Archive for mars 2007

biographie de J. Péra

mars 31, 2007

Louis Bercher dit J. Péra

(1896-1973)

par Colette Chambelland. Extrait du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier (Ed. ouvrières, 1981)


Né le 17 août 1896 à Constantine (Algérie), Louis Bercher devançai l’appel en 1918 et fut grièvement blessé. Il fit des études de médecine et passa son doctorat à la faculté d’Alger. Il adhéra (vraisemblablement en 1921) au Parti communiste et fréquenta les milieux de la gauche d’Afrique du Nord, en particulier Robert Louzon. Par lui, au cours d’un voyage à Paris, il fit la connaissance du groupe de la Vie ouvrière. Il assista, en 1922, au congrès de Paris du Parti communiste. En 1924, il suivit la même évolution et quitta le PC. Tout naturellement il devint collaborateur de la Révolution prolétarienne.Ayant fait, dans l’été 1924, un voyage dans les Balkans, il envoya à la revue ses impressions qui parurent dans les n°2 et 3 sous le titre « Coup d’oeil sur les Balkans ». Il signa son article J. Péra, du nom d’un faubourg de Constantinople, pseudonyme qui lui resta. Il devint un collaborateur régulier et fréquenta les réunions dans la mesure de ses séjours à Paris.Il ne s’installa jamais médecin en ville; il luttait contre une certaine médecine officielle, pratiquait l’homéopathie (il publia un ouvrage de vulgarisation homéopathique en 1937), fit des remplacements dans les dispensaires de la banlieue parisienne et fut embauché comme médecin par les Messageries maritimes.Il voyagea ainsi dans l’océan Indien et l’océan Pacifique. Il y pratiquait un type de médecine qui lui convenait et cela satisfaisait son goût des voyages et de l’observation des réalités du monde colonisé. Il publia de nombreux articles dans la Révolution prolétarienne à partir de 1928-1930:  » Quelques aspects de la lutte des classes dans l’océan Indien »,  » La Traite des jaunes »,  » Les Siècles obscurs du Maghreb « ,  » Lettre des Indes sur la révolution nationale en marche  » et, surtout, en 1930 un  » Panorama malgache « , et  » Vietnam 1930  » (un récit des événements de Yen-Bay). Ce furent des articles marquants qui s’intégraient dans les campagnes anticolonialistes de la revue qu’animèrent Daniel Guérin et Marcel Martinet (qui publia  » un fleuve de sang en Indochine). Ce furent aussi des articles qui lui valurent le licenciement des Messageries maritimes. Il navigua ensuite sur les bateaux de la Compagnie transatlantique. Sa collaboration régulière à la Révolution prolétarienne continua jusqu’à la guerre et il critiqua violemment le Front populaire pour n’avoir pas accordé de droits syndicaux aux travailleurs indigènes et avoir continué les politiques habituelles de répression.[…] Il rédigea lui-même la notice qu’il souhaitait voir imprimer dans la R.P. et qui le fut sous le titre qu’il avait choisi: « Il vient de nous quitter le Péra. C’était un copain ».

C.C.

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biographie de R. Guilloré

mars 31, 2007

GUILLORÉ Raymond.
Né le 20 novembre 1903 à Ivry-surSeine (Seine); marié, licencié en droit et diplômé d’études supérieures de sciences économiques ; instituteur ; membre du Parti communiste de 1926 à 1933; syndicaliste ; rédacteur de La Révolution prolétarienne.
Fils d’un ouvrier métallurgiste, Raymond Guilloré subit l’influence de son frère aîné, René, ouvrier tôlier-chaudronnier et militant anarcho-syndicaliste. Instituteur, il adhéra au Parti communiste à Vitry-sur-Seine où il habitait dans un pavillon appartenant à sa mère.
L’administration le déplaça d’office de Vitry à Alfortville en raison de son militantisme politique et syndical. Il est vrai qu’il participait activement à la vie du 4e rayon communiste de la Région parisienne et siégeait en 1930 à son comité. En janvier 1930, il quitta l’école Étienne-Dolet d’Alfortville, se mit en disponibilité et devint permanent pour quelques mois.
Dès octobre 1931, il reprit son métier d’instituteur qu’il exerça jusqu’à la retraite. La direction du P.C. le désigna en 1932, pour aller dans le Vaucluse remplacer Joseph Duffaut, candidat communiste aux élections législatives de mai, tombé malade. Il se présenta donc dans l’arrondissement d’Orange contre Daladier et recueillit 2 038 suffrages sur 14 540 votants et 13 767 suffrages exprimés. Daladier fut élu au premier tour avec 9 148 voix. En 1933, le Comité central du P.C. prononça l’exclusion de Guilloré pour solidarité avec sa femme, Charlotte Caspar, alors chef de laboratoire du dispensaire de Vitry-sur-Seine et exclue avant lui.
Un des principaux porte-parole de la fraction communiste de la Fédération unitaire de l’enseignement dans la Seine, Guilloré avait été élu le 8 novembre 1928 secrétaire à la propagande et avait fondé le groupe des Jeunes de l’enseignement laïc dont il assurait le secrétariat. Le syndicat lui avait confié la gérance de l’Émancipé, organe corporatif.
En 1933, il rejoignit la majorité fédérale qu’il avait combattue pendant plusieurs années. Après l’unité syndicale de 1936, il fut un des porte-parole de la tendance École Émancipée dans les congrès du S.N.I. Guilloré participa avec Eugène Galopin et Michel Collinet, en janvier 1937, à la création du Cercle syndicaliste « Lutte de classe» dont il fut un des principaux animateurs. II participa à la grève nationale du 30 novembre 1938.
En 1942, l’administration le somma de préciser ses activités politiques passées et son état d’esprit actuel. Guilloré répondit de façon à éviter la révocation. Cette lettre publiée par ses adversaires communistes à la Libération provoqua l’affaire Guilloré.
La sous-section du S.N.I. du XXe arr. vota le 21 janvier 1946 une motion qui «déplorait, avec Guilloré d’ailleurs, le fait en lui-même, mais lavait le camarade Guilloré de tout soupçon concernant une prétendue soumission au gouvernement Pétain » et elle le confirmait dans ses fonctions de secrétaire. La commission des conflits du conseil syndical de la Seine adopta une position proche (Bulletin des Amis de l’École Émancipée, 5 juin 1946).
Il rejoignit, sous l’influence de Pierre Monatte, le groupe de la Révolution prolétarienne et collabora à la revue du même nom. II y tenait la chronique de l’Union des syndicalistes. Les militants lui confièrent la direction de la publication en 1970 et la présidence de la coopérative « Les Éditions syndicalistes ». II habitait alors Saint-Paul-en-Forêt (Var) tout en assurant mensuellement, avec Charbit, la « cuisine» de la Révolution prolétarienne. Le 31 décembre 1981, il mit fin de lui-même à ces fonctions.
Marié avec Charlotte Caspar (voir Charlotte Guilloré), l’ancienne épouse de Voujovitch, Serbe, militant de l’Internationale communiste disparu en U.R.S.S. après les purges de 1934-1935, Raymond Guilloré éleva leur fils, Michel Auclair (1922-1988), qui devint un acteur de renom.

OEUVRE : Les trois phases de la révolution socialiste, Paris, Les Éditions syndicalistes,1972.
SOURCES : Arch. Net. F 7113119, F 7113749. – Arch. PPo. 304, avril 1930. – Arch. Dép. Vaucluse, 3 M 283, 285. – Les Semaéles, novembre-décembre 1928. – L’Humanité, 18
juin 1928. – La Vie socialiste, 14 mai 1932. – L’École libératrice, 28 août 1937. – La Vérité, 1 ° septembre 1933. – La Lutte ouvrière, 21 mai, 23 décembre 1937 et 13 janvier
1939. – Le Réveil syndicaliste, 1937-1939. – P. Broué et N. Dorey, « Critiques de gauche et opposition au Front populaire (19361938) », Le Mouvement social, janvier-mars 1966. – Les Révoltes logiques, n° 5, printemps-été 1977. – Note de l’intéressé.
J. Maitron et CI. Pennetier

biographie F. Charbit

mars 4, 2007

Ferdinand Charbit

 

(1892- ?)


D’après le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, 4° partie : tome 22, p. 107-108 (Ed. ouvrières, 1981)


Né le 8 février 1892 en Algérie, il vient à Marseille en 1909 où il devient garçon de courses, puis typographe. Pacifiste installé à Lyon pendant la première guerre mondiale, il rejoint Monatte à Paris en 1919 et entre dans l’équipe de La Vie Ouvrière, puis fin 1922 à L’Humanité et en 1925 La Révolution prolétarienne dont il sera gérant pendant plus de 50 ans.

Conseiller syndical de la Chambre typographique unitaire (1925-1936), il participe à tous les congrès de l’U.D. des syndicats unitaires, puis confédérés de la région parisienne, et aux congrès confédéraux jusqu’en 1936 comme délégué quasi inamovible de son syndicat.

Il se réfugie à Toulouse à l’arrivée des Allemands et devient administrateur de Caisse primaire de la Sécu de Haute-Garonne de 1946 à 1954, et vice-président de la Caisse régionale de retraite de Toulouse.

Prix Maitron 2006

mars 3, 2007

« La source Perrier face aux restructurations (1990-2000) »

Le prix Jean Maitron (1000 euros) 2006 a été décerné le 30 novembre à Irène favier pour son mémoire sur « La source Perrier face aux restructurations ou comment déstabiliser les stables » (1990-2000). Histoire sociale d’une entreprise à l’heure des changements culturels« .

Son mémoire a été soutenu à l’université Paris VIII sous la direction de Michel Margairaz.

Signalons la parution du premier volume (de A à Be) d’une série de 12 du Dictionnaire Maitron du mouvement ouvrier-mouvement social. cette nouvelle série couvrira la période de 1940 à 1968. onze autres ouvrages paraîtront prochainement aux Editions de l’Atelier.

Les éditions de l’Atelier lancent une sosucription d’autant plus intéressante qu’elle permettra de recvoir un cd-rom regroupant les 44 premiers volumes.

Editions de l’Atelier, 51-55 rue Hoche, 94200 Ivry-sur-Seine (Tél: +33 (0)1 45 15 20 20 – Fax: +33 (0)1 45 15 20 22) – Site: www.editionsatelier.com ou www.maitron.org

[Extrait du n°755]

biographie R. Chéramy

mars 1, 2007

Décès de Robert Chéramy

Le 24 août 2002, au Père-Lachaise, ses amis adressaient au camarade, intellectuel militant de la cause ouvrière, Robert Chéramy, le témoignage de leur reconnaissance syndicaliste.

Particulièrement apprécié pour la qualité du travail qu’il accomplit, Robert Chéramy le fut également pour son attachante personnalité, toute de simplicité et de discrétion mais empreinte d’une rigueur intellectuelle et morale jalmais démentie.

Professeur agrégé d’histoire, il fut élève de l’Ecole normale d’instituteurs de Versailles puis élève de l’Ecole normale supérieure de Saint-Cloud. Professeur en exercice, il milita au SNES de 1946 à 1968. En 1968; il fut l’un des secrétaires nationaux de la FEN où il assuma d’importantes responsabilités jusqu’à sa retraite en 1980. Durant cette période, il représenta la fédération au Conseil économique et social où il défendit plusieurs rapports remarqués. Il futn aux côtés des militants les plus marquants du mouvement syndical enseignant, un exemple de sagesse, de lucidité dans l’analyse et d’efficacité que nous ne saurions jamais oublier. Historien érudit du mouvement ouvrier, il publia en 1974 La FEN, 25 ans d’unité syndicale.

Sa naissance, en 1920, coïncida avec celle du Syndicat national des instituteurs, SNI, organisation dont il se montra toujours proche compagnon de route. Sa collaboration avec Henri Aigueperse pour la rédaction d’un ouvrage qui parut en 1990, chez SUDEL, sous le titre: Un syndicat pas comme les autres en témoigne. Lire ou relire cet ouvrage, destiné, selon ses auteurs, à informer ceux qui s’intéressent au mouvement social, sur le véritable rôle des enseignants du 1er degré dans la vie poilitique et sociale, nous paraît être le plus cordial hommage que l’on peut décerner à ce militant fidèle de la cause ouvrière.

Les amis de la RP – Robert était abonné depuis plusieurs années à notre revue – présentent à sa compagne Lucienne Chéramy qui prit part à ses côtés à nos luttes communes, l’expression de la plus amicale et attristée sympathie de tous ceux qui veulent continuer son combat.

Jacques FAURE

(La Révolution prolétarienne n°738, septembre 2002)