c’est une leçon, à la fois de montrer comment le mouvement ouvrier, pour avoir de bons militants, doit avoir des militants qui soient de bons techniciens tout en restant proches de la base, des gens qu’ils défendent, et qui aient aussi une conception d’une culture humaniste. Monatte aimait bien reprendre l’expression de Pelloutier en disant  » il fait être les amants passionnés de la culture de soi-même mais faire une société d’hommes fiers et libres « . Il ne faut pas le voir comme une leçon ni comme un exemple, mais comme une façon de militer, peut-être pas très courante. Mais quand on voit certains échecs du mouvement ouvrier, ce n’était peut-être pas mieux d’avoir d’autres options.

LM : Il y a eu des échecs mais aussi des réussites du mouvement ouvrier auxquelles Monatte a pris sa part…

CC : Il a pris sa part car il était tout à fait partisan des réformes, tout en étant syndicaliste révolutionnaire. C’est pourquoi je préfère le terme de syndicalisme d’action directe. Il n’avait pas ce côté ouvriériste de ceux qui disent qu’il faut maintenir les gens dans la misère pour qu’ils se révoltent et fassent la révolution. Il pensait qu’il faut aussi lutter pour l’amélioration des conditions de vie et comprendre les changements des aspirations des gens, les changements dans leur façon de vivre. C’est très important. Il pensait en plus qu’il fallait être au service des gens qu’on voulait représenter et non pas les dominer.

Paris, le 29 juillet 1999
©
Association des Amis du Maitron 2003

biographie de J. Duperray

avril 6, 2007

Hommage à Jean Duperray

article repris de http://www.forez-info.com/encyclo_article.php?newsid=2297

Jean Duperray raconté par Félix Franc, maire de Lorette qui mit en ordre les documents de son ami. Cette courte biographie communiquée par le cinéaste André Picon permettra à beaucoup d’entre nous de faire connaissance avec ce syndicaliste et écrivain local.

 

 » Jean Duperray est né à Coutouvre (Loire) le 9 avril 1910. Fils d’un instituteur et d’une couturière, il vécut son enfance et son adolescence au village de Bussières et dans les vallées industrielles du Gier et de Saint-Etienne. Il n’oubliera jamais ses origines. Il fit ses études au Lycée Claude Fauriel puis à l’école primaire normale de Montbrison, promotion 28-31. Lecteur acharné et sous l’influence d’Albert Dolmazon, militant communiste, il découvrit la littérature révolutionnaire avec Proudhon, Barbusse, Romain Roland etc. Déjà il adhère à l’Union Générale des Etudiants. Au cours d’un voyage de sa promotion en 1931, dans l’Allemagne pré-hitlérienne, il a conscience de ce ce qui peut se passer outre-Rhin. Il effectue son service militaire à Clermont-ferrand de 1931 à 1932.

Nommé instituteur à La Talaudière, autre milieu ouvrier et surtout mineur, il s’abonne à La Révolution prolétarienne , revue fondée par Pierre Monatte, journal syndicaliste et révolutionnaire défendant la Charte d’Amiens et l’indépendance syndicale. Duperray adhère à l’union départementale de la CGT et, au troisième congrès confédéral y défend les thèses anarcho-syndicalistes. Il épouse en 1937 Charlotte Girardon dont il aura un fils, Max, en 1942. Il est sanctionné pour avoir fait grève en 1938. Il participe à tous les combats de la classe ouvrière. Sa rencontre avec la philosophe Simone Weil, de 1933 à 1936 le marque profondément et il aura avec elle une correspondance de grande valeur. Il écrira par la suite  » Quand Simone Weil passa chez nous « .

Mobilisé en 1939, il participe à la bataille des Flandres, embarque à Dunkerque, revient à Cherbourg au bout de 48H, est dirigé vers le sud de la France où il est démobilisé. En 1942, il entre dans la Résistance avec le groupe lyonnais de L’Insurgé. Pour lui, le combat est clair, il s’agit de combattre le nazisme, non le peuple allemand. Il est en 1942 ce qu’il a toujours été, révolutionnaire, internationaliste et antifasciste. Pour lui c’est la lutte des classes qui se poursuit sous une autre forme. Il regrette et il l’écrira que  » tous les journaux clandestins ou presque semblent axés sur le patriotisme le plus élémentaire sans aucune des préoccupations ouvrières.  » Duperray écrit dans le journal clandestin L’insurgé. Avec Renée Cellier, Jacqueline Talon, il participe à la diffusion du journal et de tracts. Il prend contact avec Jean Giry de l’Armée Secrète. Il fréquente, rue de la Bourse, le café Talon qui, courageusement sert de boîte aux lettres et reçoit les journaux à distribuer. Duperray refuse toute équivoque et toute participation aux organismes ou stages du régime de Vichy. Il fait partie d’un petit groupe d’enseignants qui, avec lui et Jean Giry, reconstituera dès la Libération le syndicat national enseignant.

La section de la Loire du syndicat national des instituteurs (S.N.I.) et de la fédération de l’éducation nationale (F.E.N.) retrouvent leur place à la CGT. A la scission de janvier 1948, Jean Duperray, fidèle aux décisions du bureau national, applique la motion Vanissel-Valière et plaide pour l’autonomie de la F.E.N. Pendant des années, il sera secrétaire-adjoint du S.N.I. et chargé des affaires sociales au S.N.I. et à la F.E.N. Duperray accomplit un énorme travail. Il écrit dans la Révolution prolétarienne, correspond avec Robert Lauzon, Albert Camus, Louis Lecoin. Il écrit 500 lettres à Marcel Alain de 1953 à 1969. Il correspond avec Pierre Boujut, éditeur de La Tour de feu. Il combat Franco et participe, avec Renée Cellier et Félix Franc, à un grand rassemblement avec les anarchistes et Espagnols à Lyon, au cours duquel intervient Fédérico Montierri, ex-ministre du Front populaire espagnol. Il se bat pour la défense de l’école laïque, contre la peine de mort, la guerre d’Indochine et la guerre d’Algérie. Et dans le même temps il écrit cinq romans dont Dora, Providence et Harengs frits au sang (grand prix de l’humour noir). Il écrit une quinzaine de nouvelles dont Le nu aux fleurs, Rires clairs d’enfants, Madour de Hurlerror, La chambre aux deux portraits, etc. Il écrit quantité de poèmes, lus ou chantés au Cercle des lettres. Orateur, il prend la parole aux meetings, fait de nombreuses conférences, construit des films, apporte des témoignages. Ami du peintre stéphanois Bobichon, il avait une remarquable culture artistique. Il a lu 4280 livres par lui-même comptés. Il était à l’avant-garde du mouvement littéraire et artistique. Son exceptionnelle intelligence, la rapidité de ses pensées, rendaient parfois son style ésotérique, difficile pour le grand public.

Duperray croqué dans La Tour de feu par son ami Pierre Zellmeyer

En 1965, il prit sa retraite comme directeur d’école à Saint-Etienne. Il avait eu pour élève, et il l’admirait, le chanteur Bernard Lavilliers. La fin de sa vie fut terriblement attristée. Déjà cardiaque, il devint peu à peu aveugle et s’éteignit en 1993. Il repose à Balbigny dans la Loire. Ses archives, nombreuses et riches, sont aux archives municipales de Saint-Etienne. Il a profondément marqué son époque. Il fut la conscience syndicale et prolétarienne de certains d’entre nous.  »

Félix Franc.

Quelques repères:

_ Pierre Monatte (1881-1960) : originaire de Haute-Loire, Monatte crée en 1909 la revue syndicaliste, «  La Vie ouvrière « . Puis il réunit les tenants de l’internationalisme pendant la Première guerre mondiale, les syndicalistes communistes en 1919. Dès 1924, il refuse le stalinisme comme le réformisme et fonde avec ses camarades Alfred Rosmer, Robert Louzon, Maurice Chambelland, Ferdinand Charbi, «  La Révolution Prolétarienne « .

_ Charte d’Amiens : La  » Charte d’Amiens  » est adoptée en 1906 par la Confédération Générale du Travail (CGT) lors de son IXe congrès confédéral. Cette déclaration solennelle réaffirme l’indépendance du mouvement syndical vis-à-vis des partis politiques et marque la prééminence du syndicalisme révolutionnaire. Elle reste un texte de référence, cité dans les débats syndicaux.

_ Simone Weil (1909-1943) : philosophe dont l’œuvre révêle le mysticisme chrétien et son ardente recherche de justice sociale. Son œuvre la plus célèbre est  » La pesanteur et la Grâce «  (1947).

_ Le roman Des harengs frits au sang est inspiré d’une affaire criminelle qui eut lieu à Bussières.

_ A propos de Bobichon, nous n’avons pas grand chose à vous mettre sous la dent sinon que l’église de la Nativité à Saint-Etienne possède plusieurs de ses vitraux et peintures.

_ Louis Lecoin (1888-1971) : militant pacifiste et libertaire, fondateur et rédacteur de deux périodiques, Défense de l’homme, et Liberté. Il est à l’origine de la fondation de l’Union pacifiste de France. Son engagement le mena à passer 14 années en prison.

_ Robert Louzon (1882-1976) : syndicaliste révolutionnaire, combattant dans les rangs républicains en Espagne, interné en Algérie en 1941, cofondateur de La Révolution prolétarienne etc.

_ Pierre Boujut (1914-1992) : poète, animateur de revue (La Tour de Feu), marchand de fer, protestant hérétique, pacifiste et libertaire mais encarté successivement à la SFIO (il renvoie sa carte au moment de la guerre d’Algérie) puis au PS, dès sa fondation par François Mitterrand.