biographie de J. Péra

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Louis Bercher dit J. Péra

(1896-1973)

par Colette Chambelland. Extrait du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier (Ed. ouvrières, 1981)


Né le 17 août 1896 à Constantine (Algérie), Louis Bercher devançai l’appel en 1918 et fut grièvement blessé. Il fit des études de médecine et passa son doctorat à la faculté d’Alger. Il adhéra (vraisemblablement en 1921) au Parti communiste et fréquenta les milieux de la gauche d’Afrique du Nord, en particulier Robert Louzon. Par lui, au cours d’un voyage à Paris, il fit la connaissance du groupe de la Vie ouvrière. Il assista, en 1922, au congrès de Paris du Parti communiste. En 1924, il suivit la même évolution et quitta le PC. Tout naturellement il devint collaborateur de la Révolution prolétarienne.Ayant fait, dans l’été 1924, un voyage dans les Balkans, il envoya à la revue ses impressions qui parurent dans les n°2 et 3 sous le titre « Coup d’oeil sur les Balkans ». Il signa son article J. Péra, du nom d’un faubourg de Constantinople, pseudonyme qui lui resta. Il devint un collaborateur régulier et fréquenta les réunions dans la mesure de ses séjours à Paris.Il ne s’installa jamais médecin en ville; il luttait contre une certaine médecine officielle, pratiquait l’homéopathie (il publia un ouvrage de vulgarisation homéopathique en 1937), fit des remplacements dans les dispensaires de la banlieue parisienne et fut embauché comme médecin par les Messageries maritimes.Il voyagea ainsi dans l’océan Indien et l’océan Pacifique. Il y pratiquait un type de médecine qui lui convenait et cela satisfaisait son goût des voyages et de l’observation des réalités du monde colonisé. Il publia de nombreux articles dans la Révolution prolétarienne à partir de 1928-1930:  » Quelques aspects de la lutte des classes dans l’océan Indien »,  » La Traite des jaunes »,  » Les Siècles obscurs du Maghreb « ,  » Lettre des Indes sur la révolution nationale en marche  » et, surtout, en 1930 un  » Panorama malgache « , et  » Vietnam 1930  » (un récit des événements de Yen-Bay). Ce furent des articles marquants qui s’intégraient dans les campagnes anticolonialistes de la revue qu’animèrent Daniel Guérin et Marcel Martinet (qui publia  » un fleuve de sang en Indochine). Ce furent aussi des articles qui lui valurent le licenciement des Messageries maritimes. Il navigua ensuite sur les bateaux de la Compagnie transatlantique. Sa collaboration régulière à la Révolution prolétarienne continua jusqu’à la guerre et il critiqua violemment le Front populaire pour n’avoir pas accordé de droits syndicaux aux travailleurs indigènes et avoir continué les politiques habituelles de répression.[…] Il rédigea lui-même la notice qu’il souhaitait voir imprimer dans la R.P. et qui le fut sous le titre qu’il avait choisi: « Il vient de nous quitter le Péra. C’était un copain ».

C.C.

2 Réponses to “biographie de J. Péra”

  1. Deux ans d’Indochine: un fleuve de sang (1934) « La Bataille socialiste Says:

    […] Révolution prolétarienne de 48 pages, sans date mais estimée à 1934 [note de présentation par J. Péra dans le n° 177 de la R.P. du 25 juin 1934], numérisée au format pdf. Attribuée parfois à […]

  2. Document : Deux ans d’Indochine – un fleuve de sang (1934) | Mémoires d'Indochine Says:

    […] l’avocat Phan Van Truong, de Roubaud, de Viollis, et du militant anticolonialiste J. Péra (Louis Bercher) pour dénoncer “l’hystérie collective” qui caractérisa la réponse de […]

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